C'est clair qu'il y a une similitude avec le Seul au Monde de Robert Zemekis avec Tom Hanks, sauf que, assez curieusement, le côté dramatique est plutôt absent. Normal me direz vous, l'histoire prend le parti de l'optimisme et de l'humour, donc toutes les situations dramatiques sont dédramatisées et prises avec la bonne humeur du héros.
J'ai envie de dire : ça n'est pas un film de SF ! Il n'y a aucune science fiction là dedans, tout est parfaitement crédible au regard des connaissances scientifiques d'aujourd'hui et la seule chose qui plonge le film dans le futur est que nul ne sait quand la NASA (ou une autre agence russe ou chinoise) se décidera à (en fait, aura les crédits pour) envoyer une mission humaine sur Mars, mais si elle le faisait aujourd'hui tout ce qu'on voit dans le film pourrait arriver.
Il reste un film honnête avec des images qui font rêver quand on aime l'espace, même si j'ai trouvé que tout cela manquait singulièrement de souffle. Il ne me reste guère de scène dans laquelle je me serais dit : impressionnant, on s'y croirait. De ce point de vue Gravity m'avait procuré de bien meilleures sensations d'être dans l'espace. Même les ballades sur Mars m'ont paru irréelles : le vrai désert dans lequel le film a été tourné ressort trop à mon avis, on a du mal à se croire sur Mars alors que les images réelles en 3D de cette planète existent aujourd'hui bel et bien. Et d'ailleurs, en parlant de 3D, j'ai trouvé qu'elle était bien mal exploitée et plus d'une fois je me suis surpris à penser "on est encore en 3D ?" Là encore Gravity a fait dix fois mieux.
Il en reste cependant un film très honnête dans lequel on ne s'ennuie pas malgré les 2h30, avec un sujet optimiste sans les massacres, tueries et destructions auxquels les blockbusters américains nous ont habitués, et c'est très bien. Mais je pense que Ridley Scott a déjà été beaucoup mieux inspiré et ce film ne laissera finalement, à mon avis, que très peu de souvenirs dans quelques mois : ni les rebondissements, ni les images , ni la fin évidemment convenue ne marquerons notre cerveau de cinéphile amateur de SF comme Alien et Blade Runner le firent en leur temps.
Je pense que ce qu'il manque, ce sont des scènes/images choc, de celles qui font que dix ans après on s'en souviens encore : le vaisseau rouillé et suintant dans lequel Ripley cherche son chat dans Alien (scène dans laquelle, finalement, il ne se passe rien alors qu'on était pétés de trouille, et c'est pour ça qu'on s'en souvient !), ou bien la scène quasi finale de Blade Runner où le héros est sauvé par le répliquant Roy qu'il voulait pourtant abattre, juste avant que celui-ci ne meure dans une position reprise en forme de clin d’œil par la bande annonce de... Cyberpunk 2077.
Va voir le film, il est honnête et divertissant (au sens où on s'évade pendant deux heures et demi de notre monde bien déprimant), mais n'en attend pas trop. 