Pour moi, la naïveté d'Issun n'est ni destinée à faciliter le développement scénaristique, ni destiné à nous prendre pour des teubés.
C'est tout simplement une question d'ambiance : le jeu est basé sur un graphisme qui reprennent les estampes japonaises, la mythologie y est très présente. Or, l'estampe est un style épuré, simpliste et nuancé, les histoires mythologiques sont parfois éxaspérantes de simplicité, leurs morales souvent dignes d'une première année de catéchisme...
Là où je veux en venir, c'est qu'Okami n'a pas la prétention d'un jeu qui repousse les limites de la logique ou de l'approfondissement des personnages. C'est un cadre poétique simple mais riche, cliché mais envoûtant, un peut comme un Picasso : quand on le regarde, ça parait mauvais et fait par un nourisson, mais il est indéniable qu'il y a dans ces oeuvres une grande profondeur. Profondeur avec laquelle ne collerait pas un Einstein haut comme trois pommes.
Pour finir, tu peux te consoler en te disant qu'Issum et Amaterasu se complètent : l'un parle sans arrêt pour ne rien dire, l'autre dit tout par son silence, l'un ne voit rien et ne comprends rien, l'autre voit juste tout de suite, et caetera...
Mias ça, vu tes brillantes analyses, tu l'auras sûrement remarqué 