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Liste des sujets

Bilan 2024

BennyProfane
BennyProfane
Niveau 18
04 décembre 2024 à 16:55:11

Titre

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 04 décembre 2024 à 19:06:17

Mon highlight de cette année est probablement Rambo First Blood, Jurassic Park et Starship Troopers.

Mais j'ai aussi besoin de terminer l'Enfer de Dante.

--G--
--G--
Niveau 34
04 décembre 2024 à 20:12:59

Année très riche pour moi, je partageais pas souvent ça ici, mais ce qui m'a le plus marqué :

- Histoire de Tom Jones (Fielding)
- Méridien de sang (McCarthy)
- Moby Dick (Melville)
- La Grande beuverie (Daumal)
- Le Voyeur (Robbe-Grillet)
- Son excellence le comte d'Abranhos (Eça de Queirós)
- Fin de siècle (Morand)
- Un certain Lucas (Cortázar)
- Tess d'Urberville (Hardy)
- Histoire de l'œil (Bataille)
- Monsieur Jadis ou l'école du soir (Blondin)
- Zazie dans le métro (Queneau)
- Les Boutiques de cannelle (Schulz)
- Récits d'Odessa (Babel)

En vraie déception, La Vie et demie de Sony Labou Tansi. De la proto-littérature de dictateur Africain à la Kourouma, mais trop systématisé. Beau langage tout de même.

[Ctrl+C ; Ctrl+V]

icewinddaleIII
icewinddaleIII
Niveau 61
04 décembre 2024 à 23:28:30

Bilan personnel ou bilan de l'année d'un point de vie littéraire en général ?

--G--
--G--
Niveau 34
05 décembre 2024 à 09:09:00

Littéraire

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 05 décembre 2024 à 14:44:44

J'ai l'impression d'avoir largement moins lu qu'avant mais je me dis aussi que ce n'est pas la quantité qui fait le lecteur.

Consommer du texte sans l'apprécier ni s’imprégner du monde de l'auteur est juste dommage, c'est comme réciter un texte apprit par coeur sans même comprendre sa signification (combien de personnes connaissent le théorème de Pythagore ou de Talès sans jamais réellement l'appliquer dans la vie de tout les jours même quand ils sont confrontés à ce genre de situation?).

--G--
--G--
Niveau 34
05 décembre 2024 à 15:52:27

D'accord mais quel rapport avec mon potiron ?

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 05 décembre 2024 à 16:00:03

Le 05 décembre 2024 à 15:52:27 :
D'accord mais quel rapport avec mon potiron ?

Potiron?

TheWhiteHunter
TheWhiteHunter
Niveau 11
05 décembre 2024 à 16:50:34

Mon bilan à moi c’est que Romain Gary et Robert Merle sont tellement sous-coté dans l’histoire de la littérature française alors qu’ils sont dignes des plus grands auteurs

MannyCalatrava
MannyCalatrava
Niveau 20
05 décembre 2024 à 17:10:45

Gary a encore une énorme place dans pas mal de structures littéraires légitimantes, avec l'école en premier lieu, et il a gardé l'image d'un des grands stylistes du deuxième XXe.

C'est une période qui n'a pas produit tant de classiques grand public que ça et il en fait clairement partie, au point que c'est typiquement le genre d'auteurs qu'on va tester quand on n'est pas lecteur parce qu'il a quelques titres qui parlent au moins de nom à beaucoup de gens. La trinité promesse de l'aube, racines du ciel et la vie devant soi c'est des ultra best-sellers de poche constamment repris.

TheWhiteHunter
TheWhiteHunter
Niveau 11
05 décembre 2024 à 19:57:23

Certes mais lorsqu’on parle des auteurs classiques du 20e siècle c’est rarement les premiers cités

MannyCalatrava
MannyCalatrava
Niveau 20
05 décembre 2024 à 20:28:14

Le XXe a deux phases bien distinctes entre la période moderniste jusqu'à la deuxième guerre et la suite. Les classiques du premier XXe ça me paraît être des Gide, des Giono, des Céline, des Proust, des Genet, Des Morand, des Sartre, des Camus. Un Gracq sera assez entre les deux temps.

