Thomas Fersen
Ambassadeur des poissons, oiseaux et autres moucherons, Thomas Fersen a un style bien à lui. Original, amusant, avec une imagination débordante, ses chansons sont de véritables histoires. Au Zenith de Paris le 11 mai et en concert jusqu’à fin juillet, les occasions de le retrouver sur scène ne manqueront pas.
Un artiste original
Thomas Fersen, un peu vite statufié en " nouveau La Fontaine" et chantre " décalé" des petites histoires du quotidien, a beau expliquer que les animaux de ses chansons ne sont pas des vrais, qu´il n´est pas l´héritier de Trénet et Prévert, et que la défense de la langue française est le cadet de ses soucis, rien n´y fait ! On veut lui coller des pères, des oncles, des cousins, voire des trisaïeuls. C´est comme ça que ça se passe en France aujourd´hui, on adore l´originalité, mais il faut quand même lui trouver des ressemblances. Or il y a un problème avec Thomas Fersen, il ne ressemble qu´à lui-même. Et plus ça va, plus il se ressemble.
Retour sur sa discographie
Dès son premier album Le bal des oiseaux, Thomas montre les choses sous un jour inédit et commence à donner du fil à retordre aux amateurs de catégories. On aurait aimé pouvoir dire que ses histoires étaient invraisemblables, surréalistes ou autre chose, mais non. Simplement un point de vue neuf, ni cynique, ni lyrique, sur un quotidien où se mêlent à parts égales du réel et du rêve. Ce premier essai fut consacré par une Victoire de la musique dans la catégorie " Révélation". Robert Doisneau signe d’ailleurs la pochette de ce premier disque.
Deux ans plus tard, sur un rythme auquel il reste fidèle, l’album Les Ronds de carottes vient confirmer que l’artiste s´accommode mal des cages où on veut le faire entrer. La photo du dos de la pochette signée Mondino nous montre Thomas posant un lapin. Bon indice pour les amateurs d´énigmes : plutôt que de chercher à ce chanteur des références littéraires, trouvez-lui des révérences littérales. Car c´est ce qu´il aime, prendre les mots au pied de la lettre, histoire de voir comment ils " marchent" en liberté.
En 1997, Le Jour du poisson célèbre un peu plus l´épiphanie animalière à laquelle le nom de Thomas Fersen est désormais associé. On y croise en effet un cheval ( Bucéphale), des papillons, des bêtes ( Que l´on est bête), et une blatte ( la Blatte).
Avec Qu4tre, les discrètes touches électro de Mathieu Ballet viennent se fondre naturellement dans l´acoustique boisée des chansons. Tout comme de nouveaux personnages, mi-inquiétants ( Monsieur), mi-rassurants ( Irène) côtoient des animaux de plus en plus métaphoriques ( les Malheurs du lion, la Chauve-souris). Tout ce petit monde s´est acquis en quelques années un public fidèle, mais comme rien n´est jamais acquis, c´est sur scène que Fersen fait sens.
Triplex, 3 CD enregistrés en public dans des lieux et des contextes divers prouvera aisément que cet entomologiste des sentiments peut se révéler une vraie bête de scène