Si l’année dernière le Motorola Razr 50 Ultra avait déjà largement convaincu, son successeur ne se contente pas d’une simple mise à jour. Volet photo revu, charnière plus solide, écran interne plus grand, meilleure autonomie, etc. Les améliorations ne manquent pas, mais reste à voir ce qu’il en est vraiment dans ce test du Motorola Razr 60 Ultra, qui a sur le papier de quoi faire trembler Samsung et son futur Galaxy Z Flip 7.
Loin est le temps où Samsung dominait seul sur le marché des smartphones pliables. D’autres font tout aussi bien, si ce n’est mieux encore à l’instar du Motorola Razr 60 Ultra. Pour ce modèle, la marque a revu bon nombre de ses caractéristiques, mais aussi son prix vu qu’on passe de 1199€ à tout de même 1299€.

On a notamment une charnière repensée et ainsi plus solide en plus de rendre la pliure presque invisible. Motorola a particulièrement soigné les finitions pour proposer un véritable bijou. Ce n’est toutefois pas les seules améliorations vu qu’on a un smartphone nettement plus performant, une évolution du côté de la photo, encore plus de fonctionnalités intelligentes, etc.
De quoi en faire le meilleur smartphone pliable du marché ? C’est ce que nous allons voir dans ce test du Motorola Razr 60 Ultra, que j’ai utilisé au quotidien pendant une semaine.
Sommaire
- La fiche technique du Motorola Razr 60 Ultra
- Un design ultra soigné : le plus beau smartphone pliable ?
- Deux superbes écrans pour le Motorola Razr 60 Ultra
- Un pliable pour les gamers : test des performances du Motorola Razr 60 Ultra
- La partie logicielle du Motorola Razr 60 Ultra
- Le volet photo du Motorola Razr 60 évolue par rapport à la génération précédente
- La vidéo avec le Razr 60 Ultra
- Une autonomie en hausse pour le Motorola Razr 60 Ultra
- Conclusion du test du Motorola Razr 60 Ultra
La fiche technique du Motorola Razr 60 Ultra
| Motorola Razr 60 Ultra | |
| Taille d'écran | 7 pouces (intérieur) / 4 pouces (extérieur) |
| Type d'écran | OLED (pic à 3000 nits) |
| Définition d'écran | 2992 x 1224 pixels (464 ppp) / 1272 x 1080 pixels (417 ppp) |
| Taux de rafraîchissement | 165 Hz |
| SoC | Qualcomm Snapdragon 8 Elite |
| Mémoire vive | 16 Go |
| Stockage | 512 Go |
| Batterie | 4700 mAh |
| Charge rapide | 68W en filaire / 30W sans fil / 5 W inversée |
| Connectivité | 5G / WiFi 7 / Bluetooth 5.4 |
| Capteurs photo principaux | 50 Mpx + 50 Mpx |
| Capteur photo secondaire | 50 Mpx |
| Résistance à l'eau | IP64 |
| Dimensions | 73,99 x 171,48 x 7,19 mm (ouvert) / 73,99 x 88,12 x 15,69 mm (fermé) |
| Poids | 199 grammes |
| Prix de lancement | 1299€ |
Un design ultra soigné : le plus beau smartphone pliable ?
Je me répète, mais le Motorola Razr 60 Ultra est vraiment un beau smartphone. Lorsqu’il est fermé, nous avons un écran externe de 4 pouces, qui occupe presque toute la surface avant, jusqu’à passer entre les capteurs photo (un espace pourtant très étroit). Et en dépliant le téléphone, on se retrouve sur une dalle de 7 pouces dont les bordures d’écran sont presque inexistantes. Mais surtout, on ne voit quasiment pas la pliure. Même au toucher, elle se sent à peine.

Pour parvenir à ce résultat, Motorola a revu la charnière. Elle s'avère 4 fois plus solide que celle du Razr 50 Ultra vu qu’elle est constituée de titane, là où on avait auparavant de l’acier inoxydable. Selon Motorola, cela assure environ 35% d’ouvertures et de fermetures en plus, ainsi qu’une surface 30% plus lisse.

Manipuler ce smartphone est un vrai plaisir, mais il compte quand même un petit défaut hérité du Razr 50 Ultra : des boutons pour le son vraiment petits. Et vu qu’ils sont placés haut, j’ai souvent eu du mal à appuyer dessus pour prendre des photos par exemple. Le smartphone est d’ailleurs très allongé lorsqu’il est déplié (73,99 x 171,48 x 7,19 mm). Et lorsqu’il est fermé, il mesure 73,99 x 88,12 x 15,69 mm.

