Expeditions: Samurai veut révolutionner le RPG tactique avec une aventure entièrement jouable en coop
Comment utiliser le doute comme outil pour la vérité ? Jusqu'où douter ?
Le doute de Pyrrhon c'est la caricature du doute. Son doute rend impossible d'atteindre une quelconque vérité.
Tant pis, on va faire un biais de confirmation et on va essayer au moins de se servir raisonnement du doute.
À partir de Pyrrhon, on comprends que le doute ne peut pas être total. Il doit être modéré. Mais à quel point ? Qui défini cela ? Comment définir la bonne "dose" de doute ? Est-ce ce que les scientifiques doutent suffisamment ?
Tu devrais lire Descartes
Le 27 septembre 2020 à 01:09:31 JeSuisJexiste a écrit :
Tu devrais lire Descartes
Je connais et ca repond pas au sujet
Descartes ne met aucune limite au doute, la seule certitude qui ressort du doute c’est ”Je suis”, seule vérité absolue.
Le 27 septembre 2020 à 01:22:16 JeSuisJexiste a écrit :
Descartes ne met aucune limite au doute, la seule certitude qui ressort du doute c’est ”Je suis”, seule vérité absolue.
Je sais et donc ?
Tu crois que tu apportes une nouveauté ?
Lis le topic car là t'es à côté de la plaque.
Je sais pas Pyrrhon est un guignol à côté de Descartes, ils laissent ses brebis égarées, Descartes les guide jusqu’à la lumière.
Je suis d'accord pour dire que Pyrrhon est un guignol. Mais tes posts sont encore plus clownesques
3 pistes, parmi d'autres :
1) Sextus Empiricus choisit d'arrêter le doute en ce qui concerne la vie quotidienne. Lorsque nous vivons "normalement", nous sommes obligés de donner notre assentiment à des choses : nous choisissons de manger, de respirer, de boire. Ainsi, le sceptique peut formuler des jugements, et donc produire des actions, selon "le critère de vie".
2) Cicéron, à la suite de la Nouvelle-Académie, prétend que l'on peut donner une forme d'assentiment faible à certaines propositions - c'est-à-dire que le sceptique ne doit pas se livrer totalement et rester méfiant -, en vertu du fait qu'elles sont plus "probables".
3) Montaigne reprend la position de Sextus Empiricus, mais choisit également de ne pas douter des choses de la religion, en ce qu'elles n'ont pas de commerce avec la raison. C'est un peu la même position que Pascal.
Le 27 septembre 2020 à 10:58:15 rufus___ a écrit :
3 pistes, parmi d'autres :1) Sextus Empiricus choisit d'arrêter le doute en ce qui concerne la vie quotidienne. Lorsque nous vivons "normalement", nous sommes obligés de donner notre assentiment à des choses : nous choisissons de manger, de respirer, de boire. Ainsi, le sceptique peut formuler des jugements, et donc produire des actions, selon "le critère de vie".
Pourtant Pyrrhon, le maitre de Sextus se moquait de faire attention à manger, ou aux gens autour de lui en danger de mort !?
Il y a un truc que je comprends pas chez Sextus. Si on réfléchit un peu on voit que pour donner une unité à des objets dans nos perceptions (sans parler de chose en soi ou de noumène, je parle ici uniquement du monde visible) on discrimine les perceptions entre-elles selon des critères arbitraires, ce qui donne lieu au fait qu'on pense qu'il faille manger, ce qui donne lieu à considérer que la côte de bœuf a une unité : on pourrait selon d'autres critères la confondre avec la table. Pourquoi Sextus ne va pas jusque là ?
De plus, selon ca logique on est obligé de donner notre assentiment à des propositions scientifiques puisque elles peuvent potentiellement nous être utile pour mieux "respirer", "boire", "manger" etc... Pourtant Sextus a écrit contre les physiciens, les mathématiciens ou autres...
2) Cicéron, à la suite de la Nouvelle-Académie, prétend que l'on peut donner une forme d'assentiment faible à certaines propositions - c'est-à-dire que le sceptique ne doit pas se livrer totalement et rester méfiant -, en vertu du fait qu'elles sont plus "probables".
Je vois. Donc c'est plus modéré que Sextus et Pyrrhon puisque les académiciens acceptent les axiomes des probabilités.
3) Montaigne reprend la position de Sextus Empiricus, mais choisit également de ne pas douter des choses de la religion, en ce qu'elles n'ont pas de commerce avec la raison. C'est un peu la même position que Pascal.
C'est bizarre je pensais que Montaigne était un érudit. Il ne croit pas en ce qu'on appelle communément des connaissances (ses connaissances) ?
Jusque là où commence la raison ![]()
Le 27 septembre 2020 à 11:58:26 C0dsw0rth a écrit :
Jusque là où commence la raison
C'est arbitraire justement.
La seule limite au doute qui puisse exister c'est celle que l'on se fixe. Personnellement, le "je pense donc je suis" de Descartes ne m'a jamais convaincu. En théorie, je me rapproche plus des sceptiques et du doute caricatural extrême. Mais en pratique, j'ai choisi de mener ma vie selon des axiomes (par définition dont je ne doute plus) car l'incertitude poussée à l'extrême mène à la mort.
Edit : Il faut également prendre en compte l'impuissance de la "raison" dans la quête de la vérité, et admettre la possibilité de faire des "actes de foi".
Pourquoi Descartes ne t'as pas convaincu ?
