C'est moins cher en France. On doit être à 400 € de frais d'inscription (sécurité sociale comprise). Les boursiers sont exonérés de frais d'inscription et peuvent recevoir une aide tous les mois. Personnellement, je suis pour la sélection avec en contre-partie une scolarité quasi gratuite.
Par contre, je veux bien faire payer plusieurs milliers d'euros à ceux qui ne sont pas sélectionnés et qui souhaitent tout de même s'inscrire.
SOCRATE aurait du être philosophe actuellement, la philosophie beaucoup d'argent désormais

Le 05 mai 2018 à 09:45:58 toto_au_bistro a écrit :
@ bubuche87 : Le monde réel d'aujourd'hui, c'est la métropolisation. On peut être pour ou contre, mais ça n'a pas toujours existé.
Mais je suis tout à fait d'accord.
(C'est hors sujet mais je vais mentionner autre chose qu'on semble avoir oublié. La péréquation. Prononce-le,la sonorité devrait t'évoquer quelque chose si tu n'es pas trop jeune.
Equilibrer le budget en compensant les investissements déficitaires à droite par des investissements excédentaires à gauche. Si tu jettes un coup d'oeil à ce qui s'est fait sur la fibre optique, c'est exactement l'inverse : l'état s'est interdit de fibrer les zones rentables (laissées au marché privé et, en fait, au quelques gros opérateurs) et fibrera les zones non-rentables.
Ca n'a pas toujours été ainsi, mais aujourd'hui c'est ainsi. Si l'état est excédentaire quelque part bruxelle gueule et se pince le nez comme si ça puait la merde jusqu'à ce que l'état abandonne ce marché excédentaire à des privés.
On s'apprête à faire la même sur la française des jeux. ET le privé qui rachètera le truc conservera le monopole "légal".)
Pendant les 30 glorieuses, on avait une politique d'aménagement du territoire qui répartissait par exemple les usines sur le territoire. Tu as aussi des décisions politiques comme l'installation de l'ENA à Strasbourg.
Non mais tu prêches un convaincu.
Mais comme je le disais, tu as des raisons objectives pour concentrer certaines activités. Avec Internet, tu peux accéder à toutes les revues scientifiques de la planète depuis un patelin de 200 habitants. Mais la recherche, ça ne se réduit pas à des échanges de mail et des expériences chacun dans son coin. C'est aussi des relations sociales : participer à un colloque
On peut faire des colloques en visio-conférence.
, aller au restaurant avec des collègues... Les grandes villes permettent ça. Quand tu es à Paris et que tu peux aller à un tas de conférences comme celles du Collège de France, tu favorises la recherche.
Mouais. Tu pourrais quand même avoir le siège social à Uzès et le pôle développement près de Paris. Mais non, le siège social est toujours à Paris.
Alors pourquoi est-ce qu'on a arrêté la politique d'aménagement du territoire des trente glorieuses de la DATAR ? Tout simplement parce qu'on n'est plus dans le même contexte économique. Hier, on pouvait imposer à une entreprise d'aller s'installer dans une ville moyenne. Aujourd'hui, on se prostitue auprès des entreprises avec différentes aides économiques pour qu'ils daignent seulement s'installer en France.
Oui.
Et tu ne perçois pas le problème ?
Oui, aujourd'hui on fait tout ce que tu dis. Ce qui signifie que si on centralise un truc, il sera centralisé à Paris. Pas parce qu'il devrait l'être, mais parce qu'il le sera. Même si c'est injuste, même si c'est idiot, même si on pourrait, sur le papier, faire différemment.
Pourquoi ne pas tout laisser se faire naturellement ? ![]()
On laisse un prix bas d'inscription, ouvert à tous.
On fait des études à haut niveau.
Et tout se réglera de lui-même.
Le 07 mai 2018 à 08:55:11 SergentPoivre a écrit :
Pourquoi ne pas tout laisser se faire naturellement ?On laisse un prix bas d'inscription, ouvert à tous.
On fait des études à haut niveau.
Et tout se réglera de lui-même.
Le 07 mai 2018 à 01:59:04 bubuche87 a écrit :
Alors pourquoi est-ce qu'on a arrêté la politique d'aménagement du territoire des trente glorieuses de la DATAR ? Tout simplement parce qu'on n'est plus dans le même contexte économique. Hier, on pouvait imposer à une entreprise d'aller s'installer dans une ville moyenne. Aujourd'hui, on se prostitue auprès des entreprises avec différentes aides économiques pour qu'ils daignent seulement s'installer en France.
Oui.
Et tu ne perçois pas le problème ?
