Chapitre IX – Prédictions
Quelque part dans une contrée loin de notre petite équipe, un homme chassa dans une forêt, muni d’un arc géant avec un grand carquois à son dos.
Il devait avoir une vingtaine d’année, de taille moyenne, svelte et une apparence androgyne. Sa chevelure, argentée, lui arrivait jusqu’au niveau des omoplates et elle voilait légèrement son visage. Ses yeux était dorés et il avait un regard perçant et hypnotique. En guise de vêtement, il portait de la peau d’animal, grise et noire, et des petites bottes de fourrure grise, ficelée d’un cordage blanc, qui était munie de griffes acérées comme les gants qu’il portait.
Il s’approcha, furtivement, d’un cervidé tout en préparant son arc. Il tira une flèche transperçant le cou du cervidé qui s’écroula. Il alla vers la bête et s’agenouilla vers sa tête, posant sa main sur l’une de ses bois.
- Je n’aime pas faire ça, mais il faut bien se nourrir. Va en paix au royaume des animaux, mon ami.
Dit-il, désolé, en fermant les yeux.
Il se releva en prenant la bête sur les épaules et marcha jusqu’à entre une caverne.
Il parcourut quelques mètres de tunnel pour déboucher dans une cavité sphérique de un kilomètre de diamètre.
Il y avait plusieurs cavités sur les parois où jonchaient des échelles en bois. Au centre, un énorme foyer où un feu se consumait et des individus, habillés plus ou moins comme l’homme, dansèrent en tournant autour.
Il entra dans une petite cavité, se trouvant à plein pied, où se trouvaient des carcasses et il y déposa la bête. En ressortant, une femme vint lui délivrer un message :
- Navea ! Le prédicateur voudrait te voir.
- Sais-tu ce qu’il me veut ?
Demanda-t-il sereinement.
Elle haussa les épaules et Navea alla vers le prédicateur, sous les yeux de la femme.
Chez le prédicateur, il ne vit personne et en profita pour contempler des crânes d’animaux qui jonchaient les murs.
- Te voilà, Navea !
Dit un vieil homme en entrant.
Navea se retourna et s’assit sur un morceau de roche coupée.
- Tu désirais me voir ?
- Oui. J’ai quelque chose d’important à te dire.
Confirma le prédicateur en se posant face à lui.
Navea le regarda intrigué et demanda :
- De quoi s’agit-il ?
- Le monde court à sa perte. De grandes puissances tentent de réveiller les destructeurs.
Répondit-il d’un air inquiétant.
Navea, le regard serein, lui demanda alors :
- En quoi cela me concerne-t-il ?
- Tu dois empêcher que ce fléau arrive, pour préserver ce monde.
Continua sur le même ton.
Navea regarda le sol, pensif et dit d’une petite voix :
- Tu veux, qu’à moi seul, je sauve ce monde ? Un monde qui est en déclin depuis des siècles ?
- Je sais que cela peut paraître absurde, mais tu es l’espoir de notre communauté.
Dit-il en le rassurant.
Navea frappa du pied en levant la tête et haussa la voix, énervé :
- Comment oses-tu me demander une chose pareille ? Tu me demande de sauver ceux qui nous ont exilés ?
- Calme-toi, Navea !
Intervint une voix masculine.
Le prédicateur et Navea portèrent leur regard sur l’entrée et ils virent un vieil homme qui entra. Navea se leva et dit sur le même ton que précédemment :
- Que je me calme ? Chef ! Vous plus que quiconque devez comprendre ma réaction.
- Je le sais bien Navea, il m’est aussi difficile de te demander cela mais il faut se rendre à l’évidence.
Répondit-il, calmement.
Navea se rassit en ronchonnant. Le prédicateur l’informa :
- Ecoute ! Selon me prédiction, tu rencontreras quelqu’un qui t’aiderais dans cette quête. Comme toi, ils possèdent un don et vous êtes l’espoir.
- Mais, prédicateur, comment les destructeurs pourraient-ils revenir ? Ce n’est qu’une légende, non ?
Souleva Navea après avoir réfléchi.
Le prédicateur regarda le sol et lui répondant confusément :
- Je ne sais pas non plus comment cela est possible.
Navea se leva et marcha, lentement, dans la pièce.
- Navea, passe me voir quand tu auras fini.
Dit le chef en s’en allant.
Navea fit un signe de la tête, sans dire un mot et le prédicateur lui redemanda :
- Que comptes-tu faire ?
- Ai-je vraiment le choix !
S’exclama-t-il en sortant.
Il sortit en colère de la caverne, pour prendre l’air, et s’assit aux abords de l’entrée.
- Les destructeurs. Est-ce vraiment un mal, si cela arrivait ?
Murmura-t-il.
Il regarda la faune et la flore, autour de lui, et prit un petit insecte dans les mains. Il l’observa pendant un court moment puis le reposa et se leva en disant, décidé :
- Pour la nature, je dois agir, ma rancune ne doit pas interférer à mon devoir. Je ne dois pas laisser ce fléau arriver.
Il rentra dans la caverne, d’un pas rapide et sûr, et alla chez le chef.
- Je suis là !
Dit-il, sûr de lui.
Le chef, assis, le regarda et lui proposa :
- Assied-toi, je te prie. Veux-tu du Kalmac ?
Le Kalmac est une boisson proche de l’absinthe.
- Non merci ! Vous vouliez me parler ?
Répondit Navea.
Le chef se servit un verre de Kalmac, il en but une gorgée et il lui dit :
- Navea, depuis que je t’ai trouvé, lorsque tu n’étais qu’un enfant, je t’ai élevé comme si tu étais mon propre fils. Le temps a passé si vite que j’ai à peine eu le temps de te voir grandir. Tu es devenu fort et un chasseur accompli…
- Chef, pourquoi me dites-vous cela, maintenant ?
L’interrompit-il.
Le chef but une autre gorgée avant de poser son verre et continua :
- Je veux que tu saches que quoi qu’il advienne, moi et les autres, nous serons toujours là pour toi.
- Je le sais !
Répondit-il d’une petite voix.
Le chef se leva, ainsi que Navea, et il marcha avec lui jusqu’à l’entrée de la pièce, en lui disant :
- Ne t’inquiète pas pour nous autres, tout ira bien, sois-en sûr. Pars l’esprit libre, Navea.
Navea hocha de la tête et alla au centre de la caverne où une petite fête se préparait pour son départ.
Le chef murmura, ému :
- Bonne chance à toi, mon fils.
Quelque part, dans une pièce plongée dans le noir, une porte coulissante automatique s’ouvrit et la silhouette d’homme, au garde-à-vous, informa Meda:
- Sir, le chef de l’élite alpha est revenu, blessé et seul. Toute son équipe a été décimée.
Dans le noir, on pouvait distinguer des yeux qui s’ouvraient et Meda dit, contrarié :
- Incapable ! ( en ordonnant) Enfermez-le dans le cachot et convoquez Marthyyy!
- A vos ordres !
Répondit-il.
La porte coulissante se referma. Meda murmura en s’interrogeant :
- Comment Goka a-t-il pu progresser au point de décimer l’élite alpha ?