Bien décidé à mêler son héritage rock à vos contenus télé, Marshall s’invite sur le terrain des barres de son compactes. Avec la Heston 120, le constructeur anglais vient se frotter aux références de Bose, de Sonos ou de Sennheiser. Avec, bien évidemment, cette volonté toujours assumée de conjuguer style iconique et simplicité d’usage.
Sommaire
- Fiche technique Marsahhl Etson 120
- Design, un design bien connu dans une coque des plus premium
- Connectique et connectivité, d’une complétude étonnante
- Ergonomie, application et boutons physiques, un duo gagnant
- Qualité audio, une barre polyvalente aussi bien pour le cinéma que les jeux vidéo
Autrefois produit de luxe et de niche, le marché des barres de son connaît aujourd’hui une segmentation plus vaste, mais surtout plus claire. Dans le haut du panier, Samsung, LG et Sony se livrent batailles sur des ensembles home-cinéma imposants avec caissons de basses et enceintes satellites. L’idée est ici de s’adresser à ceux qui ont de la place, et éventuellement pour les plus chanceux, une pièce spécifique pour se créer une véritable ambiance ciné à la maison.
À l’opposé, l’entrée de gamme se partage entre Yamaha, qui est aussi présent sur le premium, Hisense, JBL, Sharp ou encore TCL. Plus logiquement, le but est ici de proposer des barres compactes à prix serrés afin de remplacer des haut-parleurs de TV qui sont souvent loin d’être à la hauteur.

Entre les deux, un secteur a fait son apparition depuis quelques années. C’est celui des barres de son compactes et tout-en-un, donc sans caisson, mais qui embarquent une spatialisation Dolby Atmos. La promesse est alléchante : profiter au mieux possible d’un son tridimensionnel sans encombrer l’espace d’accessoires additionnels.
C’est sur ce segment qu’arrive la Heston 120, la toute première barre de son de Marshall qui vient jouer des coudes avec la Smart Ultra Soundbar de Bose, la Sennheiser Ambeo Soundbar Mini ou encore la Sonos Arc Ultra.
Fiche technique Marsahhl Etson 120
| Dimensions | 110 x 7,6 x 14,5 cm |
| Poids | 7 Kg |
| Connectique | HDMI eARC, HDMI 2.1 4K/120 Hz 1, port Ethernet, entrée audio optique (Toslink), entrée stéréo RCA, un USB-C |
| Formats audio | Dolby Atmos, DTS:X, Dolby TrueHD, Hi-Res |
| Codecs audio | Bluetooth 5.3 (FLAC/ALAC, AIFF, AAC...) |
| Nombre canaux | 11 haut-parleurs (5.1.2 canaux) |
| Puissance totale | 150 W RMS |
| Connectivité | Wi-Fi, Bluetooth 5.3, AirPlay 2, Google Cast, Spotify Connect et Tidal Connect |
| Prix de lancement | 999€ |
Design, un design bien connu dans une coque des plus premium
Reconnaître un produit Marshall relève un peu de l’évidence. La Heston 120 ne déroge pas à la règle puisqu’elle possède tous les attributs esthétiques des enceintes, des écouteurs et des casques de la marque.Textile maillé qui recouvre en grande partie la barre, flancs recouverts d’un simili cuir raffiné, ligne métallique façon laiton ou encore potentiomètres proéminents. La Heston 120 respire tout l’univers rock des années 60.

Un parti pris assez intéressant, puisque les barres de son ont une allure très sobre. Certaines se permettent quelques pas de côté un peu plus audiophiles ou futuristes (Devialet Dione, Yamaha SR-X40A…), mais c’est assez rare. D’autant que bien que la majorité du reste de son châssis soit en plastique, ce qui est assez courant, Marshall a particulièrement soigné la qualité de fabrication et les finitions.

Si la Heston 120 flatte l’œil et risque de plaire à un public plus large, elle n’est pas pour autant des plus discrètes. Ce bloc monolithique de 7 kg mesure 110 cm de long, 7,6 cm de hauteur et 14,5 cm de profondeur. Dit ainsi, elle conviendra idéalement à des téléviseurs de 55 à 75 pouces. Pas au-dessus, ni en dessous, le déséquilibre visuel sera trop flagrant.
Connectique et connectivité, d’une complétude étonnante
La Heston 120 affiche une connectique au diapason de son design premium. En effet, la première barre de son de Marshall embarque un port HDMI eARC pour relier son téléviseur, mais également un autre port HDMI 2.1 compatible 4K/120 Hz, idéale pour brancher une console de jeu ou un lecteur Blu-ray. En plus de cela, l’alcôve située sous la barre abrite également un port Ethernet et, plus rare, une sortie mono RCA pour éventuellement accueillir un caisson de basse, mais également une entrée stéréo RCA pour, par exemple, une platine vinyle préamplifiée.

Sur le terrain de la connectivité, Marshall fait également un sans-faute. La Heston 120 est compatible Dolby Atmos, DTS:X et Dolby Digital Plus et son Bluetooth 5.3 comprend le LE Audio et la technologie Auracast. Bien évidemment, la barre de son se connecte en Wi-Fi, ce qui lui permet d’être au point sur le streaming musical (AirPlay 2, Google Cast, Spotify Connect et Tidal Connect).
Ergonomie, application et boutons physiques, un duo gagnant
À l’instar de ses autres produits audio, Marshall mise avant tout sur une gestuelle physique pour interagir avec sa barre de son. Avec la Heston 120, pas d’écran digital, ni de touche tactile et encore moins d’assistants vocaux. Les commandes principales se gèrent via trois gros potentiomètres, chacun servant à une fonction essentielle : le volume, la sélection des sources et l’égalisation des basses et des aigus.



