Tout ça m´a l´air de manquer un peu de sagesse, et je m´en excuse.
D´abord, pour répondre au titre du topic, la réponse a faire est que la guerre et les militaires n´ont rien à voir ensemble, je veux dire qu’on peut parfaitement jouer à faire la guerre et ne pas l’aimer en réalité ; que les militons d´aujourd´hui sont pour la plupart des fonctionnaires qui ne sont prêts, sur le front, qu´à courir un 200 mètres pour ramener un jerrican et décrocher ainsi la médaille Hernu. Les militaires sont aujourd’hui pas moins « antimilitaristes » que les autres, c´est-à-dire en fait pacifistes, et peut-être même un peu trop, par exemple quand ils laissent les populations de l’ex-Yougoslavie se faire massacrer sans bouger (il y a eu un ou deux contre-exemples). C’est pas bien de faire la guerre, mais c’est encore pire d’avoir les moyens de l’arrêter et de ne rien faire. Bosnie-Herzégovine (moi aussi j’y étais) : un drame de la lâcheté européenne, des femmes violées et assassinées à 25 mètres de nos soldats… Est-ce que l’armée n’a pas tenu son rôle parfois, à côté de toutes ses erreurs ?
On dit souvent que la Suisse est le bon exemple, mais c’est oublier que la Suisse est une banque de tous les partis, et c’est l’unique raison de ce qu’elle n’ait pas été envahie. La Suisse a fait transiter l’argent pour l’Allemagne nazie, pour l’Union Soviétique communiste etc. D’une façon, la Suisse est plus immorale que tous les pays qui ont une armée, parce qu’elle les finance toutes, sans se salir. Et pas seulement les armées, les milices aussi (d’Angola, du Zaïre etc.), les petits ou les grands despotes.
On peut parfaitement, comme c’est mon cas, être « anti-militariste » (en tant qu’opposé au militarisme, pas aux militaires en soi) et se battre lorsque la liberté est menacée.
Pour répondre à Chacha que je respecte pour ses positions, je voudrais lui dire que les militaristes, ceux qui aiment la guerre pour la guerre, n’existent pratiquement pas (à part qs tarés des groupes spéciaux des armées du monde). Ils ne font pas 1% de la population. Tout le monde déteste la guerre, tout le monde déteste la contrainte par la force. Ce n’est pas original, mais c’est aussi très bien. Et tout le monde déteste encore plus la guerre lorsqu’il l’a vécue. Mais c’est pas parce qu’on la déteste qu’on l’évite.
Mais ce que je n’aime guère, c’est qu’on fonctionne selon un principe : je n’aime pas les militaires etc. Les débiles sont partout. On peut aussi détester les coiffeurs. Mais ça relève d’une expérience personnelle, pas d’une sagesse universelle.
La guerre tient à deux faits essentiels parmi d’autres : 1/ qs gangsters qui ont le projet de s’approprier un territoire : guerre en Irak, révolutions (y compris française, une crapulerie soi dit au passage ; mais aussi anglaise, espagnole, portugaise ; je mets à part l’ancêtre américaine, qui a été parmi les plus populaires), guerres de « Libération » et pour les « Indépendances », en réalité opérations juteuses de petits groupes idéologiques et financiers. Pas une révolution qui n’ait eu des financiers obscurs, pratiquement pas une révolution populaire ! 2/ des populations qui subissent cela et ne tiennent pas à laisser leurs villes et leur pays raser par les bombes. Et en ce cas, je ne vois pas comment on pourrait prétendre aimer la liberté et admettre en même temps que l’on ne doit pas se battre (pas forcément par les armes, mais éventuellement aussi par les armes), laisser le pays aux mains d’occupants. A moins d’être collabo, en effet, et je regarde de cet œil bon nombre de mes concitoyens qui encouragent ardemment l’entrée en Europe de gens dont la proportion de ceux qui nous haïssent est énorme (la France accueille chaque année 300.000 personnes nouvelles, soit plus que les USA et le Canada réunis). Est-ce que nous savons bien où nous allons ? Est-ce que nos belles intentions ne nous conduisent pas à une déflagration, à des massacres de masse, à la barbarie ? Qui peut être sûr du contraire ? Bien fort celui qui peut jurer que la paix est éternelle, et que les populations arrivantes ne chercheront pas à « changer les choses » de leur point de vue, c´est-à-dire nos styles de vie de « chiens d’infidèles » ! Je ne gégéralise pas, je parle de ceux qui sont les plus violents et dont l’Histoire montre qu’ils s’imposent souvent aux autres.
Abomination d’une part, réflexe de survie d’autre part, la guerre n’est pas classable en un lot d’horreur absolue. Nous aurions encore le nazisme s’il n’y avait pas eu l’Opération Overlord.
Pour ma part, je n’ai jamais rencontré de foudre de guerre à la guerre. Curieusement, je n’ai rencontré que des étudiants, des hippies, des bohêmes (comme dit Chacha), des musicos, des chômeurs, des fils de famille, des pères, bref des gens comme nous. C’est vrai qu’il s’agissait de résistants. Ils faisaient la guerre. Et ils avaient raison de la faire, parce qu’en face il y avait ces Milosevic, Karadzic et autres philantropes...