C'est de la tragédie, si j'avais à comparer à un français (et je m'y connais mal en théâtre) ça serait plus Racine que Molière. Je n'irais pas dire qu'il ne cherche pas son inspiration dans les mœurs humaines (et là encore, je m'y connais mal) mais il semble avoir une portée plus artistique et tragique, comparé à Molière qui met très clairement en avant sa satire et donc ses critiques.
Justement, Shakespeare a aussi tâté, et c'est plus qu'anecdotique, de la comédie. Aujourd'hui ses tragédies sont plus mises en avant, mais c'est autant un auteur comique que tragique. Et dans les comédies, il est souvent difficile de ne pas voir une satire des moeurs sociales ; par exemple dans La nuit des rois, une réflexion sur les rapports genrés.
Les tragédies et les histoires sont elles moins axées sur la représentation des moeurs, certes, et se penchent plutôt sur "le bruit et la fureur", sur l'orage de l'homme et du pouvoir ; mais la question de syphax nécessite, même là, une réponse plus nuancée quand on voit que, bien souvent, même au tragique le plus évident s'ajoute de la bouffonnerie, du grotesque (cf. par exemple Le Roi Lear). C'est même un topos de la critique shakespearienne que le mélange des genres, je n'apprends sans doute rien à personne. Le plus compliqué, c'est la valeur à donner à ces interludes comiques, déterminer lesquels ressortent simplement du comic relief, si l'on peut dire, et lesquels ont un sens plus profond, et qualifier ce dernier s'il est présent.
En ce qui concerne la langue, je me permets de m'étonner moi aussi, l'anglais de Shakespeare est tout à fait compréhensible quand on parle l'anglais contemporain, une fois les premières lignes lues le pli est pris.
Message édité le 19 février 2016 à 20:13:51 par fatalpicard3