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La bouclowicz
Par contre quelle traduction pour Markowicz ?
Le 13 novembre 2020 à 17:27:38 -Zemmour- a écrit :
Par contre quelle traduction pour Markowicz ?
Dosto
C'est vraiment mieux Markowicz?
Pourquoi ? ![]()
Les trad. Pléiade (Folio poche) sont à privilégier. La langue de Markowicz est une horreur. Ce n'est pas du Français qu'il écrit, c'est du charabia russe francisé. (Et on emmerde bien les puristes de la "littéralité".)
Par contre, j'adore l'écouter parler de son amour pour Dostoïevski, son parcours de traducteur etc. Il est passionnant. Ecoutez les podcasts sur "la librairie du globe". Mais le problème n'est pas là.
De plus, les deux volumes à acheter séparément pour les gros romans de Dosto chez Babel, c'est niet. Et les méga tomes "œuvres romanesques" sont imprimées sur du papier à cigarette, ce qui est insultant.
Le 13 novembre 2020 à 23:40:13 Preraphaelites a écrit :
Les trad. Pléiade (Folio poche) sont à privilégier.
https://youtu.be/caXgpo5Ezo4
Le 13 novembre 2020 à 19:06:13 Anansix a écrit :
C'est vraiment mieux Markowicz?
Oui, son texte est vivant et plus proche du style d’écriture de Dostoïevski que les autres traductions.
Le 13 novembre 2020 à 23:46:28 Preraphaelites a écrit :
De plus, les deux volumes à acheter séparément pour les gros romans de Dosto chez Babel, c'est niet.
La qualité a un prix. L’avantage c’est que ce n’est pas écrit en petit, ce qui est confortable pendant la lecture; et le papier est de très bonne qualité. J’imagine pas l’épaisseur et le poids d’un crime et châtiment ou frères karamzov en un seul tome.
Arrêtons un peu avec ce lieu commun du style.
On ne peut jamais retranscrire entièrement le "style" d'un écrivain en le traduisant. Ou alors on charcute la langue, on la triture. Vous avez déjà essayé de lire L. F. Céline en Anglais ? (Je déconseille l'exercice). Si on veut vraiment lire Dostoïevski dans le texte, on le lit en Russe, fin de la polémique.
En revanche, si on veut suivre le roman, alors autant le lire dans une belle langue "académique", dirons les mauvaises langues.
Il me suffit de quelques extraits pour convaincre, et toutes les traductions du 20ème siècle de Dosto sont plus belles, plus lisibles, tout en ayant cette syntaxe singulière et cette impression d'écrits dans la hâte qu'était sa prose que les traductions modernes et tarabiscotées de Markowicz.
Le choix des mots de Markowicz n'est souvent pas judicieux, il abuse de virgules, de vulgarité, de répétitions, de hachage, tournures incompréhensibles et inélégantes, autant d'erreurs qui en Français ne passent pas.
Je connais les arguments de la défense : "Mais c'est comme ça que Dostoïevski écrivait vraiment", oui bien. Ce qui marche en Russe, ne fonctionne pas nécessairement en Français. Bien sûr, sa tentative était louable, mais c'était une tentative et pour moi elle restera ratée.
Enfin, Markowicz qui s'est fait "un nom" médiatique, tout personnage sympathique qu'il puisse être au demeurant, n'a pas hésité à dire que ses prédécesseurs n'avaient rien compris, que c'était lui qui avait capté l'essence de l'écriture Dostoïevskienne, pour finir par avouer que quand il lisait le texte Russe et qu'il le comparait à sa trad. française, il ne pouvait qu'être dépité. On comprend aisément pourquoi.
Maintenant, citons quelques exemples car Markowicz a vraiment ses "fidèles". Jugez-en :
« Avec mes pendants d’oreilles, je cours chez Zaliojev ; voilà, mon vieux, c’est ça et ça, on va chez Nastassia Filippovna. On y va donc. ».
« Et il sent en lui-même que, même si c’est fou, ce qu’il demande, si ça n’a aucun sens, c’est justement comme ça qu’il a envie de le demander, c’est comme ça, justement, qu’il faut le demander. Et ce qu’il sent encore, c’est comment, dans son cœur, ce qui se soulève c’est une espèce d’attendrissement comme il n’en a encore jamais connu, il a envie de pleurer, il a envie de faire à tous quelque chose pour qu’il ne pleure plus, le petiot, qu’elle ne pleure plus, la mère noire, desséchée du petiot, qu’il n’y ait plus de larmes du tout à compter de cette minute chez personne et de le faire, ça, tout de suite, tout de suite, sans attendre, et quoiqu’il puisse y avoir, avec tout la fougue irrefrénée des Karamazov.»
