Alice est un jeu d´action à la troisième personne. Un TPS quoi.
Contrairement à la plupart de mes jeux préférés, il n´a pas un gameplay exceptionnel (bien qu´original dans sa forme). Mais ce jeu frise la perfection et éleve le jeu vidéo d´action au rang d´oeuvre d´art multigenre.
Le gameplay très maniable comporte 2 possibilités de tirs. La principale originalité est de se battre sur un système de vie/mana avec une dizaine d´armes jouets très originales et toutes très particulières.
Mais ce n´est pas sa force principale (bien que ce soit toujours mieux que la nullité de gameplay d´un Farcry ou de la plupart des FPS sortis depuis 6 ans, ça n´est pas non plus très reluisant comparé à un Deus Ex ou à un Undying, par contre, ça a le mérite d´être original).
La force d´Alice réside essentiellement dans son ambiance (donc finalement dans la totalité de ses éléments).
Gameplay efficace, maniable et original, musiques géniales (meilleure bande son de jeu vidéo selon moi), scénario excellent (meilleur scénario de jeu d´action avec Undying toujours selon moi), univers graphique hallucinant. Enfin...un des plus grand chefs d´oeuvre du jeu d´action, et une superbe oeuvre d´art.
L´histoire d´Alice :
La famille d´Alice (un personnage réel dont Lewis Carol a fait l´héroïne d´Alice au Pays des Merveilles) périt dans un incendit accidentel (ce qui à ma connaissance est une uchronie, point de départ du jeu).
Alice, qui se sens responsable, et peut-être pas à tort, sombre dans une sorte de coma pendant 10 ans. Un jour, on la confie à un nouveau medecin, dans un asile psychiatrique pour enfants.
Celui-ci, passionné par ce cas exceptionnel, tente de la ramener à la réalité. Il tente sur elle divers expérience, qui finissent par réanimer un peu son esprit.
Appelée à l´aide par le lapin blanc et le chat du Cheshire, Alice revient alors au pays des merveilles, son monde imaginaire (celui décrit par Charles Dogson, qui s´était pris d´amitié pour elle).
Mais en son absence, ce monde a bien changé. Reflet de son inconscient torturé, déformé par sa culpabilité, le pays des merveilles est devenu un endroit horrible, sous le contrôle de l´ignoble Reine de Coeur.
Alice va devoir reconquérir le pays des merveilles, dans un combat sanglant contre ses nombreux ennemies, les parties sombres d´elle même.
Certaines habitants du pays des merveilles sont restés ses amis, la guideront ou l´aideront à lutter contre l´opression. Certains continuent simplement de vivre leur morne vie. D´autres ont perdu la pédale pour de bon, et se mettront en travèrs de son chemin, certains à leur propre compte, d´autres au service de la Reine.
Alice devra éliminer ses adversaires, et trouver le moyen d´atteindre la Reine de Coeur, afin de la destituer, et de rendre sa liberté au pays des merveilles. Mais le chemin est parsemé d´embuches, et Alice devra vaincre sa culpabilité (symbolisée par le Bredoulocheux), et faire le ménage dans sa tête pour reprendre le controle de son esprit, ou sombrer dans le coma pour toujours.
Guidée par le lapin blanc, conseillée par le chat du Cheshire, armée de son couteau de boucher et d´armes jouets cruelles, sournoises et devastatrices, aidées par ses partisans, Alice combattra ses ennemis pour libérer ses amis, et tentera de remettre de l´ordre chez elle, d´expier sa faute, et de se sauver du même coup.
Un voyage aux limites de l´imagination, au plus profond de soi, aux sources de la folie. Une aventure merveilleuse et cauchemardesque, qui a un véritable goût de rêve, étrange et beau.
Ce jeu est une superbe suite de De l´autre coté du miroir et d´Alice au Pays des Merveilles, de Lewis Carol, plus sombre et plus torturée, peut-être moins drôle, moins ironique et moins acide, mais plus émouvante et profonde.
Le jeu se base à merveille sur toute l´oeuvre de Lewis Carol (Alice, sa suite, et les poèmes). Il déforme ce compte déjà sombre à la base, et prend un chemin parralèle, mais sans en altérer l´esprit initial, respectant l´oeuvre originale avec une grande cohérence et beaucoup de génie.
Connaître Alice est bien entendu préférable pour apprécier le jeu (au moins le dessin animé de Disney, moins respectueux et plus gentillet, mais qui fait d´autant plus contraste avec le jeu). Perso, j´ai lu les livres après (qui sont d´ailleurs très drôles, mais difficiles à comprendre pour un français d´aujourd´hui, heuresement qu´il y avait les commentaires de l´édition pour se rendre compte que la plupart des éléments incongrus sont en fait basés sur de subtils jeux de mots ou parodies).
En rejouant au jeu après avoir lu les livres, je me suis d´autant plus rendu compte du travail qui avait été fait pour rappeler Alice, pareil, mais en différent, comme un véritable cauchemar.
Comme dans Undying, la comparaison entre le livret, sorte de journal du medecin soignant Alice, et le jeu, représentant uniquement le rêve, est très interressante.