Entre l'homme et l'animal disait déjà Nietzsche, il n'est pas de différence d'essence mais de degrés. A partir de combien d'épi de blé passe-t-on d'unités à un champ ? Toute définition est arbitraire est prend racine dans un système de pensée, un paradigme. Vous voyez où je veux en venir ? Combien et quels types de capacités cognitives faut il accumuler pour obtenir le statut d'individu ? Combien de caractéristiques atypiques pour parler de personnalité ?
Anthropocentristes, dominant ressources et espaces instaurent une stabilité par une légitimité. L'homme est au centre de tout car à l'image de Dieu, l'âme, l'esprit est un critère de différenciation. Si un débat à eu lieu pour savoir si les amérindiens avaient une âme et par conséquent le droit d'être considérer en tant qu'individus vous pensez bien qu'une chèvre...
Si cela paraît aujourd'hui évident, les environnementalistes ont parfois aussi d'étranges conceptions. Certains pensant dépasser l'anthropocentrisme nomment universalisme globale le fait de transformer les animaux en hommes. Ils confondent universalisme et le fait de calquer, rechercher, des comportements humains sur d'autres espèces pour pouvoir leur donner un statut d'individu humain. L'éléphant à la capacité de peindre, cet animal a conscience de lui même dans un miroir, le singe résout certaines équations plus rapidement qu'un humain, c'est que nous ne sommes pas si différents. Le dauphin communique de façon complexe donc il me ressemble donc il a plus de droit qu'un escargot. C'est tout autant anthropocentriste non ? Il faut se méfier des conjonctions de coordination.
Ainsi, ta question : "Est ce que seuls les humains peuvent se considérer comme des personnes individuelles ?" peut être replacée dans un système de pensée plus globale profondément anthropocentriste qui selon moi n'a pas vraiment de pertinence profonde en terme d'approche du vivant.
Personnellement et c'est mon outil idéal de définition, c'est la contemplation ludique et empathique qui permet d'appréhender l'autre. Définir, créer, c'est évaluer. Une vie, un individu n'est rien en soit, c'est son évaluation qui peut en faire un trésor, un outil, rien... Quiconque a sincèrement aimer un chien, un chat ou autre ne se pose pas ce genre de questions. Ce peut parfois simplement être un ami d'une autre espèce. C'est cette empathie poétique, éloge de la pulsion de vie qui a fait qu'un vieux moustachu psychotique a fondu en larmes dans les rue de Turin devant un cheval se faisant battre par son cocher.
Bref ici c'est la notion de personnalité, individu qui est en question. La rationaliser de façon réductrice en termes de capacités cognitives est peu pertinent d'après moi. En faire un concept juridique impliquant droits et obligations est arbitraire. L'envisager en tant qu'ensemble de propriétés qui additionnées émergent d'un tout complex qui ne peut s'apprécier qu'au cas par cas me parait plus sage et bien plus amusant.