J´aurais bien voulu que cette discussion qui s´annonce passionnante sur la défaite de 40 continue sur un post moins pourri par des jappements d´enfants, m´enfin bon, puisque ça a démarré ici autant continuer.
killer_of_troll > je suis justement en train de (re-re)lire ma collec complète d´Historia Magazine, série spéciale 2e Guerre Mondiale : 96 numéros qui retracent tout le conflit sur tous les fronts, écrit par une quantité incroyable de gens : historiens, anciens combattants, témoins, etc. Ca date du milieu des années 60, mais c´est bigrement intéressant.
Comme par hasard je suis en plein sur les numéros qui relatent la campagne de France, et qui décrivent point par point les avancées allemandes. Plusieurs points révèlent la défaite imminente, sans parler de toute la période 18/39 :
- les Alliés du front occidental (Hollandais, Belges, Français et Britanniques essentiellement) ont été vraiment pris au dépourvu par le fait que les Allemands ont pour la première fois réalisé un front en trois dimensions : en effet, c´est la première fois de l´Histoire (hors invasions à l´Est) qu´un front a été attaqué non seulement à terre (panzer + infanterie motorisée principalement), mais aussi, simultanément par air (soutien aérien, attaque des bases aériennes et des positions alliées). En outre, on a assisté de la part des Allemands aux premières missions de parachutistes, ce qui a complètement brouillé les tactiques "à l´ancienne" des Alliés, et créé la panique dans toutes les Flandres. En effet, avant on considérait qu´une infanterie ne pouvait nous contourner que par les flancs, mais les divisions parachutistes pouvaient prendre à revers les alliés en passant simplement par-dessus !
- l´avancée extrêmement rapide et déterminée des Allemands, aux endroits non prévus (contournement de la ligne Maginot en France et du canal Albert en Belgique), a provoqué toute une série d´hésitations dans l´état major allié, déjà engoncé par le fait qu´ils étaient à plusieurs nationalités. Du coup on a assisté à des patouillages dans les ordres, les décisions, et des lenteurs pour avaliser les ordres venant des différents pays. On a même eu des coups de malchance : le Général Billotte, par exemple, a eu un accident mortel de voiture en portant des ordres secrets de contre-attaque pour son groupe d´armée ! Résultat, une ligne de front qui s´est vite distendue, donc fragilisée, et dont les communications étaient du coup de plus en plus difficiles.
- Contrairement à ce que nous affirme notre spécialiste bien-aimé xav04, les forces françaises étaient bel et bien présentes sur ce front, et en nombre, épaulées par les Britanniques Ils étaient nombreux, et d´une qualité certaine, d´ailleurs ils n´ont pas eu à rougir lors des confrontations. Mais ils étaient aux mauvais endroits : l´état major a toujours pensé que les Ardennes étaient impraticables pour une attaque, et c´est bien évidemment par là que les Allemands ont opéré leur saignée ! Le temps de réagir à la célèbre Blitzkrieg, masquée par des attaques de moindre importance sur la ligne Maginot et au Nord, et c´était plié : les Allemands provoquaient des replis alliés, donc de la désorganisation, et coupaient les moyens de renforts. Du coup, les blindés regroupés en masse pour protéger le Nord se sont retrouvés coincés, et ont cruellement manqué lors de la marche des Allemands vers la Normandie et Paris ! En outre, vu que la situation a bientôt parue claire pour le commandement, la défense a laissé la place à l´opération Dynamo, le repli désespéré des forces alliées restantes vers Dunkerque en vue de leur embarquement pour l´Angleterre.
Concernant les avions, bin ils ont eu le même problème que tout le reste de l´armée Française : déjà peu nombreux et peu prêts avant le conflit, la plupart a été clouée au sol avant même d´avoir pu combattre, par les attaques aériennes ennemies. Ou pire, les Allemands passés qui coupaient tout contact avec l´état major, et la signature de l´armistice ont rendu nos beaux avions et nos vaillants pilotes (parce qu´ils l´étaient c´est certains) complètement inutiles. Comme pour la ligne Maginot : ils l´ont contournée, évitée, et une fois l´attaque réussie le problème "ligne Maginot" n´existait plus, comme par enchantement !
Une guerre se gagne sur plusieurs niveaux, si un belligérant n´est constitué que de braves ça ne sert à rien, à part générer des massacres. D´ailleurs on a vu le même genre de chose à la fin : l´Allemagne de 45 avait encore beaucoup de soldats prêts à tout, mais les Alliés avaient utilisé la bonne méthode, ils ont étouffé doucement et sûrement la plus grande puissance d´alors (c´est indéniable, l´Allemagne était le pays le plus puissant de l´époque, même si ça servait les idéaux les plus vils qui aient jamais existé), rendant inutile toute poursuite de combat.