Comme déjà dit, on peut distinguer trois hypothèses :
Erreur de copiste, mais aucun manuscrit ne le suggère
Erreur de saint Étienne dans les circonstances tragiques n'expliquant que trop une défaillance de mémoire dans l'improvisation, mais une erreur aussi grossière, le sanhédrin ne l'eut pas toléré sans protestation ; parlant sous l'influence de l'Esprit-Saint, il ne faut pas manquer de distinguer dans ce cas l'inspiration oratoire, que les théologiens assimilent à l'assistance par laquelle l'Église est préservée d'erreurs dans ses définitions dogmatiques, de l'inspiration scripturaire proprement dite qui rend Dieu auteur de tout le contenu de la Bible.
Saint Étienne ne fait allusion ni à l'achat de la grotte de Mambré par Abraham (Gen., XXIII), ni à celui d'un champ à Sichem par Jacob (Gen., XXXIII), mais à une acquisition distincte, qui avait eu lieu à Sichem et dont l'auteur avait été réellement le père des croyants. Cette conjecture est d'autant plus vraisemblable, qu'Abraham résida quelques temps à Sichem, et qu'il y érigea même un autel au Seigneur (Gen., XII, 6-7) ; or, il est peu probable qu'il ait construit cet autel, chose si sacrée pour lui, sur un terrain étranger, où il aurait pu être bientôt profané et détruit. Il est vrai que l'Ancien Testament ne dit rien de cet achat ; mais saint Étienne l'aura connu, comme plusieurs des détails qui précèdent, grâce à la tradition. (FILLION & PIROT-CLAMER)