Les perceptions sans image mentale sont les perceptions qui appréhendent directement leur objet.
Elles sont soit sensorielles soit mentales .
1) Toutes les perceptions sensorielles sont dans ce cas.
En d'autres termes, les perceptions visuelles, auditives, olfactives, gustatives et tactiles "voient" / perçoivent leur objet sans intermédiaire, cad sans image mentale.
2) Les perceptions mentales dites "directes" se passent également d'image mentale.
Chez la majorité des êtres ordinaires, les perceptions mentales directes sont machinales : elles sont tellement fugitives qu'elles passent inaperçues et échappent à leur agent.
Elles sont néanmoins fréquentes :
- hormis les vaibhashika et les prasangika, les autres philosophes bouddhistes admettent que toute "alter-perception" (perception sur un objet autre qu'elle-même) soit assortie d'une "autoperception" - perception mentale directe ;
- toute perception sensorielle entraîne une perception mentale directe.
A cela s'ajoutent les perceptions "yogiques", fondées sur la réalisation de l'union du calme mental (shamatha) et de la vue supérieure (vipassyana).
Il peut, mais si, nous arriver d'avoir des perceptions non représentatives (c'est à dire "directes" au sens de n'utilisant pas d'image mentale) qui soient erronées.
Selon les cas, l'origine de l'erreur réside dans le support ('khrul rgyu rten la yod pa), dans l'endroit ('khrul rgyu gnas la yod pa), dans l'objet ('khrul rgyu yul la yod pa) ou encore dans la condition immédiate ('khrul rgyu de ma thag rkyen) de la perception incriminée.
Le support ? Ici, il s'agit du sens, cad de la faculté sensorielle : un sens de la vue défectueux peut faire voir double, ou altérer les couleurs, etc.
L'endroit, c'est le point où se situe le sujet percevant : qui, dans un train en marche, n'a jamais "vu" les arbres bouger ?
Pour ce qui est de l'objet, ne suffit-il pas de faire tournoyer un brandon incandescent devant quelqu'un pour que celui-ci "voit" un cercle de feu.
Quant à la condition immédiate d'une perception, (perception immédiatement précédente) :
quand on dit que la colère nous fait voir rouge, ce n'est pas qu'une figure de style : quand la colère sert de condition immédiate à une perception visuelle, elle peut altérer les coloris perçus...
Puisque tout s'en mêle, comment s'étonner de nos nombreuses impressions fausses ...
Bon malgré le pavé utile ou inutile (que j'ai du découpé en pusieurs post car sinon très indigeste), ça répond pas à toute la question mais ça permet un début de réflexion pour certaines de l'op ou certaines question de Edo ...