Avec le RS Pure, Nacon s'attaque frontalement au marché du sim racing premium face à Fanatec, Moza et Simagic. Un ensemble volant + base + pédalier à 799€ qui mise tout sur la finition et les fonctionnalités. Mais qu’en est-il vraiment des sensations … pures. Réponse dans notre test.
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Sommaire
- Une finition exemplaire
- Un volant qui en impose
- Une base qui copie les codes de Fanatec
- Un pédalier ambitieux mais sans USB
- Une application déjà performante
- L'app mobile : une excellente idée
- Des sensations contrastées selon les disciplines
- Un constat très positif avec quelques réserves
Nacon a décidé de jouer dans la cour des grands avec sa nouvelle gamme RevosSim, dont le RS Pure constitue le fer de lance. Face à un marché dominé par Fanatec, Moza et Simagic, le constructeur français propose un ensemble complet, compatible PC, à 799,90€ . Il comprend une base Direct Drive 9 Nm, un volant GT et un pédalier load cell. En prime, la possibilité d’acheter ces éléments séparément. Une offre alléchante sur le papier, mais qui doit faire ses preuves face à une concurrence féroce et expérimentée.
En effet, sa compatibilité PC uniquement le positionne face aux bundles de marques déjà bien implantées. Fanatec avec le CSL DD 8 Nm, à partir de 550€ en pack, Moza avec son R9 autour de 630€ avec pédalier et volant, et Simagic avec ses ensembles EVO et pédalier P500 autour de 950€.
| Spécifications | |
|---|---|
| Compatibilité | PC |
| Rotation Max | NC |
| Retour de force | Oui, motorisé |
| Motorisation | Entrainement direct 9Nm |
| Palettes | 2 |
| Mémoires internes | 4 |
| Réglage de rotation | Depuis le logiciel |
| Pédalier | Oui, 2 pédales |
| Levier de vitesses | Non inclus |
| Connexion | USB |
Une finition exemplaire

Dès le déballage, un constat s’impose. Nacon a soigné sa copie et nous propose pour les trois éléments, base, pédalier, mais surtout volant, une qualité de fabrication de très bon niveau. Les inspirations sont néanmoins très visibles, Fanatec pour la base, Thrustmaster pour le volant, Moza et Fanatec à nouveau pour le pédalier. La marque française ajoute tout de même un petit détail dans le carton : un support téléphone à fixer à sa base pour transformer son smartphone en affichage de la télémétrie.
Un volant qui en impose
Premier contact avec le volant RS Pure : Nacon a vraiment bien travaillé son sujet. L'arceau de 30 cm gainé de similicuir propose une finition remarquable, tandis que le hub en plastique, qui accueille les boutons et les palettes métalliques, se présente à nous avec une qualité de fabrication de haut vol. Au regard du prix du volant, vendu seul pour 199€, il y a de quoi faire de l’ombre à Fanatec ou Thrustmaster.

Les 11 boutons (10 principaux + 1 central + 1 bouton home) tombent assez bien sous les doigts et leur appui, bien que peu réaliste pour de la conduite, est bien calibré. Ils sont complétés par un funky switch multifonctions (croix directionnelle, rotation et clic) emprunté à l’univers de fanatec et une molette ultra-légère particulièrement réactive qu’on pourra réserver aux réglages du volant en course. Le bandeau LED pour l'affichage du régime moteur et les quatre LED de profils ajoutent une touche premium, même si leur luminosité parfois excessive peut gêner en session nocturne.


Le système de fixation Quick Release à l’arrière du volant reprend les codes du standard D1-Spec avec une connexion directe par pins. Ce QR, déjà utilisé par Moza ou Simagic, est d’ores et déjà un gage de rigidité de la connexion à la base pour une meilleure stabilité de l’axe. Seul bémol notable : un flex très présent de l'arceau métallique du volant lorsqu'on force latéralement ou de haut en bas. Rien de rédhibitoire en usage normal, mais voilà un point sur lequel les concurrents ont su progresser récemment.
Une base qui copie les codes de Fanatec
La base RS Pure assume totalement son inspiration des productions Fanatec, particulièrement du CSL DD et du GT DD Pro. Coque aluminium avec effet radiateur, façades plastique et système de fixation sur glissières : tout y est, jusqu'à l'entraxe identique qui garantit une compatibilité parfaite avec tous les supports et cockpits du marché. Une stratégie payante qui évite aux utilisateurs le casse-tête du perçage sur mesure. Les joueurs sur bureau apprécieront de trouver dans la boîte un système d’accroche classique, assez efficace, avec deux points de serrage réglable.



