C'est bien de le dire, car j'emploie trop souvent ce mot Vérité sans le définir ce qui est un peu lâche. Le fait pris dans son contexte scientifique est quelque peu différent en science humaines et en science dures.
Pour l'histoire par exemple, il est une analyse directe et indirecte. Le fait direct est la preuve matérialisé, par exemple une lettre, une opinion sur un événement, un document administratif. Une fois analysé avec un croisement de sources multiples : d'autres faits indirects, l'historien tente de reconstituer l'événement, la pensée, le pourquoi et le comment. Malgré tout, il analyse cela à la façon d'un homme de son temps. La méthodologie évolue et certains faits sont analysés de façon très différente d'une époque à une autre de l'histoire.
Le scientifiques des sciences dures comme le physicien, analyse les faits par l'expérience, pas par les vestiges. Ces expériences sont impossibles à multiplier à l'infinie et donc dans tous les contextes possibles, elles ne sont donc pas prouvables. Seule la meilleure assertion permet d'obtenir le consensus de la communauté scientifique jusqu'à ce qu'une autre expérience contredise la première et remet en cause le paradigme de façon mineur mais réelle ou de façon majeur : Copernic et l'homme qui n'est plus au centre du monde mais le Soleil, Newton et Mercure où Einstein et la géométrie de l'espace-temps qui brise l'idée de force, nouveau paradigme.
La Vérité alors ? Je n'en est même pas la certitude et je peine aussi à la définir. Je dirais qu'elle est l'idée que se font les hommes de découvrir le pourquoi de leur existence de façon métaphysique et existentielle. D'une autre façon, elle est peut-être la volonté des hommes de connaître en mettant le doigt sur ce qui est vrai. Or, je pense que ce qui est vrai dépend de la perception d'un événement, d'une pensée, d'une culture à un moment donnée de l'histoire des hommes. Ce qui est valable pour l'historien d'une autre façon comme pour le scientifique des sciences exactes. Le réel est une approche qui diffère selon l'époque, le contexte socio-culturelle et une vérité pour l'un n'en est plus pour l'autre. Comme les Grecs qui croyaient en leurs mythes dont nous nous amusons avec passion aujourd'hui et demain qu'adviendra-t-il de nos propres idées pour ceux qui nous étudierons ?
Les faits = contingents d'une époque et improuvables à l'infini donc jamais prouvé. L'eau boue-t-elle de l'autre côté de la galaxie à x température ? C'est non expérimenté, juste déduit. Crédible mais improuvé. Picasso pensait-il cela dans son oeuvre ? Cette idée est interprété si il n'a rien dit, pas prouvée.
La Vérité = celle des croyants intangible, immuable, sans doute possible, révélée.
Les vérités = celle des hommes, celles des hommes des science, éphémère, contingente, méthode et non objet. Méthode car elle est une approche du réel, un crédo, une façon d'y tendre. Mais non objet, impossible à atteindre, elle est une illusion, une construction du réel. Et parce que les méthodes sont si différentes d'une époque à l'autre en science, elles témoignent des multiples visages de la vérité (des vérités). La vérité pour un positiviste n'est pas la même que pour un historien d'aujourd'hui. Et détrompons nous de dire notre ancêtre qu'on a plus raison que lui.