Une fois passée cette phase, je dirais que le canon a eu globalement du mal à introniser des figures, un peu comme si l'après 45 avait globalement signifié une fin de l'histoire littéraire et des écoles.

Alors certes, le nouveau roman avait encore, malgré ses prétentions novatrices, un pied dans le vieux en voulant se former comme une école soutenue par un manifeste. Mais je ne suis pas sûr qu'on puisse dire qu'ils se soient installés comme des classiques au sens que l'on évoquait, je crois pas que le pékin moyen ait une plus franche connaissance de n'importe quelle période de Sarraute que de Gary.

Il y a donc des figures météoriques dans ce deuxième vingtième, qui sont sans doute moins consacrées par des canons, mais parmi celles-ci j'ai l'impression que Gary est l'une des plus grandes.

Tu verrais qui comme figure de nettement plus consacrée que lui dans le deuxième vingtième ?

PS : je te réponds sur Gary parce que je suis relativement d'accord à propos de Merle. Je tiens des bouquins comme Derrière la vitre pour des romans réellement importants. Mais bon voilà, il a eu son succès aussi pour un feuilleton historique ou pour de la littérature de genre, donc forcément c'est un peu niqué pour lui. La Mort a quand même eu son petit impact de légitimité, mais qui s'est essoufflé.

Message édité le 05 décembre 2024 à 20:30:02 par MannyCalatrava
MannyCalatrava
MannyCalatrava
Niveau 20
06 décembre 2024 à 06:34:35

Sinon, pas de révolution esthétique profonde pour moi cette année, mais plein de petites explorations qui m'ont intéressé à divers degrés.

J'ai continué à explorer Lagerkvist avec le même plaisir et j'ai lu du Vesaas qui cette fois m'a plu. Le début 2024 a donc été plutôt marqué par la figure des nordistes et de leur symbolisme froid et aride.

Une partie de mon année aura été de me rencarder sur des noms français que je n'avais pas lus ou pas assez avant, je pourrais mettre là-dedans Japrisot dernièrement ou plus notamment Vailland que j'ai beaucoup aimé malgré la façon dont sa littérature se renfermait sur elle-même, sans guère ouvrir sur un projet humain, un projet de vie. C'était très autotélique dans sa réaction, artiste qui fait de l'art, mais ça m'a parlé, à un moment où j'en avais besoin. Moins connu mais je pourrais mettre peut-être la découverte de la poésie de Frénaud là-dedans.

Découverte très agréable du Mépris de Moravia, en hapax dans l'année.

Dans les ouvertures culturelles moins creusées, les deux noms qui reviennent seront sans doute Eiça de Queiros à qui j'ai trouvé des défauts mais dont la littérature, dans ses inspirations réalistes et dans ce qu'il en fait, m'a replongé quelque peu dans mes découvertes du XIXe quand j'étais jeune étudiant. Y a de la patte mais ce n'est pas qu'un imitateur francophile, loin de là. Je mets aussi dans cette catégorie mon début d'explo' de Hwang Sok Yong, qui est un des rares auteurs de l'année dont j'ai tapé un pavé. Son Vieux Jardin a un putain de souffle.

Dans le genre je tente de sortir de mes préjugés de con, j'ai tapé une partie de la première phase de Lovecraft. Le battage de couille est réel, même si j'ai aimé des trucs réputés comme Dagon. J'évoque ici ce que son esthétique a de cool malgré tout :

https://www.jeuxvideo.com.com/forums/message/1245324459

Mes deux livres-fétiches de l'année, qui rejoignent le musée imaginaire, je pense que ce serait sûrement la sortie du Héliogabale de Genet - ça ne révolutionne rien mais ça reste du Genet genettant donc ça coupe la file direct - et le dernier László Krasznahorkai publié en France, qui est une expérience littéraire conceptuelle cochant toutes les cases de ce que j'aime.

Everlasting
Everlasting
Niveau 22
07 décembre 2024 à 16:15:56

Dans ce que j'ai préféré, je citerai dans l'ordre de lecture Warlock (Oakley Hall), un western incandescent aux personnages charismatiques, et la preuve immédiate que ce genre peut rivaliser à l'écrit avec l'écran.