Oui, aujourd'hui on fait tout ce que tu dis. Ce qui signifie que si on centralise un truc, il sera centralisé à Paris. Pas parce qu'il devrait l'être, mais parce qu'il le sera. Même si c'est injuste, même si c'est idiot, même si on pourrait, sur le papier, faire différemment.
Je pense que tu mélanges deux phénomènes :
On peut considérer que l'enseignement supérieur relève des métropoles. On va favoriser l'innovation et la recherche en concentrant nos chercheurs et étudiants au même endroit. Mais cela n'implique pas qu'on va tout regrouper sur Paris. Marseille et Lyon sont des métropoles qui bénéficient de ces effets.
Je commence à saisir...
En soi, je ne suis pas contre car ça se ferait au mérite.
Déjà réussir l'entrée ![]()
Une entrée avec un niveau élevé mais aussi accessible à tous (je sais pas, faudrait avoir un bon niveau en logique, mathématique, science, français, philo bien sur...
).
En fait, c'est l'argent qui te chagrine ? En fait, pour diminuer le taux d'échec, faut demander un gros niveau au test d'entrée mais celui qui est à l'ouest car il a eu une école de merde...
Je dirais qu'en fait le test d'entrée ne donne pas un niveau plus élevé pour les études... Moi j'ai fait éducation physique (staps en France). C'est vu comme des études bof, accessible à tous. En effet, beaucoup sont venus en mode yolo. Aucun test d'entrée, dans mon unif, en Belgique, 30-40% réussissait en première année. Ecremage. Les années suivantes, c'était 90% de réussite. En fait, tu pourrais peut-être garder plus d'argent dans les caisses de l'état... Et encore, ils vont rater le test d'entrée, ils vont aller se casser la gueule ailleurs... Je sais pas si, au final, ça fait gagner beaucoup d'argent.
Celui qui est à l'Ouest parce qu'il a eu une école de merde, c'est pas l'université qui va lui faire rattraper son retard. C'est pas à l'université qu'il va apprendre à faire des dérivées s'il veut faire une licence de mathématiques.
Si j'écris sur la sélection, c'est aussi parce qu'il y a la contestation de la loi ORE qui veut - Ô malheur - évaluer le dossier des postulants. L'enseignement supérieur relève pour moi d'une autre logique que l'enseignement primaire et secondaire qui font partie de l'éducation nationale. Dans l'enseignement supérieur, l'objet n'est plus d'éduquer de futurs citoyens. Il faut assumer qu'il y a des filières plus ou moins socialement utiles et qu'on dirige nos crédits en fonction de ça. Il faut assumer qu'on sélectionne les étudiants selon les besoins.
A côté, il y a bien sûr la recherche publique et sa vulgarisation. Il ne s'agit donc pas de céder au tout marché et de ne laisser que des activités qui seraient rentables (pas je ne sais quel calcul). Mais ce rôle de l'université est tout à fait compatible avec la sélection.
Ce topic est une farce.
Les études de philosophie c'est l'instruction ou le chomage, ne vous-y trompez pas. 
Sinon, je suis contre la sélection à titre purement personnel.
Je suis surdoué, passionné de philo, mais avec un dossier scolaire catastrophique.
J'en connais beaucoup dans cette situation, pas envie que l'un deux se retrouve dans l'incapacité de faire la FAC de ses rêves...
Tu peux avoir un dossier scolaire de merde et assurer à la FAC. C'est pas le même système, et y'a de la maturité en plus entre temps.
Surtout si tu peux enfin te focaliser sur le domaine qui te plaît.
On a toujours de meilleurs points à l'unif qu'en secondaire ![]()
On est bien d'accord ?
Enfin, je sais pas si ma moyenne était réellement plus haute mais j'ai eu quelques rares 80-90% que j'ai jamais eu en secondaire.
Le 12 mai 2018 à 04:26:48 Samubina a écrit :
Ce topic est une farce.
Les études de philosophie c'est l'instruction ou le chomage, ne vous-y trompez pas.
La farce c'est d'ignorer le raisonnement même de l'article et ses arguments :
Le philosophe et ses compères de sciences humaines sont désormais courtisés par les administrations et les entreprises. Le dernier baromètre de l'Apec parle d'une « revanche des humanités », avec un taux d'emploi de 88 % (un an après la fin des études) pour les diplômés de sociologie, psychologie, anthropologie, philosophie, etc. Je me suis retrouvé l'année dernière dans un jury de master d'éthique appliquée à la Sorbonne (Ethires) où des étudiants en philosophie présentaient des mémoires passant des activités commerciales au tamis des concepts.
