Suite.
L'odeur est nauséabonde. L'ambiance est pesante. Lève toi...
Je suis exténué. Je dors sur un matelas a même le sol, recouvert de sang, de pisse, peut être même de merde. Dans ce garage délabré, a côté de mes amis raiders, morts la veille. J'avais besoin de cet endroit. Eux aussi. Mais même s'ils avaient pu s'en passer, ils auraient essayé de me tuer. L'endroit est humide, puant... sans même de quoi manger. Et pourtant, je me suis battu pour l'avoir. A l'époque, dans l'ancien monde, même un mendiant n'aurait pu ne serait-ce que songer a dormir ici. Mais maintenant, la survie a pris le dessus sur la raison. Les gens se préoccupaient de leur apparence, de leur classe sociale, de l'image qu'ils renvoyaient. Maintenant, leur seule raison d'être est la survie. Mais, même après une guerre nucléaire ayant fait des milliards de morts... certains individus ont créé leurs communautés. Ainsi ils peuvent se remettre a parader, a baiser, a discuter... l'homme n'oublie jamais le Pouvoir.
La nature humaine est fascinante... et affligeante.
Amanda est dans le coin de la pièce, à côté du comptoir, le regard tourné vers les cadavres. Elle me reproche ce que j'ai fait.
Je sais qu'elle n'est pas la. Elle est morte. Ce qui est devant moi, c'est ma culpabilité. Elle est pourtant si réelle... elle persiste, je sais qu'elle n'est pas la, mais je n'arrive pas a détourner le regard... ce qui est créé par l'esprit est plus réel que la matière.
Charles Baudelaire a un jour dit : "Il faut être toujours ivre. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules, il faut s’enivrer sans trêve. De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous !"
Je suis enivré par la mélancolie... et pourtant, le temps me paraît si long... deux cent ans... plus de deux cent ans que les bombes ont été lâchées et je m'en souvient encore...
J'ouvre la porte du garage. Tempête de sable. Je ne veux pas rester dans cet endroit. J'affronterai la tempête, comme j'ai affronté le souffle des bombes et la colère de dieu. Je dois me couvrir le visage pour que le sable ne s'infiltre pas dans mes narines, m'empêchant ainsi de respirer. Je ne vois rien a un mètre devant moi. Marcher est difficile, comme si je marchais sous l'eau... et les bruits sont couverts par la tempête. Je ne sais pas ou je vais. N'importe ou fera l'affaire. J'aperçois une masse noire au loin, mais elle disparait aussitôt. Sûrement un super mutant. Je ne continuerai pas par la, impossible de savoir si je ne vais pas tomber dans une embuscade. Je vais vers l'est.
12 janvier 2076, Phoenix, Arizona.
"Hum, monsieur Connor... on m'a signalé que vous n'avez toujours pas rédigé d'article sur l'armement de la chine et les probabilité de guerre...
-Foutaises. On ne sait même pas d'ou viennent ces armes ni même si la chine les détiens vraiment, tout ceci n'est que spéculation. La chine ne laisserait jamais fuiter d'informations sur leurs armements. D'abord, nous ferions mieux de nous occuper de nous plutôt que de l'adversaire, notre pays est en train de couler, et c'est de notre faute.
-Comment osez vous ! je suis le directeur des publications, je suis votre supérieur, devrais je vous le rappeler, monsieur Connor ?
Ce connard me prend de haut. Je serre mon stylo.
-Je ne vous donne que mon avis, monsieur le directeur. Dans tout les cas, moi, je ne rédigerai pas cet article.
-Je sais bien que votre femme et votre fils vous ont quittés pour votre incapacité, mais si vous ne voulez pas vous retrouver a la rue, vous feriez mieux de m'obéir !!!"
Deux secondes. En deux secondes, "monsieur le directeur" se retrouve avec un crayon en travers de la gorge. Il s'écroule au sol, les yeux pleins d'étonnement. Il essaie de crier, mais il n'émet que des gargouillis ignobles, se noyant dans son propre sang. Je me penche vers lui.
"On dirait bien que je vais me retrouver a la rue."