Le Centre Bell. Mercredi 24 novembre 2004 ( RDS) - Loin de la guerre de riches que se livrent propriétaires et joueurs, plus près de nous, le conflit qui paralyse la Ligue nationale fait d´abord mal à l´économie de Montréal. Au centre-ville, plusieurs sont affectés par l´arrêt des activités du circuit Bettman.
En temps normal, le Canadien disputerait samedi soir un dixième match de saison régulière à Montréal, et plus de 200 000 personnes auraient déjà franchi les tourniquets du Centre Bell. Evidemment, l´absence de ses consommateurs aux environs de l´édifice de la rue de La Gauchetière fait mal à l´économie montréalaise, et ce, à plusieurs niveaux.
" C´est très tranquille. Habituellement avec les matchs il y a beaucoup d´activités ici. Ça fait 45 minutes que j´attend dans la file", indique un chauffeur de taxi
" C´est pas mal tranquille. C´est mort. Y´a rien du tout", constate un autre.
Si les taxis restent sur place, c´est que personne se déplace. Avant ou après un match, les amateurs se donnaient souvent rendez-vous dans un restaurant du centre-ville. Maintenant, c´est beaucoup plus calme. Pour les restaurateurs, le lock-out se traduit en perte de revenus
" C´est beaucoup plus tranquille. Tout le centre-ville ressent les effets du lock-out", note le directeur-général du Peel Pub, Sterios Mimikadis.
La populaire chaîne de restaurants La Cage aux Sports compte près d´une cinquantaine d´établissements à travers le Québec. Le succès de ces endroits repose en partie sur la présentation d´événements sportifs, mais les dirigeants des " Cages" s´étaient préparés en prévision d´un lock-out dans la Ligue nationale.
" On vient de terminer notre année fiscale et nous présentons les mêmes chiffres comparativement au même trimestre l´an passé Par contre, nous avions une bon momentum et nous étions en mesure de croire que nous pensions pouvoir poursuivre cette ascension. Cependant, le lock-out nous fait mal", répond le président de La Cage aux Sports, Jean Bédard
" Quand des jeunes hommes pleins d´énergie et de joie de vivre débarquent à Montréal pour assister à un match du Canadien, ils profitent souvent de l´occasion pour effectuer des visites culturelles comme chez Parée où là aussi les effets du lock-out se font sentir.
" Nous perdons de 10% à 15% de nos revenus", ajoute le directeur général de l´établissement, John Basile.
Les hôtels sont également touchés par le lock-out. Situés à proximité du Centre Bell, le Marriott Château Champlain est sans doute celui qui écope le plus. En plus de ne pouvoir miser la visite des touristes de passage à Montréal pour les matchs du Canadien, cet hôtel accueille la majorité des équipes de la Ligue nationale qui passent par la Métropole.
" Quand une équipe vient chez nous ça représente environ 40 nuitées. Pour nous, à la fin de l´année, ce sera un manque à gagner d´environ 300 000$ à 400 000$", précise le dg de l´hôtel, Jacques Hamou.