Je courais. Je courais, vite. Mon Glock me semblait de plus en plus lourd au fur et à mesure que les cadavres des terroristes recouvraient le sol. La sueur couvrait mon front et perlait en petites taches humides sur mon T-Shirt.
Je m’étais engagé dans la lutte contre le terrorisme deux jours auparavant.
L’entretien s’était passé sans mal, et puisque les postes à pourvoir étaient nombreux, je n’eus aucun mal à rentrer dans la police.
Ma première mission devait se dérouler dans un petit village abandonné, surnommé « Inferno ». Lorsque l’on m’annonca que je devais bien connaître les lieux, j’eus une idée.
Je devais me rendre sur place hors mission pour bien voir à quoi ressemblaient les lieux.
Comme à mon habitude, j’emportais sur moi le Glock qu’on m’avait filé (par sécurité), j’enfilais un T-Shirt propre, un jean, et des baskets. Je n’étais pas en tenue de combat, dans la mesure ou rien ne devait se passer.
J’enleva mon portable de son chargeur, prît mes clés, ferma mon appartement et descendit dans la rue pour monter en voiture et me rendre à Inferno.
Dans la voiture, les pensées se mélangaient dans ma tête. Une partie de moi me disait que je n’aurais pas du y aller, une autre me disais que si j’y arrivais et que je rapportais deux trois astuces, ce serait une occasion de me faire bien voir par l’équipe et par le boss. Je roulais depuis deux heures sur une petite nationale de campagne lorsqu’apparût un petit sentier en terre battue, et, sur le croisement, un panneau moisi et branlant indiquait en lettres noires « Inferno 3.9 ».
Réjoui d’être bientôt arrivé, en début d’après-midi, je pris mon portable et appelait ma femme pour lui assurer que tout allait bien, et que j’étais bien arrivé à ma réunion pour le bureau.
Sans savoir pourquoi ni comment, au fur et à mesure que je voyais la grande église d’Inferno s’approcher, mon cœur se serait. Sans savoir pourquoi, cette ville me paraissait louche. Je sentais une présence ici. On m’avait rappelé le motif de la mission. On soupçonnait des traffiquants de drogue de détenir ici suffisement de C4 pour faire sauter Paris. Personnellement, vrai ou pas, j’étais fermement décidé à y aller. Je reperais un petit coin de rue propice au parquage de ma voiture. J’éteignais le moteur et je regardais mon volant. Le signe Peugeot y était incrusté, un petit signe en forme de lion métallique. Je n’avais jamais remarqué qu’il reflettait autant la lumière.
J’ouvris la porte, vérifiais que je n’avais rien oublié sur les sièges ou dans l’habitacle et sortis. Une bouffée d’air chaud me vînt au visage, un air chaud et lourd dont je raffolais, surtout après deux heures dans l’air sec et frais de la climatisation.
Soudain, quelque chose me parut bizarre. Personne n’était censé avoir mis les pieds ici depuis plusieurs mois, et pourtant tout me paraissait propret, les plantes étaient luxuriantes et l’herbe me paraissait fraichement tondue. Ce qui était encore plus bizarre, c’est que si c’étaient réellement des terroristes qui avaient investi les lieux, ce serait vraiment les derniers bons gars à manier une tondeuse ou une serpe. J’évaporais cette idée de mon esprit et commencait à marcher dans la grande rue, relevant la moindre cachette, le moindre abri, le moindre petit détail qui pourrait tout changer durant la mission. Soudain, je remarquais un petit trou du diamètre d’un disque vynil dans le sol, qui semblait tomber quelques mètres plus bas dans une sorte d’égout. Je me retins de justesse de ne pas tomber dedans. « Merde », dis-je intérieurement.
Autour de ce trou je remarquais les contours d’une sorte de grille d’égout, ce qui confirmait largement la présence antérieure d’une bouche d’égout.
Je repris mon exploration.
Dans la ville, tout me semblait normal : personne dans les rues, les rues bien proprettes, les proprettes qu’on qualifiait de fleurs, les fleurs dans les pots, les petits pots dans les grands, etc …
Mais malgré tout le sentiment de présence qui s’épassissait en moi me perturbait. Soudain, mu par une énergie invisible, je fis volte face et repris la direction de ma voiture. Au moment ou je tournais au coin là ou elle était garée, un petit maigrichon d’environ vingt ans pointa un Desert Eagle sur moi et me dit d’une voix mal assurée : « Tu … Pas un geste ! ». Surpris par cette petite crevette armée, j’eus un mouvement de recul et trébucha sur une brique, la crevette tira une balle qui alla s’écraser bruyemment contre mon rétroviseur. Il descendit son flingue en ma direction et cria « Hé ! Les mecs ! J’ai quelqu’un ! ». Trois gros balèzes arrivèrent et me regardèrent, comme surpris. « Casses-toi », fit le plus gros à la crevette, qui s’éxécuta sans broncher. « Tu fais quoi, là ? » me fit un des trois. « Oooh, moi … euh … rien, je traînais par ici, je me baladais, ri … rien de mal quoi ! » répondis-je, d’un ton qui se voulait détaché mais me trahissait plus qu’autre chose. « Et cette plaque de flic, elle se balade, aussi ? Elle prend l’air ? » « Qu … quelle plaque ? » « Montres-moi tes papier, connard. »
Soudain, une idée me traversa l’esprit.
Non seulement j’avais une poche intérieure, mais sous mon aisselle, dans son holster, se trouvait mon Glock. Je fis mine de prendre les papiers et sortis mon Glock, tuais d’une balle dans la tête sans problème les trois mecs, et regardais, horrifié par ce que je venais de faire. Je n’eus pas le temps de m’extasier plus longtemps, la crevette arriva.
Son regard bifurqua sur moi, sur les mecs. Moi, mecs. Moi, mecs. Puis il dit : « Mais qu’est-ce que … PAW. » Il n’eut pas le temps de se poser plus de question qu’il s’en prenait une dans l’estomac. La mort dans un quart d’heure, le cœur et les poumons rongés par les sucs gastriques. Je lui prit sont Desert Eagle et rentrais dans l’immeuble pour voir si je n’avais abandonné personne. Enfin, pour tuer ceux qui restaient. Le sentiment de puissance qui s’installait en moi après avoir tué quelqu’un était indescriptible.
Je courais. Je courais, vite. Mon Glock me semblait de plus en plus lourd au fur et à mesure que les cadavres des terroristes recouvraient le sol. La sueur couvrait mon front et perlait en petites taches humides sur mon T-Shirt.
Suite dans pas longtemps
)
Americanlife ...