Euro-2004 - Le Portugal impatient d´affronter son " meilleur ennemi"
ven 18 jui, 6:24 PM
LISBONNE, 18 juin ( AFP) - La victoire contre la Russie ( 2-0), mercredi, a provoqué un immense soulagement chez les supporteurs du Portugal, qui, plutôt confiants dans la hargne de leur équipe, attendent impatiemment le duel fratricide contre l´Espagne, dimanche à Lisbonne, décisif pour la suite de l´Euro-2004 de football ( gr.A).
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Un match qui sera particulier pour tout le pays: c´est un nouvel épisode, à échelle réduite et sur rectangle vert, de la rivalité qui oppose le Portugal à l´Espagne et qui date du XVe siècle, quand leurs armadas régnaient sur les mers et donc sur le monde.
" De l´Espagne ne viennent ni bons vents ni bons mariages": ce dicton populaire illustre l´antagonisme entre les deux pays, qui s´est transformé ces dernières décennies en un léger complexe d´infériorité portugais ( ou de supériorité espagnol, selon les points de vue) en raison de l´avance prise par l´Espagne sur le plan du développement économique.
" Ils pensent qu´ils sont les meilleurs, mais on va les faire danser", fanfaronne ainsi Telmo Correia, un jeune ouvrier lisboète qui prend sa pause déjeuner sous le soleil de la capitale portugaise.
Une capitale où les drapeaux nationaux fleurissent aux fenêtres des immeubles et sur le toit des voitures, qu´il s´agisse de véhicules particuliers ou de taxis.
Bien qu´également optimiste, Ruia Aguiar, un homme d´affaires, est plus prudent: " Ca va être difficile car il y a beaucoup de pression sur l´équipe, qui doit absolument gagner pour passer. Mais si nous jouons comme contre la Russie, nous avons de bonnes chances".
Défouloir
Le match contre les Russes, au terme duquel l´équipe a maintenu ses chances de qualification pour les quarts de finale, a été un vrai défouloir collectif pour les supporteurs.
Mercredi, après la rencontre, le quartier du Parc des Nations, un des points de rendez-vous de la jeunesse lisboète, était plongé dans une effervescence qui pouvait faire croire que le Portugal était devenu champion d´Europe.
La nuit était rouge et verte, les gens arboraient le maillot de la sélection et, le visage maquillé au couleurs nationales, hurlaient leur joie et dansaient par dizaines dans les rues. Cornes de brume, klaxons: c´était à qui célébrait la victoire le plus bruyamment.
Et le pays, à qui l´organisation de l´Euro avait été attribuée alors que l´Espagne était également sur les rangs, n´hésite pas à en appeler aux figures tutélaires de sa mythologie avant la rencontre décisive contre le voisin ibérique.
Ainsi, devant l´entrée du camp d´entraînement des Portugais, à Alcochete, à quelques kilomètres de Lisbonne, les autorités locales ont fait placer un grand panneau aux couleurs nationales où l´on peut lire: " La boulangère d´Aljubarrota nous a donné des raisons de nous réjouir! Il faut avoir la foi".
Cette boulangère légendaire est censée avoir défendu sa ville contre les troupes espagnoles en 1385 avec pour seule arme une cuillère. Les enfants portugais savent que, dans le conte, elle a tué plusieurs ennemis au moyen de ce pacifique ustensile. Dimanche, une victoire leur suffira.
ds-pr/gk