Voilà donc le deuxième chapitre .. en un seul bloc cette fois 
Boty, tu pourras me dire où est-ce que tu en est dans le jeu, que je puisse te prévenir ?
Il n’y a pas de spoiler dans celui-ci, déjà, surtout que j’ai pas mal inventé ^^
En esperant que cela vous plaise ^^
Chapitre II
De là, je reste silencieuse avec ma camarade . Nous regardons cependant toutes deux la même scène . Les chevaliers, les wyvernes ennemies arrivant.. les prêtres accourant, plus ou moins à découvert.. les renforts du camp adverse commençent à diminuer et à faiblir, visiblement.. Notre petite armée est en train de gagner du terrain . Elle était arrivée à une sorte de bifurcation entourée de deux habitations de part et d’autre du pied de la montée, telles deux piliers à l’entrée d’un temple . Mais, je sais que cet endroit n’a rien avoir avec un temple . Juste triste décoration se mélangeant avec le fade dégradé du ciel couvert, sombre tableau spectateur des ravages de la guerre . Je n’ai pas mis les autres au courant de ce que je veux faire quand la voie sera libre . C’est aussi bien . Le moment, inexorablement, approchait . Et, à ce moment là, je n’aurais plus le droit à l’erreur . Perdue à nouveau dans mes réfléxions . Mettons les choses à l’évidence : la troupe du commandant Ike prenait les devants .
Je lance un bref coup d’œil vers Mia . Elle semble attendre, passant machinalement la main droite dans sa chevelure mauve qui lui tombait jusqu’en haut de son dos . Elle n’a pas remarqué que je l’observais . Me laissera t’elle faire ? Si elle prévenait les autres, ils jugeraient que ce serait une action suicide et m’en empêcherait . Cela ne doit pas arriver . Je dois la convaincre, coûte que coûte.. Au moment où je m’y attendais le moins, la jeune fille se tourne alors vers moi, une lueur passant dans ces yeux dont la couleur se confondait avec celle de ses cheveux . Elle me dit de sa voix naturelle, en me montrant du doigt la zone où le troisième groupe s’était tenu auparavant .
« Viens, on va voir si on peut aider les habitants du coin ? Je m’ennuie à ne rien faire.. »
Je dois répondre vite . Si nous quittons des yeux le lieu des hostilités, je perdrais de vue la progression de la bataille.. et j’arriverais trop tard..mais, comme si les mots m’avaient forcée pour que je les prononce..
« Si tu veux.. »
Après tout..
Je trouverais bien le moyen de ne pas trop rester.. Le fait de réussir à joindre père est pour moi quelque chose d’une extrême importance .. Jamais je ne me le pardonnerais si j’arrivais trop tard . Mais je ne tiens pas non plus de révéler le projet que je tiens à réaliser . Si Mia l’apprenait, elle pourrait peut être prévenir les autres qui m’empêcheraient alors de prendre un tel risque . Ou peut-être comprendra-t-elle . Je ne la connais pas suffisament pour le savoir . Il faudra que je me débrouille.. mais l’escarmouche va bencore durer, même si l’ennemi faiblit .. du moins, je l’espère ..
« Quelque chose ne va pas ? Tu as l’air inquiète ! »
Flûte .
Cela se voyait donc autant que cela ?
Elle n’est pas au courant, donc, de la raison pour laquelle j’étais en retrait ?. . Cela me faciliterait la tâche . Elle n’a sans doute pas entendu ce que m’a dit le commandant avant le début de la bataille . Tant mieux..
« Je.. rien .. »
« On va devoir traverser en zone à découvert . Les risques sont minimes, mais tu ferais mieux de descendre à terre . A dos de ta wyverne, on ne sait jamais quel flèche peut te trouver… »
« Oui »
Je n’ai guère envie de parler .
Cela me donne la nausée ..
Et, plus je parle, plus cette angoisse, quelque peu atténuée par mes arguments peu convaincants mais toujours persistante, sera visible .. je ne veux pas être l’objet de soucis, je ne veux pas être un fardeau.. autant la suivre . Suivant ses conseils, je mets pied au sol et lui emboîte le pas, la wyverne nous suivant derrière nous, en direction d’une vielle petite bâtisse qui donnait l’étrange impression qu’elle allait s’écrouler sous l’œil menaçant des nuages . Nous passons rapidement, sans être arrêtées par quelquonque obstacle . De près, ce premier aspect était atténué : c’est en particulier la matière des murs qui a cette allure grisâtre, sans doute accentuée par le mauvais temps . Ma jeune guide frappe doucement sur la porte en bois . Elle me fait signe d’entrer à sa suite . Ce que je fais . Cela fait longtemps que je n’ai pas eu contact avec la population de Daein . Le pays duquel je me battais sous la banière il y a plusieurs mois . Quand j’y repense, j’ai tellement honte de l’ignorance que j’avais, des mensonges que je croyais justes..
Un bruit au dehors vient de me faire sursauter .
Cet éclair de lumière, làs-bas..
Sans doute de la magie . Je ne dois pas m’attarder .
Juste un instant .
La petite habitation comprenaient plusieurs meubles éparpillés, le plus visible étant une petite table ronde au centre de la pièce sur laquelle était négligement posés divers accessoires , en partie recouverts de poussière . Une femme d’âge assez avancé se retourne vers nous . Elle nous fixe, impassible . Je ne sais pas combien de temps s’écoula ainsi sans que nous ne disions mot . C’est Mia qui finit par briser le silence .