Côté connectique, Nacon reste dans la norme avec un port USB-C pour la connexion au PC, trois ports RJ pour brancher le pédalier et de futurs accessoires (comme le frein à main et le levier de vitesse annoncés mais non disponibles à l’heure de ce test), et un port supplémentaire pour accueillir l’alimentation 200W fournie. Pour compléter le tableau, un bouton d’allumage et un autre pour l’activation du bluetooth. Le bonus, c’est le port casque en mini-jack 3,5 mm à l’arrière, vu comme une carte son dans le PC. Un excellent point pour la gestion des câbles.
Évidemment à l’avant, on trouve le connecteur mâle correspondant au QR du volant, soit un D-Spec classique, monté sur une large pièce d’aluminium. Une LED située juste au dessus permet de savoir si la base est allumée, et si elle est bien connectée en Bluetooth.
Un pédalier ambitieux mais sans USB
Au premier regard, le pédalier RS Pure s’inspire lui aussi des productions d’entrée de gamme de Moza et Fanatec. Mais il apporte aussi son lot d’améliorations par rapport aux concurrents que sont le CSL Pedals et le SRP. Déjà, le pédalier 2 pédales (embrayage optionnel à venir) nous propose une construction 100% métallique et des finitions exemplaires, avec une peinture noire mate épaisse et toute la visserie nécessaire à sa fixation sur plaque.

Le montage sur cockpit s'avère néanmoins laborieux, d’une part parce qu’il faut utiliser les entretoises pour fixer l’avant, et ensuite parce que les points d'ancrage à l’arrière ne tombaient pas en face des trous de nos trois châssis, nous obligeant à percer le métal. Les joueurs sur bureau trouveront sous le pédalier des gommes pour augmenter l’adhérence sur carrelage ou linoléum, même si nous vous conseillerons toujours l’utilisation d’une plaque de bois sous le pédalier et appuyée au mur pour augmenter la stabilité.
Du côté des réglages, le pédalier RS Pure fait mieux que les concurrents : écartement et angle des bras de pédales, hauteur des plaques de pédales (2 positions pour le frein, 4 pour l'accélérateur), et butées arrière. Le frein, qui se base sur un load cell 100 kg, propose en plus la possibilité de changer les élastomères pour faire varier la courbe de pression à l’appui. Nacon fournit d’ailleurs trois jeux d'élastomères de duretés différentes pour un mix personnalisé.


Pour l’accélérateur, basé sur un capteur magnétique, c’est un ressort à écrasement qui assure la résistance et le retour de la pédale en position. Il n’est donc pas possible d’en changer le réglage de résistance. Mais à part ce détail, le pédalier RS Pure assure très largement son rôle. Il s’adapte autant aux joueurs sur bureau que sur wheelstand ou cockpit, et permet suffisamment de réglages pour que chacun y trouve des réactions personnalisées. Tout au plus pourra-t-on lui repprocher une hauteur de pédale limitée au niveau du frein, pénalisant les grandes pointures.
Reste la connectique, limitée au port RJ du pédalier et donc à la base RS Pure de Nacon. Dommage qu’on ne puisse brancher ce pédalier en USB pour l’accompagner d’une base concurrente. En espérant qu’un adaptateur à petit prix voit le jour, comme ça existe déjà chez Thrustmaster.
Une application déjà performante
L'interface PC de RevosSim propose déjà de nombreux réglages. On n’est pas encore au niveau de ce que Moza et Simagic mettent sous nos yeux, mais l’interface est agréable à utiliser. La gestion du retour de force est assez complète puisqu’elle permet de régler la puissance, l’intensité, la friction, l’inertie, et d’ajouter un filtre d’interpolation. Quatre profils sont modifiables avec accès direct depuis le volant.


