On a dit "j´aurais aimé y être" ?
Quand on lit les mémoires de ceux qui y ont participé, on y voit des sentiments très forts qui cohabitent parfois difficilement :
- la détermination, la conviction sans faille de faire son devoir, de sauver la face (surtout pour les FAFL), d´être des remparts (dérisoires) pour leurs familles et leurs pays respectifs ;
- l´écoeurement dû à la réalité, celle de tuer des pilotes, jeunes et valeureux comme eux, de tuer des civils lors d´attaques de trains ou de bâtiments, de tuer des militaires obéissant aux ordres lors d´attaques de chars, de navires, ... Et la tristesse de voir tomber ses camarades jour après jour (on estime entre la moitié et les deux tiers des effectifs perdus en moyenne chez les pilotes !)
- l´euphorie indescriptible de se retrouver, en tant que pilote, dans ces avions d´exception, à des vitesses et des altitudes vertigineuses ; celle aussi de descendre l´ennemi, de remplir sa mission, d´avoir fait son travail, parfois de façon un peu puérile, comme nous devant un jeu vidéo ;
- la peur surtout, une trouille comme nulle autre qui ne fait que grandir de jour en jour, qui empêche de dormir et de manger, et qui peut paralyser au moment crucial.
Maintenant, je pense que quand on s´intéresse aux avions et à cette époque unique, on peut difficilement passer à côté d´un jeu comme IL2 & co. Et de fait, c´est jouissif parce qu´il faut bien le dire, gérer un dog dans un warbird fait jouer toutes les ficelles du jeu vidéo, comme un counter strike puissance 1000, avec en plus le potentiel émotionnel lié à l´histoire, la vraie.
Je pense que personne n´aurait réellement "aimé y être", vu l´horreur que ça a été. Mais comme quand on lit un roman avec un héros charismatique, on a tendance à s´identifier, à vouloir quelque part avoir participé à ce bras de fer, tellement il était légitime et héroïque.
Plus simplement, je pense que c´est quand même le gameplay qui nous scotche le plus à ce jeu, plutôt que le désir d´"y être", ou du moins d´"y avoir été"...