Un jeune homme de 21 ans comparaissait mardi pour une agression sexuelle sur sa demi-sœur de 8 ans. Il dispose de dix jours pour faire appel.
L'expertise psychologique souligne sa froideur. Son indifférence. Et conclut que le prévenu « n'a pas un sens moral très développé ». Un portrait peu brillant de ce jeune homme de 21 ans, qu'il n'a pas contribué à nuancer, mardi à la barre du tribunal correctionnel.
Lui qui vivait auparavant chez son père est revenu habiter avec sa mère entre septembre 2008 et mars 2009. Au cours de cette période, il a reconnu avoir agressé sexuellement, et à plusieurs reprises (« cinq ou six », a-t-il estimé mardi), sa demi-sœur âgée de 8 ans.
Devant les juges, il répond à peine et quand il le fait, c'est en chuchotant. À tel point que le président du tribunal doit élever la voix. « Ce que vous avez fait va être dit tout fort. C'est une audience publique, et ce doit l'être. » Alors il acquiesce.
Oui, il profitait bien de l'absence de sa mère pour se déshabiller, déshabiller sa demi-sœur, et frotter son sexe entre ses fesses « sans essayer de rentrer ». Jusqu'à ce qu'un liquide coule racontera la victime, même si lui nie l'éjaculation.
Il était mardi incapable d'expliquer ses raisons. Aux enquêteurs, à l'époque, il avait dit qu'il voulait « juste un câlin », et qu'il avait recommencé, car cela lui avait « fait du bien ».
Sur le banc des parties civiles, sa mère. Leur mère a tous les deux. C'est elle qui est allée trouver les gendarmes, le jour où sa fille lui a raconté ce qui se passait depuis six mois. Elle leur amènera même une culotte de la victime, souillée de sperme. Porter plainte contre son fils pour protéger sa fille, un geste « difficile » et « responsable » soulignera son avocate, qui a provoqué la désapprobation d'une partie de sa famille.
Lorsqu'on lui demande, il assure avoir déjà eu des relations sexuelles. « Avec un adulte, quelqu'un de votre âge ? » Il prétend que oui. Ce qui fera dire au procureur : « Vous n'êtes plus en découverte sexuelle, et vous aviez conscience de l'interdit. »
« Elle était consentante »
Mais si le prévenu reconnaît qu'il savait que ce qu'il faisait était mal, il ne semble pas comprendre la gravité des faits. Il provoquera ainsi l'incrédulité de tous lorsqu'il affirmera que la petite fille de 8 ans était « consentante ». Dans ses premières déclarations, en garde à vue, il était même allé jusqu'à dire qu'elle l'avait « excité ».
Autant d'éléments qui ont posé la question du risque de récidive. « Les petites filles provoquent quelque chose chez lui », s'est inquiété le procureur. Une inquiétude renforcée par le témoignage d'une autre sœur, plus âgée, qui a raconté avoir fait l'objet quand elle était petite de caresses sur la poitrine. Elle les avait prises pour une marque d'affection. La victime, par contre, subit les séquelles de ces agressions et est suivie psychologiquement.
Le prévenu n'avait pas fait appel à un avocat pour le défendre. Lui-même n'a pas été prolixe. Et les juges sont allés plus loin que les réquisitions de six mois avec sursis et mise à l'épreuve du parquet. Il a été condamné à deux ans de prison ferme, suivi d'un suivi socio-judiciaire de trois ans. À l'énoncé du jugement, le président du tribunal a précisé : « C'est une peine lourde. Vous avez dix jours pour faire appel. Je vous conseille d'aller voir un avocat rapidement. »
Le prévenu sera en outre inscrit au fichier des auteurs d'infractions sexuelles, et devra verser 3 000 euros à sa mère pour le préjudice subit par sa demi-sœur.
http://www.courrier-picard.fr/courrier/Actualites/Info-regionale/Deux-ans-pour-l-agression-sexuelle-de-sa-demi-saeur
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