Le remapping complet des boutons constitue un vrai plus, avec la possibilité d'assigner des fonctions de la base à la molette (comme le changement de puissance en temps réel par exemple). L'angle maximum du volant se règle par paliers de 10°, et la personnalisation des couleurs LED pour le régime moteur ajoute une note de customisation appréciable.
On regrettera simplement quelques manques, comme les courbes de réaction de la base, l’absence de profil par jeu ou par véhicule, mais aussi quelques errances ressemblant plus à des bugs comme l’impossibilité de renommer un profil ou de personnaliser sa couleur d’affichage sur le volant.
L'app mobile : une excellente idée

L'application smartphone constitue une vraie bonne idée car elle cumule l’accès aux réglages et l’affichage de la télémétrie en jeu. Problème : la compatibilité de la télémétrie se limite encore à une poignée de titres, et on espère évidemment voir cette liste s’agrandir rapidement. Plus contraignant, l'absence de mode paysage pour les réglages rend l'interface quasi-inutilisable lorsque le smartphone est en position dashboard. Reste qu’entre les accès direct depuis le volant et cette application, on peut changer ses réglages sans avoir à quitter sa course, ce qui est une très bonne chose.
Des sensations contrastées selon les disciplines
Sur les tracés GT d'Assetto Corsa Competizione, le RS Pure ne révèle son potentiel qu’après avoir passé du temps dans les réglages. Le preset GT de base n’étant pas tout à fait au niveau de nos attentes. La base délivre ses 9 Nm avec aisance, offrant un retour de force précis et nuancé qui rivalise avec un Fanatec CSL DD ou un Moza R9. Le volant de 30 cm procure une excellente prise en main, jamais fatigante même sur de longues sessions. Et évidemment, ceux qui passent d’un modèle à courroie ou à engrenages trouveront ici tout le plaisir du direct drive.

Le constat est le même sur l’ensemble des jeux de course sur piste que nous avons testés : F1, iRacing, Assetto Corsa premier du nom, … Mais nous n’avons pas réussi à trouver de réglage convenable sur EA Sports WRC, un jeu qui demande beaucoup d’agilité au niveau de l’axe, ce que le RS Pure n’a pas été capable de nous offrir. Impossible de dompter un retour au centre systématiquement trop ferme qui empêche les techniques de "lâcher de volant" essentielles en rallye. Sur ce titre, les concurrents font beaucoup mieux, et particulièrement Simagic avec sa nouvelle gamme EVO.


Le pédalier, quant à lui, tire vraiment son épingle du jeu grâce à ses nombreux réglages. La progressivité du frein load cell, une fois les bons élastomères trouvés, surpasse clairement les modèles CSL ou SRP de la concurrence dans cette gamme de prix. Et quel que soit la simulation utilisée, nous avons apprécié sa précision et les sensations qu’il procure.
Un constat très positif avec quelques réserves

Dans l’ensemble, le RS Pure est un très bon ensemble avec base, volant et pédalier. Sa finition est exemplaire, les matériaux sont sérieux et ses réglages nombreux s’accompagnent de bonnes idées comme l’utilisation de son smartphone pour la télémétrie. Nacon nous prouve donc qu'une alternative crédible peut exister face aux géants établis que sont Thrustmaster, Fanatec, Moza ou Simagic.
Et si la conduite est globalement très bonne pour qui cherche à passer à la technologie direct drive, il reste néanmoins quelques soucis de maturité à l’heure de réaliser ce test. Rien qui ne nous semble figé dans le temps, tant tout nous apparaît lié à la partie logicielle et à la gestion de la base. De meilleurs profils pour les différents jeux, plus de réglages sur les courbes de réaction du moteur, et nous serions effectivement ravi de conseiller ce RS Pure face aux ténors du marché.
Voir le Bundle Bundle RS PURE Volant + Base DD-9Nm + Pédalier sur le site officiel
Conclusion
Points forts
- Finition et qualité de fabrication exemplaires
- Fonctionnalités riches (app mobile, dashboard)
- Réglages du pédalier pour un excellent résultat
- Un Quick Release très efficace
- Refroidissement passif de la base efficace
- Un vrai direct drive puissant et précis
- Le confort du volant
Points faibles
- Un volant qui manque un peu de rigidité
- La gestion des profils dans le logiciel
- Le montage du pédalier sur cockpit
Note de la rédaction
Nacon fait ici une très belle entrée sur un marché pourtant riche en concurrents sur ce segment de tarif. On apprécie nettement la qualité de fabrication de l’ensemble, les nombreux réglages disponibles comme les fonctions attribuées au smartphone avec l’accessoire adapté pour en profiter. Il ne manque vraiment pas grand-chose pour que le Revosim RS Pure se hisse au niveau des meilleurs avec, on l’espère, des évolutions logicielles attendues pour améliorer les rares points négatifs.
