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Liste des sujets

Comprendre le terrorisme

zegatt
zegatt
Niveau 8
18 novembre 2015 à 05:40:23

Je ne suis pas d'accord avec Krazmer sur l'idée de se détourner de nos contemporains. Du moins, pas avec l'écrit.
Avec les autres médias, je suis plutôt d'accord, en particulier la télévision (qui, on ne le répète jamais assez), promeut une idéologie de la phrase choc et de la pensée minute.

Bref, ayant lu pas mal de documents sur la question du terrorisme et des évènements qui nous touchent depuis janvier, si je peux suggérer quelques pistes :

- Pour comprendre le fanatisme au sein de l'Islam, le livre "La maladie de l'islam" par Abdelwahab Meddeb, écrit quelques mois après le 11 septembre 2001, est juste fascinant. Un tour d'horizon depuis la naissance de l'islam et de ses variantes, de ses dérives, de ses forces, de son intelligence et de ses erreurs. C'est à mi-chemin entre théologie et histoire et plutôt pointu, mais l'éclairage qu'apporte Meddeb est fascinant.

- "Radicalisation" de Farhad Khrosrokhavar, publié quelques semaines avant les attaques de janvier. Autre ouvrage universitaire plutôt pointu, mais essentiel pour comprendre la situation aujourd'hui en France, les erreurs commises par le gouvernement, mais aussi ce qui a fonctionné, et ce à quoi nous faisons face.

- "Qui est Charlie ?" ; si l'analyse d'Emmanuel Todd est discutable sur pas mal de points, je pense qu'elle mérite néanmoins le détour.
Attention toutefois : la radio ou la télé ont présenté l'ouvrage comme un banal texte journalistique alors qu'il s'agit bel et bien de sociologie. Surtout ne pas se fier à la majorité des critiques qui ont écorché Todd par une lecture hâtive et faussée.

- "Plaidoyer pour la fraternité" d'Abdennour Bidar a quelques idées intéressantes, mais globalement assez pauvre je trouve...
Même topo pour "Place de la République" d'Abd al Malik que j'ai trouvé très limité dans sa réflexion, voire un peu trop fourre-tout, tendant à faire des amalgames discutables.

- "Lettre aux escrocs de l'islamophobie..." de Charb' (Stéphane Charbonnier) souligne de très bons points. Un peu court, mais d'autant plus fort qu'il rend l'attaque sur Charlie Hebdo encore un peu plus absurde qu'elle ne l'est déjà...

- Patrick Boucheron et Mathieu Riboulet, "Prendre dates", probablement le texte le plus simple et le plus pertinent sur les évènements de janvier.
Il n'apporte aucune réponse, se contente de survoler les jours du 6 au 14 janvier, mais couvre probablement les questions les plus essentielles qui doivent se poser face aux attentats.

W_Wenders
W_Wenders
Niveau 10
18 novembre 2015 à 13:09:11

Le 17 novembre 2015 à 23:06:40 JorgeLuisBorges a écrit :
Les croisades n'ont rien à faire avec le fait religieux, à l'exception bien sûr de celle de Pierre l'ermite avec les résultats qu'on connait, qui n'est d'ailleurs même pas une "vraie" croisade au sens de ce que l'historiographie aura retenu.

C'est une conquête économique, territoriale tout ce qu'il y a de plus basique d'une noblesse en déliquescence foncière du fait du manque de place.

Je ne vois pas le rapport entre ce que j'ai dis ce que tu avances. Le fait que les croisades n'aient pas eu un but spirituel n'a aucun impact sur la façon dont elles ont été menées, c'est à dire par la noblesse et l'Eglise catholique, décidées les bulles papales d'Urbain 2 etc. La dimension sociologique du religieux ne peut pas être niée même si elle est en contradiction avec la dimension spirituelle de la religion, profondément intemporelle. Surtout au Moyen Âge ou le religieux est le politique.

Le même islam qui sert de prétexte au djihad contemporain a pu servir de base à la civilisation arabo-andalouse.