Ensuite j'ai finalement terminé les deux recueils qui bouclent les nouvelles complètes de Lydia Davis (Samuel Johnson is Indignant / Varieties of Disturbance): toujours hyperconstruites, très courtes, audacieuses, imprévisibles et pince-sans-rire, parfois absurdes, des petits monuments de la vie névrosée d'une intellectuelle new-yorkaise, en même temps qu'un regard astucieux et désopilant sur la condition féminine.

Forcément En Route (Huysmans), pas qu'il soit meilleur que Là-bas ou À Rebours, ce n'est pas le cas, mais j'ai une admiration sans borne pour sa démarche, sa persévérance, le fait qu'il parvienne à se tourner en ridicule dans une forme d'auto-flagellation assez drôle tout en s'abandonnant très sérieusement à la confession.

Augustus de John Williams après la semi-déception de Stoner: quel souffle dans un récit qui demeure rigoureux par rapport à la vérité historique, quelle façon d'éclairer les personnages et de nous les rendre avec leurs parts d'ombre. Toute la première moitié est dantesque. La deuxième est avant tout portée par le personnage de Julia, et c'est presque un second livre.

Ethan Frome (Edith Wharton). Après avoir souffert quelque peu sur l'épuisant House of Mirth, quelle luminosité sur le temps d'une novella. Les personnages vibrent et brûlent littéralement dans ce tragique hiver américain.

Je crois avoir dit à quel point je m'étais diverti avec la verve de Maupassant (Le Horla / La Maison Tellier). C'est assez inimitable, d'une délicieuse franchouillardise, intelligent et sensuel, et transcrit merveilleusement son époque.

Et finalement The Sea, The Sea (Iris Murdoch) qui va rester assez longtemps avec moi. Je l'ai décrit aux deux-tiers du bouquin dans l'autre topic.

Dans les non-découvertes, excellents moments à relire Le Maître et Marguerite, Oblomov, et Hypérion.

J'ai aussi lu du Laxness, Pouchkine, Molière, Hodgson, Lispector, Neale Hurston, Le Guin, Kourouma, Gorki, Beckett, Carver, Walser, Scott Fitzgerald, Moshfegh et il y avait du bon voire très bon et du moins bon.

Message édité le 07 décembre 2024 à 16:17:41 par Everlasting
Eldwist
Eldwist
Niveau 30
07 décembre 2024 à 16:36:56

Beaucoup moins lu que l'an dernier (une petite dizaine), mais deux coups de coeur:
- Circé de Madeline Miller qui reprend la figure connue de l'Odyssée et en tisse un personnage complexe et mémorable. Une belle réinterprétation, bien que le premier tiers du roman soit un peu (trop) lent.
- Les Oiseaux du temps de Gladstone/Al-Mokthar, de la pure SF assez courte (moins de 300 pages) qui dresse la rivalité épistolaire de deux guerrières de factions opposées à travers une guerre défilant le temps. Stylistiquement intéressant et un vrai sens du tragique.

Recommencé et terminé ce coup-ci le Voyage au bout de la Nuit de Céline, pas grand chose à en dire qui n'aie déjà été dit, il tient son rang de classique de la littérature française. Un vrai punchliner ce Ferdinand.

Côté déception, j'ai lu Pays de Neige de Kawabata et si je lui trouve un sens de la description et du détail d'une poésie appréciable, j'ai peiné à trouver de l'intérêt au récit en tant que tel. J'ai vraiment l'impression que ce n'est que du style sans but particulier. Une vraie ambiance s'en dégage, mais j'en attendais sûrement beaucoup trop. Il faut dire qu'on me l'avait vendu comme un incontournable de la littérature japonaise.

