Et voilà enfin la suite
!
Le troisième cri qui avait ôté tout bonheur aux aventuriers avait lui aussi cessé, mais ils restaient tous allongés parterre, n’ayant même plus l’envie de fuir, de se lever et essayer d’échapper à ces cris horribles, qui les paralysaient, et faisaient naitre en eux un sentiment intense de tristesse et de désespoir, et après quelques minutes pendant lesquelles ils restèrent inertes, ce fut un miracle qu’Igor ait le courage de se lever, tant bien que mal, et de chercher dans son sac de voyage une potion qui les aiderait à se ressaisir.
-Buvez ça… dit-il d’une voix faible.
Il tendit à Zelda une fiole contenant une potion bleutée, et dès que Zelda eut avalé une gorgée, elle la fit passer aux autres, encore allongés, ayant abandonné tout espoir de vivre.
Alors ils se relevèrent, l’esprit lavé de toute tristesse, et Onilink utilisa un de ses pouvoirs pour protéger le groupe des cris horribles qui retentissaient depuis la forêt : l’amour de Nayru.
-Ce sont des Effrois, dit Ganondorf. Ils crient pour paralyser leurs ennemis avant de les dévorer. Des momies. Elles doivent rôder dans les ténèbres de ces montagnes.
-On est en sécurité tant que Nayru nous protège, intervint Onilink. Si ces Effrois sont redoutables, c’est avant tout grâce à leur cri. S’il est inefficace, ils ne sont plus rien.
-Cela fait des années et des années que nous n’en avions plus vu, dit Igor. A vrai dire, personne ne s’aventure encore dans ces montagnes… Je ne pensais pas que ces horribles créatures vivaient encore. Enfin, par ces temps ténébreux, plus rien ne m’étonne…
Un nouveau cri, encore plus proche que le précédent, retentit du fin fond de l’ombre, mais cette fois-ci il n’eut aucun effet sur le groupe, et il sembla ricocher sur le bouclier de Nayru.
-Ils sont peut-être inoffensifs à présent, mais cela ne les empêchera pas de nous submerger s’ils sont en grand nombre, dit Ganondorf. Quittons cet endroit maudit, en espérant que les Effrois n’aient pas adoptés comme maison toutes les montagnes du Péril…
Ils partirent alors en courant, les cris des momies les poursuivant. Mais plus ils couraient, plus ils avaient l’impression que les cris venaient de l’avant et non de l’arrière. Ils traverèrent un plateau, où l’herbe n’existait plus, remplacée par de la terre immonde qui dégageait, sous l’agression de la pluie, une odeur désagréable qui donnait l’impression de se trouver dans une benne à ordure.
Ils pénétrèrent ensuite dans une forêt encore plus dense que la première, et les arbres n’en étaient que plus menaçants, plus noirs, plus irréels, la brume cachant les plus lointains, et de ce fait le groupe s’arrêta de courir, car la vue était réduite et les obstacles nombreux.
De plus, les arbres ne les protégeaient en rien de la pluie qui s’abattait violemment sur ce décor inquiétant, car leurs branches mortes n’offraient plus aucune résistance aux gouttes d’eau qui tombaient sans relâche.
Avançant lentement, ils percevaient encore quelques cris d’Effrois, mais ils étaient lointains maintenant, et l’atmosphère semblait très calme. Trop calme d’ailleurs. Alors qu’ils contournaient une souche, ils crurent voir quelque chose bouger sur leur droite, mais essayer de distinguer quoi que ce soit au milieu de ces ténèbres était peine perdue.. Détournant leur regad, ils continuèrent leur marche difficile, puis ils la virent, grande, plus noire encore que le noir du ciel, le brouillard cachant ses véritables contours, immobile, étrange, menaçante. La même ombre qu’ils avaient vu sur la toile de la tente. Ils n’eurent par le temps de dire un mot qu’elle s’était déjà volatilisée.
-Euh… Cette chose ,là, c’était un effroi ? demanda Marth.
-Impossible, répondit Ganondorf. Les Effrois ne sont pas aussi discrets, et ils n’ont pas cette forme si… bestiale…
-Alors qu’est-ce que c’était…
Ils n’eurent pas le temps de répondre, car un cri effroyable, plus puissant encore que ceux qu’ils avaient entendus auparavant, venait de déchirer le calme qui régnait. Se retournant lentement, ils tombèrent né à né avec ce qu’ils redoutaient le plus : un Effroi se tenait immobile devant eux…