JorgeLuisBorges
JorgeLuisBorges
Niveau 10
18 novembre 2015 à 13:16:28

Ce que t'appelles la dimension sociologique ne relève justement pas du domaine du religieux. Je peux reformuler ça en te faisant remarquer qu'il ne suffit pas qu'un (pseudo-)chrétien produise une action ou une pensée pour que cette dernière soit rattachable de facto au christianisme. Je suis même pas en désaccord de fond avec toi, mais t'emploies une terminologie imprécise aux effets pervers. Cf d'ailleurs la dernière phrase de ton post qui constitue un raccourci outrancier employé par absolument tout le monde pour critiquer l'Islam en tant que pensée conceptuelle.

JorgeLuisBorges
JorgeLuisBorges
Niveau 10
18 novembre 2015 à 13:23:04

D'ailleurs le fait de mêler la politique à la religion est bibliquement défendu.

Bidium
Bidium
Niveau 9
18 novembre 2015 à 15:51:04

Explication de l'islam :d)

L'islam apparait au 6ème siècle. Cette religion n'émane pas du néant, mais puise ses racines dans des influences judaiques et ebioniste (mouvement judéo-chrétien). Il y a 4 écoles juridique dans l'isam sunnite :d)

- L'école de Abu Hanifa (Pays turcophones)
- L'école de Shafii (Egypte, Malaisie entre autres)
- L'école de Malik (Maghreb par exemple)
- L'école de Amhed ibn Hanbal (Qatar, Koweit, Arabie saoudite)

Et l'université islamique Al Azhar reconnait le Mutazilisme (ce mouvement reconnait le libre arbitre et est très mal vu par l'islam orthodoxe).

Tout ce qui n'appartient pas à l'islam est considéré comme une innovation (bid'a). Le respect des 5 piliers de l'islam est primorial. La shahada (témoignage, profession de foi), la salat (les 5 prières hebdomadaires), la zakat (l'impot religieux), le jeune du mois de ramadan, le Haj (pèlerinage).

Les textes scripturaires de l'islam sont premièrement le Coran, puis vient la Sunna (tradition prophétique, meme si le terme tradition n'est pas très adéquat) composé de hadith (faits et dires et vie de Mahomet).. Les collecteurs de Hadith les plus connus sont Bukhari et Muslim (Il y'en a d'autres comme Abu dawoud ou termidhi). Ces 2 textes et l'interprétation des Salaf Salih (pieux prédécesseurs) font autorité. Cependant c'est là qu'interviennent les savants pour faire une exegese (tafsir) du texte coranique et de la sunna. Vis-à-vis du Coran, on "pourrait", le diviser en 2 parties : Les sourates mecquoises (origine de l'islam et persecution vis-à-vis de cette nouvelle religion, donc Dieu appelle à la patience, à la bienveillance vis-à-vis des polythéistes arabes et des tribus juives) et les sourates médinoises (belliqueuse, militariste). Car Mahomet partira de la Mecque pour faire l'hégire vers Yathribe (qui s'appellera plus tard Médine) où il établira son califat.

Concernant les livres intéressants pour comprendre l'apparition de l'islam, la vie de Mahomet et le système de transmissions des hadiths, il y a deux livres d'une importance capitale :d)

- "Mahomet" de Maxime Rodinson (orientaliste et historien marxiste)
- "Les fondations de l'islam : entre écriture et histoire" d'Alfred-Louis de Prémare (Orientaliste)

Krazmer
Krazmer
Niveau 10
18 novembre 2015 à 18:05:20

Merci pour cette contribution Bidium, c'est très instructif.

Zegatt je te remercie aussi de proposer des lectures. En revanche j'ai du mal à comprendre pourquoi tu reconnais avec moi qu'il convient de se prémunir face aux discours des media, mais que tu accordes une exception au medium littéraire ? Qu'est-ce qui le rendrait moins nocif que la télévision ?

zegatt
zegatt
Niveau 8
18 novembre 2015 à 20:08:20

@ Krazmer

Avant tout parce qu'il est mille fois plus large que la radio ou la télé.
Que, au milieu de bouses et de raccourcis lamentables, de nombreuses publications (souvent liées à leurs maisons d'édition respectives) propose un travail d'une sacrée bonne qualité.
Et puis, comme je le disais plus haut, un livre, c'est long. Contrairement à la télévision, ça prend le temps d'étaler ses idées, ses raisonnements, et l'auteur n'est pas coincé dans une démarche de phrase percutante à sortir à tout prix dans un temps limité.