Le 12 mai 2018 à 04:35:00 Samubina a écrit :
Sinon, je suis contre la sélection à titre purement personnel.
Je suis surdoué, passionné de philo, mais avec un dossier scolaire catastrophique.
On peut sélectionner sur différents critères. On peut très bien prendre en compte les cas d'élèves surdoués inadaptés au cadre scolaire classique. Ça c'est du détail.
Ce que je soutiens, c'est que l'idée de sélection n'est pas en soi un problème. C'est même quelque chose de normal au niveau de l'enseignement supérieur.
Sauf que la philosophie n'est pas une filière sélective et que la rendre sélective ne ferrai que dégrader encore plus son état. Il suffit de voir qui entre philo: la moitié en est déjà à son deuxième ou troisième choix dans sa scolarité, seulement la moitié des étudiants sortent directement du lycée à l'entrée en fac. Et la proportion reste la même jusqu'à la fin du cycle. Ce qui veut dire que quelle que soit la porte par laquelle tu es entré, seuls les plus motivés iront au bout.
Maintenant, si on suppose que l'on sélectionne à l'entrée, on ne peut pas assurer que ces étudiants qui en sont à leur deuxième/troisième cycle pourraient poursuivre leur études. Et donc, tu réduis déjà les effectifs de moitié. Sachant que les effectifs sont déjà à peine suffisant pour maintenir les départements qui existent déjà...
Personnellement, je pense que beaucoup de problèmes que l'université rencontre vient du fait que l'on veut maintenir et l'accès libre et la quasi gratuité. Et je serai plutôt favorable à une augmentation des frais d'entrée qu'à une sélection dont on ne trouvera jamais les critères les plus satisfaisant. L'argent est le moins pire des deux maux.
C'est sûr que si tu veux maintenir les départements de philosophie actuels, il ne faut pas sélectionner. Mais je ne comprends pas en quoi ça devrait être un objectif en soi de maintenir ces départements. Le nombre de départements de philosophie doit pour moi correspondre à un besoin qui vient d'en haut (l'Etat qui finance ou ceux qui financent pour les universités privées) et non d'en bas (les desiderata de chacun).
Les département de philosophie font vivre la discipline (recherche, enseignement, colloques...) et permettent de conserver le peu de chercheurs qu'il nous reste en France. Sans compter qu'ils permettent aux jeunes d'accéder à un champ de connaissance qu'il ne pourront rencontrer nul part ailleurs. L’intérêt de maintenir ces départements (qui ne sont d'ailleurs ni nombreux, ni couteux) est donc avant tout scientifique (recherche) et social (accès à la connaissance et à des formations valorisantes). Ce sont de très bonnes raisons de maintenir ces départements.
Je te cite ici:
Le nombre de départements de philosophie doit pour moi correspondre à un besoin qui vient d'en haut (l'Etat qui finance ou ceux qui financent pour les universités privées) et non d'en bas (les desiderata de chacun).
C'est déjà exactement le cas, avec la configuration actuelle, on renouvelle tout juste les postes dans le secondaire; et dans le supérieur la concurrence est rude parce les places sont rares. Les besoins de l'état sont donc quasiment satisfaits. Je dis quasiment car même si les concours sont difficiles, l'état reçoit trop peu de candidats et donc même les plus "particuliers" on leur chance (On a tous le souvenir d'un prof de philo au lycée un peu farfelu...). Les concours servent donc plus à recruter ceux qui ont le minimum requis plutôt qu'à imposer un standard de qualité. Donc dans la situation actuelle, on réponds mal aux besoins du secteur public.
Quand au secteur privé, il ne faut pas être naïf: il n'a pas besoin de philosophie. La philosophie lui sert avant tout d'outil pour rentabiliser ses autres activités ou lui servir de caution éthique. Besoin de réorganiser les salaires? Embauchons un philosophe spécialiste de l'éthique au travail, qui prêchera aux salariés l'importance du mérite, histoire de leur faire comprendre qu'il ne "méritent" pas assez leur salaire. Besoin de rassurer les investisseurs sur vos travaux contestables sur le génome humain? Mettons ce philosophe matérialiste et physicaliste au travail pour nous pondre une thèse selon laquelle l’amélioration génétique est parfaitement en adéquation avec la nature humaine qui n'est qu'une construction de l’homme lui même (Et payons aussi pour faire taire cet autre philosophe déontologue et anti-naturaliste qui pense tout le contraire). Besoin de changer l'image d'un candidat à une élection quelconque? Embauchons un philosophe du langage, après tous, les sophismes et les énoncés performatifs il connait, qui s'intéresse à la vérité de nos jours? Aux mains du secteur privé, la philo ne devient qu'on pion de plus, un outil au service d'intérêts particuliers alors qu'elle existe avant tout pour améliorer l'état des connaissances humaines.