En outre, la charnière n’est pas le seul élément à avoir été solidifié. Motorola a également opté pour du verre Gorilla Glass Ceramic, une première pour un smartphone pliable. Tout juste sorti, celui-ci se place un peu en dessous du Gorilla Armor 2. Et on passe aussi à une certification IP64, ce qui garantit sa résistance aux éclaboussures et à la poussière.

Le Motorola Razr 60 Ultra est disponible en 4 coloris avec pour chacun une finition propre : Burgundy, Bois, Cabaret rose fushia et enfin Alcantara italien (celui que je teste). Pour ce dernier, on a un revêtement à l’effet velour sur la moitié basse du smartphone, où l’on retrouve aussi le logo de Motorola. Si cet aspect bicolore est du plus bel effet, la partie en velours a pour inconvénient d’être assez salissante et d’accrocher la poussière. J’ai peur qu’elle s’use au fil du temps. Mieux vaut la mettre sous coque, qui est justement fournie.

Deux superbes écrans pour le Motorola Razr 60 Ultra

Qui dit pliable, dit deux écrans et ils sont tous les deux remarquables. Loin d’être gadget, l’écran externe AMOLED de 4 pouces (1272 x 1080 pixels à 417 ppp) permet de tout faire dessus, même jouer à des jeux. Chose qui, il faut l’avouer, n’est pas forcément optimale, même si on est sur un taux de rafraîchissement à 165 Hz, chose qui mérite d’être soulignée. La luminosité monte aussi en pic à 3000 nits et cet écran reprend la plupart des caractéristiques premium de l’écran principal : HDR10+ et une couverture complète de l’espace DCI-P3. Il s’avère très pratique pour consulter rapidement ses notifications, répondre à des messages (même si les capteurs photo gênent un peu) ou encore consulter Google Maps. Cela dit, on ne profite pas toujours de l'écran sans sa totalité, l'affichage s'arrête souvent au dessus des capteurs. La partie inférieure servira surtout à afficher les notifications.
Pour des activités plus immersives comme les jeux vidéo ou simplement regarder des vidéos, mieux vaut ouvrir le smartphone pour accéder à une dalle de 7 pouces au format 22:9. Elle bénéficie d’une définition Super HD de 2992 x 1224 pixels, soit une densité de 464 ppp, pour un affichage net et détaillé.

Grâce à la technologie LTPO, l’écran adapte son taux de rafraîchissement de 1 Hz à 165 Hz, ce qui garantit à la fois une grande fluidité dans les animations et une consommation énergétique optimisée. Il prend également en charge le HDR10+ ainsi que le Dolby Vision, et couvre 120 % de l’espace colorimétrique DCI-P3 avec un affichage 10 bits, assurant des couleurs riches, profondes et fidèles.
Côté réactivité, la fréquence d’échantillonnage tactile atteint 300 Hz en mode jeu. Enfin, la luminosité maximale impressionne avec un pic à 4 500 nits, de quoi offrir une lisibilité impeccable, même en plein soleil.
En revanche, on est sur un écran très allongé vu qu’il fait 171,42 mm de haut pour seulement 73,99 mm de large, ce qui le rend très étroit. Lorsqu’on le tient à la verticale, ce format s’adapte bien pour scroller sur les réseaux sociaux ou encore lire un ebook. En mode paysage, forcément, on a de larges bandes noires sur le côté sur pas mal d’applications comme YouTube.
Un pliable pour les gamers : test des performances du Motorola Razr 60 Ultra

Si le Motorola Razr 50 Ultra se contentait d’une puce Snapdragon 8s Gen 3, et donc des performances en-dessous de ce que propose la concurrence, le Razr 60 Ultra passe directement à une puce SnapDragon 8 Elite. On a de cette manière le meilleur SoC du marché sur Android. Gravée en 3 nm, cette puce est dotée de 2 coeurs Prime, 6 coeurs Performance avec une vitesse d’horloge allant jusqu’à 4,32 GHz. Elle s’accompagne également de 16 Go de RAM contre 12 Go l’année dernière. On est sur une partition solide, qui en fait un smartphone pour le gaming tout indiqué.



Pourtant, les scores obtenus sur GeekBench 6 ne sont pas aussi élevés qu’on pourrait l’imaginer ; 1748 en single-core et 6780 en multi-core. Par exemple, le S25 Ultra, équipé lui aussi d’un SnapDragon 8 Elite montait jusqu’à 2889 en single-core. Motorola a sans doute bridé les performances pour adapter la puce au format pliable. D’ailleurs, le Motorola Razr 60 Ultra a tendance à chauffer, surtout lors des parties prolongées. Cela reste toutefois supportable, du moment qu’on ne joue pas trop longtemps. Les performances vont alors également baisser et la batterie fondre plus rapidement.