Krazmer
Krazmer
Niveau 10
18 novembre 2015 à 20:29:24

Effectivement les contraintes de la télévision et du livre sont différentes ; il me semble néanmions que ces deux média sont tous les deux contraints. On ne raconte pas ce qu'on veut dans un livre, on y met des formes, on respecte des contraintes éditoriales et commerciales.

Toutes les critiques que tu fais à la télévision : bouses et raccourcis lamentables, promotion de l'idéologie et de la phrase choc, de la pensée minute, je ne peux pas m'empêcher de penser qu'on les retrouve aussi dans les livres.

Alors oui les contraintes sont différentes, et l'auteur peut prendre le temps de développer ses idées, ses raisonnements. Mais si tout ça c'est pourri à la racine, vicié, ou déjà prêt à consommer, est-ce que c'est véritablement différent de la pensée minute que tu dénonces à la télévision ?

La démarche percutante ou la phrase choc, c'est quand même un peu le fondement d'un propos, à la télévision ils ont leur technique, les auteurs ont leur rhétorique. Qu'il soit oral ou écrit, le discours veut être écouté, aussi qu'on s'en souvienne, à la télé comme dans un livre.

W_Wenders
W_Wenders
Niveau 10
19 novembre 2015 à 17:35:10

Le 18 novembre 2015 à 13:16:28 JorgeLuisBorges a écrit :
Ce que t'appelles la dimension sociologique ne relève justement pas du domaine du religieux. Je peux reformuler ça en te faisant remarquer qu'il ne suffit pas qu'un (pseudo-)chrétien produise une action ou une pensée pour que cette dernière soit rattachable de facto au christianisme. Je suis même pas en désaccord de fond avec toi, mais t'emploies une terminologie imprécise aux effets pervers. Cf d'ailleurs la dernière phrase de ton post qui constitue un raccourci outrancier employé par absolument tout le monde pour critiquer l'Islam en tant que pensée conceptuelle.

Euh c'est sûr que rappeler que l'islam c'est aussi le monde arabo-andalouse c'est un raccourci dégradant...
Je ne dit pas que l'action d'un musulman est l'Islam, parce que l'islam a un caractère intemporel propre à toute religion. (Enfin, je parlais du Pape, qui est le chef de l'Eglise, Eglise qui occupe une place centrale dans le crédo catholique, donc bon.)

Cependant, analyser une religion, qui est lien entre les hommes autant qu'avec Dieu, en omettant l'esprit des hommes du siècle, me parait absurde. Bien que je conçoive totalement que tu sois en désaccord avec cette affirmation, pour moi, seuls de rares mystiques vivent une religion en étant uniquement liés à Dieu, et donc le caractère sociétal de la religion n'est pas à séparer du mysticisme.

JorgeLuisBorges
JorgeLuisBorges
Niveau 10
19 novembre 2015 à 20:11:30

Tu pars plus loin que moi, c'est pas le problème. Ce que je te dis c'est qu'est religieux un comportement social défini par les Textes comme étant la bonne manière de mener la communauté. En-dehors de ça, c'est une dérive liée aux vices des hommes et qui n'a pas lieu d'être rattachée au reste.

W_Wenders
W_Wenders
Niveau 10
19 novembre 2015 à 20:46:32

Oui mais la Lettre ne vit pas sans l'homme qui l'interprète et qui la concrétise à sa manière.
Mais je ne pense pas que tu puisses accepter mon matérialisme :hap:

Message édité le 19 novembre 2015 à 20:48:08 par W_Wenders
JorgeLuisBorges
JorgeLuisBorges
Niveau 10
19 novembre 2015 à 20:48:45

Ce n'est pas exact dans le cadre que j'évoque. Toutes les religions dont je parle ont, ne serait-ce que de manière embryonnaire, une orthodoxie.