S’ajoutent à cela trois petits boutons en aluminium. L’un pour le choix des modes sonores (musique, film, nuit, voix), l’autre pour accéder rapidement aux préréglages et le dernier pour basculer en lecture/pause audio. Si ces commandes ne manquent pas de charme, notamment grâce aux LED rouges, leur accès nécessite de se lever de son canapé.
En effet, Marshall n’accompagne pas sa barre d’une télécommande. Ce qui est d’ailleurs assez dommage, car si une telle télécommande avait arboré le look rock, elle aurait détonné dans le paysage des home-cinéma.

Pour contrôler la barre à distance, tout se fera donc via l’application dédiée. En plus de permettre ce que les boutons réalisent, cette dernière donne accès à un égaliseur 5 bandes, à une option de synchronisation labiale et surtout à une fonctionnalité de calibration acoustique de la pièce. Le tout étant proposé dans une interface épurée et facile à prendre en main.
Qualité audio, une barre polyvalente aussi bien pour le cinéma que les jeux vidéo
Derrière son apparence rétro et minimaliste, la Marshall Heston 120 cache une architecture sonore des plus ambitieuses. Avec ses 11 haut-parleurs actifs, elle fait mieux que la Bose Smart Ultra Soundbar et ses 9 haut-parleurs, mais moins que la Sonos Arc et ses 14 haut-parleurs.
- Une configuration 5.1.2 Surround et Atmos d’une puissance de 150 W qui se décompose de la sorte.
- En façade, 5 haut-parleurs large-bande de 5 cm. Trois sont en façade et deux sont sur chaque flanc.
- On retrouve aussi deux tweeters de 2 cm, orientés verticalement pour les effets Atmos, ainsi que 2 haut-parleurs pour les bas-médiums de 7,5 cm.
- À l’arrière, 2 woofers de 5 x 12,5 cm sont associés à 4 radiateurs passifs.
- Enfin, pour propulser ce joli petit monde, la barre profite de 11 amplificateurs en classe D.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la Heston 120 n’a absolument pas une signature sonore rock. Sa première grande force réside dans sa capacité à restituer la clarté des voix. La restitution est naturelle et détaillée. Et bien que les basses soient suffisamment enveloppantes, elles ne viennent jamais déborder sur les dialogues.

L’absence de caisson se fera évidemment ressentir par les puristes, notamment à fort volume ou lors de scènes d’action très intenses. En effet, mécaniquement la barre de son de Marshall pêche dans l’extrême grave. Certains bruitages prolongés manquent parfois de profondeur, mais c’est courant sur un produit tout-en-un.
Au niveau de l’immersion, la Heston 120 se montre également très convaincante. Les effets latéraux sont réussis, la sensation d’espace est maîtrisée, et même sur les contenus Atmos, le déplacement des objets sonores est crédible. Cependant, ils peinent parfois à traverser la pièce du fait de l’absence d’enceintes périphériques.

Sur le terrain du jeu vidéo, la restitution spatiale est aussi excellente. La barre gère bien les effets directionnels et la bonne séparation des couches sonores évite de perdre en lisibilité lors d’un combat de boss dans Hollow Knight.


Sur des jeux d’ambiance, la dynamique bénéficie également d’une belle ampleur. Lors de quelques sessions sur Red Dead 2, l’ensemble des sons (sabots de cheval, bruits de trains au loin…) bénéficie d’un placement des plus cohérents dans l’espace. En revanche, sachez que les technologies VRR (taux de rafraîchissement variable) et ALLM (mode automatique faible latence), prisées des gamers exigeants, ne sont pas supportées.
Conclusion
Points forts
- Fabrication premium et design iconique
- Connectique appréciable
- Une bonne polyvalence sonore (ciné, jeux-vidéo, sport...)
- Des effets Atmos convaincants
- Rendu équilibré en musique grâce à une bonne gestion des médiums
- Design sobre, mais premium
Points faibles
- Pas de compatibilité ALLM et VRR pour les gamers très exigeants
- L'absence de télécommande
- Des extremes graves un peu trop timides
- Une perte de précision à très fort volume
Note de la rédaction
Avec son design premium et iconique, la Heston 120 sort des sentiers battus. Là où la plupart des barres sont sobres et ont une allure très « audiophile », celle de Marshall assume son positionnement d’objet déco. Cela ne l’empêche pas d’assurer une expérience sonore aboutie. En effet, sa connectique complète et moderne, alliée à une restitution sonore polyvalente, en fait une alliée solide pour le cinéma, la musique et le jeu vidéo. La spatialisation Atmos est convaincante et la clarté des voix irréprochable. Quelques limites demeurent cependant : absence de télécommande, application qui ne gère pas finement l’Atmos et extrême-grave un peu limité, notamment à fort volume. Malgré cela, la première incursion de Marshall dans l’univers du home cinéma est globalement une franche réussite. On a hâte de voir la suite…