--
j'ai choisi de mener ma vie selon des axiomes (par définition dont je ne doute plus)
Admettre des axiomes n'implique en rien (même pas par définition) qu'on en doute pas. C'est même l'inverse. L'axiome est opposé au dogme car les axiomes sont discutables.
On comprend qu'il y a le doute constructif (comme celui de Cicéron ), et celui de Pyhrron qui nous fait pas avancer.
je crois que c'est la Foi (voir 3type de foi) qui un moment peut stopper le doute,
y'a les raisonnements mais on peut vite tourner en rond aussi..
La Sagesse si elle est réalisée contrecarre le doute...mais en effet faut peut-être avoir éradiquer le doute pour réaliser la Sagesse... ![]()
ah SamueleToot a été + rapide que moi...
Edit : Il faut également prendre en compte l'impuissance de la "raison" dans la quête de la vérité, et admettre la possibilité de faire des "actes de foi".
Le 27 septembre 2020 à 13:47:57 Lironique a écrit :
Pourquoi Descartes ne t'as pas convaincu ?
--j'ai choisi de mener ma vie selon des axiomes (par définition dont je ne doute plus)
Admettre des axiomes n'implique en rien (même pas par définition) qu'on en doute pas. C'est même l'inverse. L'axiome est opposé au dogme car les axiomes sont discutables.
Ce que je veux dire c'est que j'ai choisi de faire un acte de foi envers des propositions (par exemple, je crois en la responsabilité de l'individu) : je considère que je ne peux plus en douter. Et ça n'a rien d'artificiel ou d'illusoire, j'admets juste que la raison ne peut pas tout expliquer.
Edit : admettre que la raison ne peut pas tout expliquer est une hypothèse axiomatique pour moi, appelle ça comme tu veux (dogme, croyance, etc.) mais dans le fond tu me comprends
admettre que la raison ne peut pas tout expliquer est une hypothèse axiomatique pour moi, appelle ça comme tu veux (dogme, croyance, etc.) mais dans le fond tu me comprends
Soit c'est un axiome, soit c'est un dogme. Faut pas tout confondre.
On comprend qu'il y a le doute constructif (comme celui de Cicéron ), et celui de Pyhrron qui nous fait pas avancer.
En disant que le doute de Pyrrhon ne fait pas avancer tu fais juste un biais de confirmation, parce que si tu prends ce que dis Pyrrhon, bah, tu ne peux pas dire qu'en refusant son doute on va avancer
Et si on dit "la raison humaine peut être défaillante", qu'est ce qui nous dit que ce raisonnement lui-même n'est défaillant?
Le 27 septembre 2020 à 14:00:17 Lironique a écrit :
Et si on dit "la raison humaine peut être défaillante", qu'est ce qui nous dit que ce raisonnement lui-même n'est défaillant?
Qu'est-ce que tu comprends pas dans "admettre une proposition pour vraie" ?
En disant que le doute de Pyrrhon ne fait pas avancer tu fais juste un biais de confirmation, parce que si tu prends ce que dis Pyrrhon, bah, tu ne peux pas dire qu'en refusant son doute on va avancer
oui je sais je me basais sur ce que tu mets en intro
Le doute de Pyrrhon c'est la caricature du doute. Son doute rend impossible d'atteindre une quelconque vérité.
Tant pis, on va faire un biais de confirmation
je ne sais pas comment ça s'explique en didactique , mais comme Samueletoot, j'ai été confronté à des doutes (et je le serais encore) dans ma démarche spirituelle qui ont fait qu'un moment c'était infernal ...y'a un moment faut faire :avec ou sans foi. Mais faut passer à l'étape superieur qui est de s'engager dans une action (allant dans le sens du but visé) et voir si ça fonctionne : cad si on s'en porte pas + mal ou pire...
Il y a un truc que je comprends pas chez Sextus. Si on réfléchit un peu on voit que pour donner une unité à des objets dans nos perceptions (sans parler de chose en soi ou de noumène, je parle ici uniquement du monde visible) on discrimine les perceptions entre-elles selon des critères arbitraires, ce qui donne lieu au fait qu'on pense qu'il faille manger, ce qui donne lieu à considérer que la côte de bœuf a une unité : on pourrait selon d'autres critères la confondre avec la table. Pourquoi Sextus ne va pas jusque là ?
Il ne va pas jusque-là car il a bien saisi la principale critique qu'on adressait aux sceptiques pyrrhoniens, à savoir que cette voie ne peux mener qu'à l'apraxie, c'est-à-dire à la non-action. Or, en tant que vivants, il nous faut forcément agir, donc etc.
Mais cet "assentiment" n'est pas un assentiment véritable, c'est-à-dire que je n'investis pas mes choix selon un critère de vérité. Par exemple, j'accepte de devoir manger pour survivre, sans toutefois investir le fait de manger d'une qualité absolue (par exemple : "il est bon pour mon corps de manger").
En d'autres termes, il faut seulement se contenter de vivre selon l'apparence sans chercher à établir des jugements absolus.
C'est bizarre je pensais que Montaigne était un érudit. Il ne croit pas en ce qu'on appelle communément des connaissances (ses connaissances) ?
C'est pour ça que Montaigne est intéressant : il est érudit et tout entouré de livres, tout en restant très critique envers la connaissance.
Pour finir, j'ajouterais peut-être une autre piste, menant à Hume et aux sceptiques-empiristes anglais qu'on pourrait résumer de la sorte : ne donner aucun assentiment à un jugement absolu, mais se fier à l'expérience, étant entendu que ce qui s'est produit "dans le même ordre" X fois, semble devoir (nous ne pouvons faire mieux) se produire à nouveau dans cet ordre à l'avenir.