C'est pas un problème de ce que j'accepte ou pas, c'est pas un choix que je fais personnellement mais si c'est le tien c'est ton problème. Après faut voir comment on procède à une description exacte du fait religieux. Qu'on en partage la foi ou pas.

Message édité le 19 novembre 2015 à 20:49:41 par JorgeLuisBorges
W_Wenders
W_Wenders
Niveau 10
19 novembre 2015 à 20:56:24

Ça me parait compliqué de déclarer que telle foi est orthodoxe et que telle autre ne l'est pas. Le non orthodoxe se défendra toujours pour déclarer que c'est l'accusateur le non orthodoxe, parce qu'il interprète trop au pied de la lettre ce qui est poétique, ou qu'il confère un aspect poétique à quelque chose à prendre au pied de la lettre.

Ptittxete
Ptittxete
Niveau 8
19 novembre 2015 à 21:58:24

Le 19 novembre 2015 à 20:56:24 W_Wenders a écrit :
Ça me parait compliqué de déclarer que telle foi est orthodoxe et que telle autre ne l'est pas. Le non orthodoxe se défendra toujours pour déclarer que c'est l'accusateur le non orthodoxe, parce qu'il interprète trop au pied de la lettre ce qui est poétique, ou qu'il confère un aspect poétique à quelque chose à prendre au pied de la lettre.

Ouais, mais non, ce n’est pas comme ça que marche l'hétérodoxie et l'orthodoxie. Là tu parles de dissension entre les niveaux d'interprétations, ce n'est pas ça qui rend hétérodoxe, celà peut rendre hétérétique à la limite si celà touche des points de foi, c'est le rejet de certains principes d'appartenance à une religion qui rend hétérodoxe. L'Église catholique romaine, par exemple, est la plus vieille institution donc c'est elle qui choisit si cela est orthodoxe ou pas.

Bidium
Bidium
Niveau 9
19 novembre 2015 à 22:22:22

Selon moi, dans les ramifications chrétiennes que sont l'orthodoxie, le catholicisme et le protestantisme (j'ignore volontairement l'anglicanisme qui est née de la frustration d'un homme, en l’occurrence, Henri 8 me semble-t-il).

Je note que le catholicisme et encore plus l'orthodoxie sont des interprétations ésotériques, mystiques, allégorique de la Bible. Sans parler de l'importance de la Tradition.

Tandis que dans le protestantisme, il y a le concept de sola scriptura, l’Écriture seule importe et donc parfois du littéralisme. Ce qui provoque toutes les ramifications propres au protestantisme. On se retrouve donc avec des luthériens, des calvinistes, des évangéliques, des baptistes, pentecotistes etc...

Ptittxete
Ptittxete
Niveau 8
19 novembre 2015 à 22:52:20

Le 19 novembre 2015 à 22:22:22 Bidium a écrit :
Selon moi, dans les ramifications chrétiennes que sont l'orthodoxie, le catholicisme et le protestantisme (j'ignore volontairement l'anglicanisme qui est née de la frustration d'un homme, en l’occurrence, Henri 8 me semble-t-il).

Je note que le catholicisme et encore plus l'orthodoxie sont des interprétations ésotériques, mystiques, allégorique de la Bible. Sans parler de l'importance de la Tradition.

Désolé, mais les interprétations ésotériques du catholiscime ne sont pas (ou plus) possibles, puisque l'Église catholique refuse l'initiation, c’est-à-dire une hiérarchisation du savoir entre les croyants lambda et une élite.

Pour la mystique, cela reste une pratique purement exotérique dans le catholicisme, c’est-à-dire un sentimentalisme propre à l'accomplissement personnel et à l'individu propre. Et pour l'allégorie, vu que le symbolisme n’est plus vraiment reconnu par l'église, il en reste un exotérisme, vu que la Tradition n’existe plus vraiment à son état véritable.

Tandis que dans le protestantisme, il y a le concept de sola scriptura, l’Écriture seule importe et donc parfois du littéralisme. Ce qui provoque toutes les ramifications propres au protestantisme. On se retrouve donc avec des luthériens, des calvinistes, des évangéliques, des baptistes, pentecotistes etc...

Oui, c'est pour ça que le protestantisme s'apparente plus à une morale qu'à une religion totale.

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