Alors de deux choses l'une ; soit Markowicz se moque de nous, ce farceur, soit Dostoïevski écrivait comme un cul, ce qui est une autre possibilité. Mais en attendant les gars, on veut lire en Français.
(Naturellement vous êtes tout à fait dans votre droit de préférer lire Dostoïevski dans la cacophonie ambiante de Markoko, ou plutôt, Dostoïevski tel que Marko se l'imagine traduit en Français, ou encore tel que les slogans vous ont conditionné dans la traduction qui serait la "plus fidèle au Russe que possible"(sic) et qui n'est en définitive jamais un critère ultime).

Le 14 novembre 2020 à 02:49:21 Preraphaelites a écrit :
On ne peut jamais retranscrire entièrement le "style" d'un écrivain en le traduisant.
Non mais la traduction peut lui être plus ou moins fidèle, et dans ce cas le style de la trad de Markowicz est plus fidèle que les styles des autres traductions.
Si on veut vraiment lire Dostoïevski dans le texte, on le lit en Russe, fin de la polémique.
Alors quoi, tous les romans écrits en d'autres langues que le français doivent être dénuées de l'essence du style original ? Tous les romans anglais, russes, japonais, italiens etc, tous doivent se ressembler en traduction française car si tu veux l'original t'apprends la langue ? Soyons sérieux. De plus, le français est une langue si riche qu'elle peut, il me semble, reproduire assez fidèlement les autres langues à l'écrit (sans le reproduire totalement bien sûr, mais là, je n'apprends rien à personne). Ne pas tenter de retranscrire le style d'un auteur parce que ce ne sera jamais comme dans la langue originale, c'est se priver d'une chance inestimable que nous offre notre chère langue.
toutes les traductions du 20ème siècle de Dosto sont plus belles,
https://youtu.be/caXgpo5Ezo4
plus lisibles
Oui, mais quelle importance. Je t'apporte une dissert écrite par un lycéen et un extrait d'un roman d'un grand auteur français du XIXème siècle, lequel sera le plus lisible ? La dissert du lycéen. Est-ce que, donc, le lycéen écrit mieux qu'un grand auteur français du XIXème ? Non. Les autres traducteurs de Dosto sont le lycéen, Markowicz est le grand auteur fr du XIXème siècle.
Le choix des mots de Markowicz n'est souvent pas judicieux, il abuse de virgules, de vulgarité, de répétitions, de hachage, tournures incompréhensibles et inélégantes, autant d'erreurs qui en Français ne passent pas.
Apparemment si. "Qui sait évoquer écrit bien, fût-il parfois oublieux des traditions grammaticales, ou bien adversaire de leur cohérence. Enfin le style c'est, avec l'euphonie, l'abondance du vocabulaire qui multiplie dans la phrase, les sensations, qui la remplit d'images suggestives, qui ouvre, de toutes parts, mille perspectives à la songerie du lecteur." Paul Adam. Si ça ce n'est pas exactement ce que tu reproches à Markowicz.
Je connais les arguments de la défense : "Mais c'est comme ça que Dostoïevski écrivait vraiment", oui bien. Ce qui marche en Russe, ne fonctionne pas nécessairement en Français.
Apparemment si.
pour finir par avouer que quand il lisait le texte Russe et qu'il le comparait à sa trad. française, il ne pouvait qu'être dépité. On comprend aisément pourquoi.
Parce qu'il est tellement épris par sa volonté d'offrir aux Français un texte identique à celui de Dosto (ce qui est, comme tu l'as dit, impossible) qu'il ne peut qu'être déçu. Là où tu vois un échec de sa part, moi je vois une passion intense. André Markowicz pourrait être un personnage d'un roman de Dosto.
« Et il sent en lui-même que, même si c’est fou, ce qu’il demande, si ça n’a aucun sens, c’est justement comme ça qu’il a envie de le demander, c’est comme ça, justement, qu’il faut le demander. Et ce qu’il sent encore, c’est comment, dans son cœur, ce qui se soulève c’est une espèce d’attendrissement comme il n’en a encore jamais connu, il a envie de pleurer, il a envie de faire à tous quelque chose pour qu’il ne pleure plus, le petiot, qu’elle ne pleure plus, la mère noire, desséchée du petiot, qu’il n’y ait plus de larmes du tout à compter de cette minute chez personne et de le faire, ça, tout de suite, tout de suite, sans attendre, et quoiqu’il puisse y avoir, avec tout la fougue irrefrénée des Karamazov.»
Merci de partager ce magnifique extrait qui prouve encore une fois à quel point Markowicz manie avec habileté la langue française
. Tu viens d'égayer ma journée.