Mission qu'elle ne peut plus accomplir dans l'état actuel des universités françaises; état qui ne sera pas amélioré par une sélectivité accrue, quoi qu'on en dise.
Le 13 mai 2018 à 15:44:21 Pazoch a écrit :
Les département de philosophie font vivre la discipline (recherche, enseignement, colloques...) et permettent de conserver le peu de chercheurs qu'il nous reste en France. Sans compter qu'ils permettent aux jeunes d'accéder à un champ de connaissance qu'il ne pourront rencontrer nul part ailleurs. L’intérêt de maintenir ces départements (qui ne sont d'ailleurs ni nombreux, ni couteux) est donc avant tout scientifique (recherche) et social (accès à la connaissance et à des formations valorisantes). Ce sont de très bonnes raisons de maintenir ces départements.
Je crache un peu dans la soupe, car j'ai eu la chance de faire une licence de philosophie dans un très petit département. En L3, on était même pas 15. On a dû être 10-12 à décrocher une licence. Ça ne me semble pas très rationnel d'avoir une équipe complète de professeurs pour assurer ça.
Sur les concours, je vois sur le dernier rapport de jury qu'il y avait 100 postes pour 1000 candidats au CAPES. Ça me semble assez sélectif. Ils le disent eux-mêmes. D'ailleurs, on voit que le CAPES de philosophie est le plus sélectif une fois qu'on a enlevé les CAPES de langue peu enseignées (arabe, corse...) : http://www.devenirenseignant.gouv.fr/cid104311/les-donnees-chiffrees-des-concours-capes-session-2016.html
Pour le secteur privé, j'ai l'impression que tu joues sur le mot de "philosophie". C'est sûr que si pour toi la philosophie c'est l'amour de la sagesse, alors les entreprises y verront un intérêt limité. Mais tu donnes toi-même des exemples d'application de la philosophie pour des entreprises. C'est un besoin comme un autre pour moi. Si une boite veut financer une thèse sur l'amélioration génétique, je trouve ça très bien. En quoi le financement de la même thèse par l'Etat serait mieux ? Molière a écrit des pièces suite à des commandes de Louis XIV, et alors ? Ça reste génial. Peut-être que la thèse sera bidon, car ses arguments seront nuls. Peut-être que la thèse sera géniale et le fait qu'elle ait été financée par une boite privée n'y changera rien.
Le secteur privé peut tout à fait améliorer l'état des connaissances humaines. Il le fera pour des raisons qui sont intéressées, mais ça n'exclut pas la progression de la connaissance. Après, je vois plus l'utilisation de la philosophie dans le privé comme une mise en application.
Le problème de l'exploitation de la philosophie par le secteur privé, c'est que cela permet de donner un verni éthique/moral/épistémologique à une entreprise avant tout mercantile. Je trouve que cela est déjà discutable.
Se pose ensuite la question de la liberté du chercheur: peut-on imaginer une entreprise financer des points de vues contraires au siens? On voit déjà d’éminent médecin et chercheurs achetés par de grands groupes pharmaceutiques pour pondre des études pipées. Être philosophe ne donne pas un ascendant moral, donc cela arrivera aussi que quelques un d'entre eux soient exploités dans le même sens: si un philosophe dit qu'il est moral d'exploiter son prochain, il doit bien avoir raison non?
Nous avons déjà suffisamment d'exemples montrant que le privé et la science ne font pas toujours bon ménage: Pourquoi autant de recherches pour des anti-rides et aussi peu sur les maladies orphelines? Parce que c'est plus rentable, voilà tout. Nous avons même des exemples où le secteur privé se bas activement contre la science: le cas paroxystique du réchauffement climatique, où la communauté entière des chercheurs est envoyée dans les cordes pars quelques industries. Le risque est donc de voir des pans entiers de la philosophie confisqués et détournés pour servir des intérêts privés.
Je ne fais absolument pas confiance au secteur privé concernant l’avancement des connaissances. Et je ne crois pas qu'il y ait jamais participé. Tout au plus, il ne fait qu'exploiter (et rentabiliser) ce qui existe déjà.
Le problème de l'exploitation de la philosophie par le secteur privé, c'est que cela permet de donner un verni éthique/moral/épistémologique à une entreprise avant tout mercantile. Je trouve que cela est déjà discutable.
Coucou les "business ethics" ![]()