Le smartphone a très vite surchauffé sur 3D Mark et j’ai même dû insister pour pouvoir aller jusqu’au bout du test. Il était alors vraiment difficile de le tenir en main tellement il était bouillant, malgré que l’application n’ait relevé qu’une température maximale de 41°. Heureusement, on ne lance pas ce genre de test tous les jours. Niveau image par seconde, il est monté jusqu’à 132 FPS.
Quoiqu'il en soit, lors de mon test du Motorola Razr 60 Ultra, sur des titres gourmands comme Genshin Impact, je ne n’ai rien eu à redire niveau fluidité, même avec les graphismes au max. L’expérience est très agréable. En prime, on a d’office 512 Go de stockage UFS 4.0, ce qui permet d’installer de nombreux titres et applications.
La partie logicielle du Motorola Razr 60 Ultra
Pour la partie logicielle, on est sur Android 15, avec la surcouche maison de Motorola. Celle-ci fait le bon choix d’être épurée et fluide, malgré que plusieurs applications soient installées d’office.



Motorola insiste tout particulièrement sur l’intégration IA ; un appui long sur le bouton d’alimentation permet d'accéder à Moto AI, qui propose plusieurs options comme poser une question sur ce qui apparaît à l’écran, débriefer vos notifications, soit en faire un résumé rapide, générer du texte, etc. En revanche, pour le moment, Moto AI ne prend en charge que l’anglais, le portuguais ou l’espagnol, même s’il lui arrive malgré tout de répondre en français. La prise en charge totale du français devrait arriver prochainement.
On peut aussi accéder à l’IA de Motorola en regardant le smartphone lorsqu’il est plié et en mode chevalet. On pourra directement poser une question à l’assistant vocal. Il est aussi possible d’employer Gemini ou Perplexity, avec lesquels Motorola a noué des partenariats. On a 3 mois d’abonnement offerts à Google One + et 3 mois également à la version Pro de Perplexity.


On trouve également de nombreuses options de personnalisation, que ce soit pour l’écran intérieur ou extérieur. Celui-ci peut être programmé en mode Always On pour toujours afficher l’heure et vos notifications par exemple. On peut également lancer n’importe quelle application dessus même si elles ne sont pas forcément toutes très adaptées.
En revanche, il faut tout de même noter qu’on a seulement 3 ans de mise à jour logicielle et 4 ans pour la sécurité, ce qui est bien en-dessous de ce que propose la concurrence (jusqu’à 7 ans pour Samsung et Google).
Le volet photo du Motorola Razr 60 évolue par rapport à la génération précédente
Pour le volet photo on a :
- Un capteur principal de 50 Mpx (f/1.8)
- Un capteur ultra grand-angle / macro de 50 Mpx (f/2,0) avec un champ de vision à 122°
- Un capteur selfie de 50 Mpx (f/2,0)
Motorola semble finalement avoir décidé de faire comme tout le monde, soit proposer un capteur grand-angle et un ultra grand-angle, plutôt qu’un téléobjectif x2 comme c’était le cas l’année dernière. La marque laisse cette charge au capteur principal, qui peut zoomer jusqu’en x30.
Le capteur grand-angle du Motorola Razr 60 Ultra




Le capteur principal du Motorola Razr 60 Ultra est, comme l’année dernière, d’excellente facture. Il permet de réaliser des clichés lumineux et surtout détaillés. Le piqué est au rendez-vous et la plage dynamique bien gérée. Les différentes parties des photos sont bien éclairées et précises. Les couleurs sont tout de même un poil saturées et ont tendance à flatter la rétine.

Le Motorola Razr 60 Ultra a tout de même un peu plus de mal en situation de contre-jour, où les clichés peuvent être trop sombres avec des halos de lumière.



Il s’en sort également quand la luminosité baisse ainsi que de nuit. Le smartphone parvient efficacement à capturer les sources lumineuses sans dénaturer les couleurs. L’ensemble est assez détaillé. Le mode nuit est même assez bluffant ; il parvient à éclairer des scènes presque totalement dans l’obscurité.


Le capteur principal propose aussi un très bon mode portrait, qui livre un rendu fidèle à la réalité avec un beau bokeh à l'arrière-plan. Seul bémol ; le détourage qui peut être parfois maladroit, surtout pour des cheveux qui ont tendance à partir dans tous les sens, comme les miens. Ah et petit bonus, la personne que vous prenez en photo voit directement le rendu sur l’écran externe.
Zoomer avec le Razr 60 Ultra
Le Motorola Razr 60 Ultra ne dispose pas de zoom optique, mais autorise tout de même un zoom numérique jusqu’en x30.