« Madame ? »
L’aînée en question se figea à cet instant . Elle foudroyait Mia du regard . Ce n’est qu’après un autre silence qu’elle répondit, semblant tenter de maîtriser un sentiment terrible au fond d’elle-même, d’une voix tremblante . Je m’attendais quelque peu à ses paroles .. les paroles d’innocents, trompés par leurs seigneurs ..
« Vous… vous êtes ces monstres de Crimea ! »
Nous ne sommes pas les bienvenues, apparement . Je vois que ma voisine recule d’un pas, pensive . Mais elle ne bronche pas . La paysanne continue de soutenir notre regard . J’espère qu’elle ne me reconnaîtra pas . Je ne veux pas que l’on considère Père comme un traître, par ma faute, même pour des raisons infondées . Encore un silence . Pesant . Je commence à m’inquiéter sur les évênements au déhors .. Mia se rendit compte que je n’étais pas tranquille . Elle explique alors rapidement, d’un ton aussi neutre que possible, ce qu’elle devait penser franchement .
« Nous sommes venues pour voir si vous n’aviez pas besoin d’aide . Il ne fait pas calme dehors . Mais, vous semblez ne pas en avoir besoin »
« Pourquoi nos ennemis..voudraient-ils nous aider ?! »
« Vous n’êtes pas une ennemie ! » répliqua t-elle, indignée .
« Mais vous êtes les nôtres »
« … »
« Je me moque de ce que font ceux qui nous dirigent . Mais, vous vous êtes attaqués à ce qiu me concerne . Je vous déteste donc !»
« Quoi ? »
S’en était trop ..
« Mia » dis-je .
Celle-ci se tourne vers moi, interloquée par ce qu’elle venait d’entendre .Cela lui paraît absurde .
« Partons.. » continuais-je .
Je me doute que c’est à contrecoeur qu’elle hoche la tête, puis détourne les talons à ma suite . Au moment ou je pose ma main sur la poignée, je me remets à trembler . Le moment arrivait .
« Attendez ! »
C’était encore la paysanne . Je me retourne, pour la voir prendre quelque chose dans une vieille armoire de bois . Elle y prend un objet emballé . Elle s’avance vers nous . Qu’est-ce qui lui prend ? Elle nous tend ce qu’elle tient ..
« Prenez .. ça . C’est un objet… que je ne veux plus voir . J’en ai assez ! Assez de ce maudit conflit qui ne sert qu’à nous détruire ! »
Mia prend doucement le paquet . Elle l’ouvre . Serait-ce une lueur de surprise qui passe dans ses yeux ? Elle me regarde . Je lui lance un regard interrogateur . Elle me tend alors l’objet . Il avait une curieuse forme , et semblait être fabriqué dans un matériau que je n’avais encore jamais vu . Tout comme cette chose elle-même . Je veux demander quelque chose à cette femme . Je peux au moins prendre la parole une fois..
« Qu’est-ce..que c’est ?. . »
Ce changement d’attitude me paraît si étrange.. la destinataire de mes propos me répondit, avant de nous tourner le dos :
« Un Magister ..quelque chose comme ça . Prenez-le ! Je n’en veux plus ! »
« J’ai entendu parler de ces objets . Il est recherché par bon nombre de soldats en formation..»
« Certains racontent qu’il donneraient de la force et du courage aux personnes qui l’utilisent . C’est tout . » dit l’habitante des lieu sur d’une voix bourrue .
« Pourquoi nous donner un objet de si grande valeur, qui peut nous aider ?! Vous avez dit vous même que.. ! »
Mia, avec ses dernières paroles, devient de plus en plus agacée . Elle montre clairement qu’elle ne comprend pas.. tout comme moi.. la vieille se contente de répondre brêvement :
« Je donne cet objet.. à dame Fizzart qui est avec vous . A elle . Pas à vous . »
Elle m’avait donc reconnue ? Comment me connaissait-elle ? ..
Une autre question me chiffone, pourtant..
« Comment se fait-il..que vous êtes en possesion d’un tel objet ?. . » s’enquis-je .
Un silence .
De nouveau .
Elle affirme alors, sans se retourner .
« Il appartenait à mon fils.. »
Nous restons coîtes .
C’était donc, ça .. ce qui « la concernait »..
Un étrange sentiment s’empare de moi..
Moi aussi… même si c’est différent.. je sais que cela va.. m’arriver..
Non.. je ne dois pas.. dire cela..
Maintenant.. le plus dur me reste à faire..
« Merci.. » c’est tout ce que je lui dis .
Elle reprit alors, de nouveau haineuse, d’une voix forte, à notre grande surprise :
« Nos cultures détruites, nos familles ! Et maintenant, ils vont anéantir ici même le commandant, qui fut le seul qui nous ai jamais aidé et qui pourrait nous aider ! Vous avez ce que vous voulez ! Dehors ! … »
Ces paroles, cette vérité ..
Me blessent beaucoup plus que n’importe quelle arme..je ne veux pas… non..sans le vouloir, je sors, la porte claquant derrière moi.. Mia tente de me retenir . En vain . A découvert.. mais je m’en moque… je m’en moque ! ..je m’enfuis de cette maison, les larmes aux yeux des larmes de désespoir..J’ai l’impression que je ne tiendrais jamais..
Et pourtant.. il le faut.. maintenant..
Oh..jamais..j’ai si..peur..
Fin du chapitre