La fumée bloquait entièrement mon champ de vision, la grenade avait atterit quelques mètres plus loin.
Cette fois c´était sûr !
Ils étaient sur le point d´entrer !
Je tenais fermement mon arme et gardais les yeux rivés sur la porte d´accès au sous-sol...
S´il devaient emprunter ce chemin, je n´en laisserais pas passer un seul....
Des coups de feu brisaient déjà le silence, mais je ne parvenais pas à determiner leur origine...
Je m´accroupis et vissai le silencieux de mon fusil... autant mettre toutes les chances de mon côté.... et ne pas réveler immédiatement ma position.
Il y avait une dizaine de mètres entre la porte et moi..... j´étais de l´autre côté de la pièce, qui devait être, quelques heures auparavant, une sorte de salon ou de salle d´attente ...
J´étais dissimulé derrière l´angle de la porte opposée à cette entrée et j´avais une vue directe sur l´escalier menant au sous-sol....
Les échages de tir redoublaient... j´entendis dans ma radio des appels à l´aide et des demandes de renfort mais je savais que je devais rester à mon poste et couvrir cet accès...
Que se passait-il bon sang ?
Je tentais de faire abstraction des détonations pour me concentrer sur les messages radio... il n´y avait là qu´un mélange de fritures et de murmures incompréhensibles..
Soudain, un léger tintement aigu se fit entendre... "merde !"
Je n´eus que le temps de me plaquer contre la porte .. la grenade explosa à deux mètres de moi... projettant dans tous les coins de la pièce les meubles qui s´y trouvaient et brisant les vitres dans un même fracas...
Je n´étais pas blessé... je pris mon arme et visa l´encadrement de la porte ...
Deux rafales avaient suffit à descendre le premier d´entre eux.... je continuais d´arroser... ils m´avaient sûrement déjà repéré de toutes façons...
Ils restaient planqués ... ils n´osaient pas se montrer sachant que je les tenais en joue...
"Plus de munitions!".. je rechargeais mon arme et passais un appel radio: "J´ai besoin de soutien !"
Je me remis en position, le chargeur plein... et à peine avais je jettai mon regard sur la porte que je vis une grenade être lancée vers moi.. je reconnus tout de suite ce modèle... Je me levais, et tout en me cachant les yeux je me dirigeais vers la porte... Comme prévu... l´éclair ne me fis rien.. mais je n´aurais que trois secondes pour me poster avant qu´il n´entrent... je me couchais à terre près du mur à droite de l´entrée...
Je les entendit passer à côté de moi tout en canardant le coin de porte où j´étais replié quelques secondes plus tôt ... ils ne m´avaient pas vu traverser... ils étaient trois...
Les yeux à demi ouverts je les voyais traverser prudemment la pièce... "je suis derrière vous !" pensais-je... pas le temps de réflechir.. je les visais... les deux premeirs n´eurent pas le temps de réaliser.. le troisième se tourna vers moi... il avait dû comprendre pile au moment où ma balle lui transperça le front....
Trois de moins... mais combien en reste t-il?
Je ne bougeais plus .. je n´arrivais pas à croire qu´un truc aussi gonflé que faire le mort pouvait marcher avec ces mecs là... mais bon...Ils avaient beau être suréquipés... rien ne vaut l´expérience...
C´était la première fois que je prenais part à une prise d´otage.... le véritable objectif pour notre groupe était le coffre qui était planqué à cet étage... et le magot qu´il contenait...
On avait débarqué en grande pompe... les otages étaient tous enfermés dans un bureau pour qu´on puisse bosser tranquilement... on est des voleurs après tout.. pas des meurtriers...
"Plus aucune importance de toute façon... ça a foiré !"
Mais là c´était différent... quoiqu´il arrive je ne replongerais pas .. je tuerais autant de flics que nécessaires pour sortir d´ici.. et au pire, ils ne me prendraient pas vivant....
Le silence se fit... plus de coups de feu... ça ne présageait rien de bon... il y avait toute une armée dehors... les autres avaient dû se faire descendre...
Je laissais tomber la radio... j´étais seul à présent....
C´est un bruit de pas sur du verre brisé qui me tira de la torpeur qui commençait à me prendre... ils arrivaient par derrière...
cette fois c´était confirmé... j´étais le dernier debout...
Que faire ? Les pas se faisaient de plus en plus rapprochés... "merde !" ils devaient être trois ou quatres.. ma petite astuce ne marcherait pas une seconde fois....
Je décidais de tenter le tout pour le tout... et je pris l´ escalier qui menait au sous-sol....
"Désert ?! " ... bien sûr... ils étaient tous dans les étages....
je ne voyais que le corps du CT que j´avais descendu plus tôt ... il avait du glisser jusqu´en bas de l´escalier comme un pantin détraqué...
Mais j´étais quand même coincé... un pleur de femme me fit comprendre qu´ils venaient de libérer les otages... j´étais foutu.... je ne pouvais pas sortir vu le déploiement de force qui m´attendait dehors....
Que faire?
Les pas étaient tout proches... dans une minute ils seraient là.. et ne me feraient pas de cadeau...
<< INTERLUDE>>
Quand les CT arrivèrent en bas des marches, ils leur fallut quelques instants avant de distinguer clairement quelque chose à travers le nuage de fumée....
" Putain de fumigène !" dis l´un d´entre eux...
Ils me soulevèrent.. et constatant que j´étais vivant, et ils entreprirent de m´amener à l´extèrieur...
Une fois dehors, je pus constater que je ne m´étais pas trompé... il y avait bien une armée dehors....
Ils me posèrent contre un mur où étaient disposés les cadavres de CT tombés lors de l´assaut....
Un médecin se pencha vers moi et tenta de me rassurer... "c´est fini... on les a eu... vous avez eu de la chance... il y a treize morts... on va vous emmener à l´hopital..."
Je souriais en entendant sa remarque ...
"J´avais surtout eu de la chance que ce sale poulet fasse la même taille de fringues que moi"....