J'ai pu découvrir aussi Kafka et Pouchkine, continuer Zweig et Maupassant. J'ai bien aimé et vais sûrement progresser dans leurs oeuvres respectives :ok:

RungeKutta
RungeKutta
Niveau 79
07 décembre 2024 à 18:46:30

Mon top 5 de l'année:
Catch 22 de Joseph Heller
La femme des sables de Kobo Abe
Le livre des illusions de Paul Auster
La ballade de l'impossible de Haruki Murakami
Station Eleven de Emily St. John Mandel

Mes déceptions:
Nouvelles de Akutagawa (intéressant mais rien de bouleversant selon moi)
Quatres soeurs de Tanizaki (le style est creux, sans aucune poésie et c'est très lent)
L'ombre du vent de Zafon (un livre commercial aux péripéties et personnages très artificiels)

--G--
--G--
Niveau 34
07 décembre 2024 à 21:06:43

Le 07 décembre 2024 à 16:15:56 :
Dans ce que j'ai préféré, je citerai dans l'ordre de lecture Warlock (Oakley Hall), un western incandescent aux personnages charismatiques, et la preuve immédiate que ce genre peut rivaliser à l'écrit avec l'écran.

Ensuite j'ai finalement terminé les deux recueils qui bouclent les nouvelles complètes de Lydia Davis (Samuel Johnson is Indignant / Varieties of Disturbance): toujours hyperconstruites, très courtes, audacieuses, imprévisibles et pince-sans-rire, parfois absurdes, des petits monuments de la vie névrosée d'une intellectuelle new-yorkaise, en même temps qu'un regard astucieux et désopilant sur la condition féminine.

Forcément En Route (Huysmans), pas qu'il soit meilleur que Là-bas ou À Rebours, ce n'est pas le cas, mais j'ai une admiration sans borne pour sa démarche, sa persévérance, le fait qu'il parvienne à se tourner en ridicule dans une forme d'auto-flagellation assez drôle tout en s'abandonnant très sérieusement à la confession.

Augustus de John Williams après la semi-déception de Stoner: quel souffle dans un récit qui demeure rigoureux par rapport à la vérité historique, quelle façon d'éclairer les personnages et de nous les rendre avec leurs parts d'ombre. Toute la première moitié est dantesque. La deuxième est avant tout portée par le personnage de Julia, et c'est presque un second livre.

Ethan Frome (Edith Wharton). Après avoir souffert quelque peu sur l'épuisant House of Mirth, quelle luminosité sur le temps d'une novella. Les personnages vibrent et brûlent littéralement dans ce tragique hiver américain.

Je crois avoir dit à quel point je m'étais diverti avec la verve de Maupassant (Le Horla / La Maison Tellier). C'est assez inimitable, d'une délicieuse franchouillardise, intelligent et sensuel, et transcrit merveilleusement son époque.

Et finalement The Sea, The Sea (Iris Murdoch) qui va rester assez longtemps avec moi. Je l'ai décrit aux deux-tiers du bouquin dans l'autre topic.

Dans les non-découvertes, excellents moments à relire Le Maître et Marguerite, Oblomov, et Hypérion.

J'ai aussi lu du Laxness, Pouchkine, Molière, Hodgson, Lispector, Neale Hurston, Le Guin, Kourouma, Gorki, Beckett, Carver, Walser, Scott Fitzgerald, Moshfegh et il y avait du bon voire très bon et du moins bon.

Ah oui faut que je relance le Hall quand j'aurais plus de temps pour lire du long.

J'ai chopé le Krasznahorkai ce midi. J'aime l'idée du roman déjà.

Message édité le 07 décembre 2024 à 21:07:40 par --G--
Lawliet_returns
Lawliet_returns
Niveau 14
08 décembre 2024 à 22:34:16

Pour moi cette année ça aura été 2666 de Bolano. Gobé en deux semaines, ce qui pour votre humble serviteur est un rythme hard pour une bête de 1000p.

Ressenti très particulier, déception sur le climax sur lequel je plaçais quelques attentes d'une part. Et d'autre part l'impression que cette fameuse partie sur les crimes m'a fortement marqué et rappelle le tout comme une tornade. Je saurais pas en dire plus, ressenti complexe.

Mais vaut vraiment la peine de s'y pencher. Décidément j'arriverais pas à en parler plus autrement que si je me pose et dissèque le truc sur un après midi, c'est de ce genre là.

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