Le coup de sang d’un lycéen de Créteil
Un élève du lycée Branly s’en est pris vendredi à l’équipe éducative, blessant et choquant plusieurs adultes. A l’origine de ce coup de sang : une simple remontrance.
Samantha Gaudfrin | 02.02.2009, 07h00
« Un coup de folie », c’est l’expression utilisée par plusieurs témoins de l’agression qui a eu lieu vendredi midi au lycée technique Edouard-Branly à Créteil. Un élève de 17 ans a frappé au moins quatre membres de l’équipe enseignante. Les victimes, choquées, ont été légèrement blessées.
Certaines se sont même vu prescrire des jours d’interruption temporaire de travail (ITT). Une personne, prise d’une crise d’angoisse après avoir assisté à la scène, a été conduite à l’hôpital. A l’origine de ce coup de sang : une remontrance. Vendredi à midi, la conseillère d’éducation rappelle à l’ordre le lycéen de 17 ans, dont la colère monte peu à peu.
Cavalcade dans l ’établissement
« La jeune femme lui a demandé d’ôter sa casquette. Le lycéen a commencé à s’énerver. Ensuite, la conseillère a rédigé un rapport qui préconisait une journée d’exclusion, raconte un conseiller principal d’éducation témoin de la scène et victime de l’agression. C’est à partir de là que l’élève a pété les plombs : il en voulait à la conseillère. Celle-ci, paniquée, s’est réfugiée au réfectoire pour se cacher. » A ce moment-là, le jeune de 17 ans se lance dans une cavalcade à travers le lycée. Entre-temps, il s’est muni d’une paire de ciseaux qu’il tient à la main. « Il courait dans tous les sens et dès qu’il croisait quelqu’un sur son passage, il lui donnait des coups. J’ai en fait les frais, poursuit le conseiller d’éducation, encore bouleversé par l’agression quelques jours après les événements. L’élève m’a fait tomber à terre, puis il m’a frappé. Il a tenté de me donner un coup avec ses ciseaux, mais heureusement, une surveillante a réussi à s’interposer. » Après cet affrontement, le jeune poursuit sa course. Des enseignants tentent de l’arrêter. En vain. Le proviseur adjoint, la proviseur et un autre professeur ont eux aussi reçu des coups. « Personne n’a réussi à maîtriser le jeune. Il était hors de lui et incontrôlable. Pourtant, c’est un bon élève qui n’avait jamais fait parler de lui avant cet incident. C’est incompréhensible », s’étonne un enseignant.
Selon la proviseur, « sept adultes » auraient été frappés par le lycéen, qui, après son coup de folie, a tenté de prendre la fuite. Vers 13 heures, il a été interpellé par la brigade anticriminalité dans une rue voisine de l’établissement scolaire, avant d’être placé en garde à vue. Samedi après-midi, le mineur a été déféré au parquet de Créteil. Une enseignante du lycée, quant à elle, déplore « le manque de surveillants au sein de l’établissement, où les incivilités se multiplient depuis la rentrée ».
Il était dans ma classe en 5eme. 