En x2 et jusqu’en x5 d’ailleurs, on conserve un niveau de détails plus qu’acceptable. Mais plus on va le pousser, plus le rendu sera bruité et flou. En x30, les clichés sont assez peu exploitables

Le capteur ultra grand-angle du Motorola Razr 60 Ultra




Contrairement à l’année dernière avec le Motorola Razr 50 Ultra, nous avons désormais un capteur ultra-grand angle, qui permet de profiter d’un champ de vision à 122°, mais aussi d’un mode macro.
On est là encore sur du très bon, le rendu est assez semblable à ce que propose le capteur grand-angle avec des couleurs éclatantes, un excellent piqué et une bonne gestion de la plage dynamique. Le tout sans déformation majeure.


Quand la luminosité baisse et de nuit, le résultat est plus perfectible avec des zones en partie floues, surtout sur les bords, mais cela reste largement passable.


L’ultra grand-angle permet en prime de capturer des photos en macro et le résultat est plus que réussi, avec de très beaux contrastes, le tout avec un excellent niveau de détails, jusqu’au gouttes d’eau sur les feuilles.
Le capteur selfie du Motorola Razr 60 Ultra
Avec le capteur selfie

Avec le capteur principal

En dépliant le Razr 60 Ultra, on retrouve un capteur interne de 50 Mpx (f/2,0) pour les selfies. Les clichés capturés avec sont très corrects, même si on manque un poil en détail et surtout de luminosité.
Un point où l’écran externe, qui permet aussi de se tirer le portrait, fait mieux. Il est d’ailleurs très pratique pour les photos de groupe. Et dans ce cas, le mode AI group photo ( à partir du moment où l’on est au moins 3) va réaliser plusieurs photos pour composer un cliché où tout le monde a les yeux ouverts.
Cet écran externe permet de se tirer directement le portrait avec le capteur principal et ainsi d'obtenir un meilleur rendu qu’avec le capteur à selfie.
La vidéo avec le Razr 60 Ultra

Pour ce qui est de la vidéo, on peut filmer en 4K à 60 FPS, y compris avec le capteur ultra grand-angle. Si on n’a pas de mode pro, ce smartphone pliable se distingue pour son mode “camescope”. En le pliant à 90°, vous pourrez vous servir de la partie supérieure de l’écran comme retour vidéo et l'inférieure pour lancer l’enregistrement, l’arrêter ou zoomer en balayant l’écran.
Une autonomie en hausse pour le Motorola Razr 60 Ultra
Motorola a amélioré la batterie vu qu’on est désormais sur 4700 mAh au lieu de 4000 mAh l’année dernière. Il en sort un smartphone plutôt endurant, surtout compte tenu de son format. Il n’aura pas de mal à tenir une journée d’utilisation, y compris avec un usage plutôt gourmand. Par exemple, pour 2 heures de vidéo sur Netflix avec la luminosité au max, il a consommé 10% de batterie, ce qui est honorable. L’autonomie aura tout de même tendance à fondre plus rapidement en jeu.
En outre, ce téléphone portable pliable recharge assez rapidement vu qu’il supporte la charge à 68W. Avec le chargeur adéquat, qui n’est pas fourni, il retrouve 100% d’autonomie en moins d’une heure. On peut aussi le recharger en sans fil (15 W) et profiter de la charge inversée à 5W.
Conclusion du test du Motorola Razr 60 Ultra
Un des meilleurs pliables
Points forts
- Deux superbes écrans
- Un design soigné et résistant
- Excellent volet photo
- Autonomie confortable et charge rapide
- Puce SnapDragon 8 Elite
- Certification IP48
Points faibles
- Seulement 3 ans de mise à jour
- Smartphone qui chauffe
- Boutons pour le son vraiment petits
Note de la rédaction
Le Motorola Razr 60 Ultra est un excellent smartphone pliable, sans aucun doute l’un des meilleurs. Il profite de plusieurs améliorations comme un volet photo plus polyvalent grâce à l'arrivée d’un ultra grand-angle, une meilleure résistance et une pliure qui se voit presque pas, mais aussi de belles performances grâce à sa puce SnapDragon Elite, même si elles sont limitées. Ce smartphone n’est toutefois pas sans défaut vu qu’il ne compte que 3 ans de mise à jour logiciel, et qu’il s’affiche à un prix tout de même important de 1299 euros. Pour autant, il a aussi pour avantage de venir directement avec 512 Go de stockage et de proposer une autonomie très confortable ainsi qu’une charge rapide.