Je suis curieux de voir à quoi ressemble cet extrait dans une autre traduction, si quelqu'un veut bien nous le partager qu'on rigole un peu.
soit Markowicz se moque de nous
C'est plutôt toi qui te fous du monde à prétendre que des traductions fades, sans saveur, sans un grain de folie, toujours droites dans leurs bottes, sont meilleures que celle de Markowicz. 
Mais en attendant les gars, on veut lire en Français.
On veut lire en français, mais le plus beau français possible, et la plus belle traduction de Dosto, c'est celle de Markowicz, alors on lit la traduction de Markowicz aux éditions Actes-Sud.
Il est faux de dire des anciennes traductions qu'elles sont "sans saveur" et "sans un grain de folie". C'est faux et les textes en attestent, sont sans équivoque sur la question. On retrouve derrière le français correct des précédents traducteurs, la folie et la passion proprement Russe, les déclarations foudroyantes, les errances mentales, les doutes, la hâte etc. que ce soit avec Mongault, Ergaz et les autres. Markowicz vous a envoûté à tel point que vous faites du révisionnisme... Il a réussi à vous faire croire que rien de tout ça n'était présent et que lui seul avait retranscrit l'écriture si particulière du Russe.
Or, les choix de Markowicz sont systématiquement contestables, y compris dans son approche de fidélité littérale. Je le répète, mais la fidélité fanatique à un texte original n'est de toute façon pas LE critère par excellence. Et les traducteurs des poètes le savent bien.
Il est très difficile de lire le travail de Markowicz traduisant Dosto sur plus de deux pages sans relire ses phrases tant les constructions de celles-ci sont inutilement alambiquées.
Je ne crache pas sur Marko pour mon fin plaisir, car sa traduction en vers d'Eugène Onéguine est un tour de force, une impossibilité rendue possible et chacun devrait la lire. Sur Tchekov également je ne remets pas en cause son français. Mais je ne veux rien savoir de son interprétation de Dostoïevski.
Après, c'est évidemment une question de sensibilité, alors comparez les versions – pour l'OP ; feuillette les différentes traductions en librairie –, et faites-vous votre propre avis. Pour ma part, j'ai fait ma recommandation.
Pour les suivants, car comme Marlow et quelqu'un d'autre l'ont fait remarquer, c'est une question si récurrente sur le forum qu'on pourrait croire à un canular organisé par un troll. Faites une petite recherche la prochaine fois, car c'est probablement la dernière fois que je m'exprimerai sur le sujet.
Merci pour tes réponses Préraphaélites (et les autres).
Du coup je pense que je vais plutôt me diriger vers les Pléiade, j'achèterai ptet une de ces petits romans chez Actes Sud pour tester quand même ![]()
De toute façon le format chez Actes Sud est vraiment pas top pour les gros bouquins, que ce soit les poches qui sont agréables à lire mais vraiment beaucoup trop épais. Et pour les Thésaurus, en ce moment je lis les œuvres de Svetlana Alexievitch dans cette édition et je suis vraiment pas fan de la prise en main ![]()
Je déconseille de lire Céline en français perso
J'ai un bon niveau en russe et j'affirme haut et fort que Markowicz est infiniment supérieur aux autres (pour avoir comparé les différentes traductions), faut vraiment être un cuistre qui ne connaît rien à la langue russe (ou n'a rien à faire du travail de l'écrivain) pour préférer les hérésies des autres traducteurs qui "francisent" des textes et modifient la réalité au travail admirable de Markowicz qui arrive à rendre en grande partie les mots de Dosto.
No offense mais j'ai plutôt l'impression que tu essayes de te rassurer sur ton achat des pléiades Preraphaelites
, n'induis pas les autres en erreur.
Mais du coup tu considères que ton niveau en russe est supérieur à celui des autres traducteurs de Dosto? ![]()
J'ai du mal à comprendre ça, logiquement si les gars ont pu publier leurs traductions dans des éditions reconnues, c'est qu'ils avaient un minimum de crédibilité non? ![]()
La traduction est un art complexe, ça se résume pas uniquement à une maîtrise de la langue, il y a un feeling du texte qui très différent d'un traducteur à l'autre, et une conception de la traduction qui varie également beaucoup.
Dans le cas de Dostoïevski (et de beaucoup d'autres écrivains j'imagine), les traducteurs, peut-être par peur, peut-être par goût, peuvent être tentés de lisser le texte, de le rendre plus lisible. Ce genre de parti pris ça se décèle très rapidement, même sans maîtriser parfaitement la langue. D'ailleurs en lisant des éditions bilingues dans des langues qu'on maîtrise plus ou moins on se prend rapidement au jeu du "ah tiens, j'aurais pas traduit comme ça, intéressant". C'est un exercice assez amusant et stimulant, je recommande.