Comment l´écrire : Au temps pour moi ou autant pour moi ?
REPONSE NIVEAU I ( ENFANTS).
Pas de réponse.
REPONSE NIVEAU II ( ADOLESCENTS, ADULTES).
Le débat reste entier quand il s´agit de la formule prononcée en cas d´erreur ( notamment — mais pas exclusivement — de la part d´un supérieur ou responsable s´adressant ainsi à ses subordonnés). La plupart des auteurs normatifs et des lexicographes penchent pour la graphie " au temps pour moi" avec une origine militaire ( et le calque de au temps pour les crosses ou musicale ( erreur du chef d´orchestre).
Toutefois " autant pour moi" reste revendiqué comme ellipse de " c´est autant pour moi". Même si cette revendication est minoritaire, elle n´est pas nécessairement infondée.
Pour Le Français correct de Maurice Grevisse et Le Petit Robert, la bonne graphie est « au temps pour moi ». L´origine est sans doute militaire ( « temps » successifs de maniement d´arme, voir l´expression au temps pour les crosses).
L´expression est utilisée par celui qui, investi de l´autorité ( quelle qu´en soit la nature), vient de faire commettre une fausse manoeuvre collective et, par extension, par celui qui s´est trompé et s´en rend compte avant les autres.
Néanmoins, d´éminents participants au forum f.l.l.f. — quoique minoritaires semble-t-il — revendiquent l´usage de " autant pour moi" ( forme elliptique de c´est autant pour moi). Grevisse, dans Le Bon Usage » ( 10e éd., 1075, § 989, 2, note 1) mentionne les usages de " au temps", mais souligne qu´il peut y avoir doute. Il rappelle qu´André Thérive ( Querelles de langage, tome II) estimait que au temps pourrait être une orthographe pédantesque pour autant.
Attention ! On doit utiliser " autant pour moi" s´il est question d´une même chose ou d´une quantité et non d´une erreur ( même si l´on a l´habitude, dans ce dernier cas, d´utiliser " au temps pour moi").
Autres explications fantaisistes :
- La véritable et seule authentique forme réelle avérée est : « aux tempes pour moi ». En effet, lorsqu´un officier ou un cadet russe s´était trompé, on constituait un jury d´honneur. Celui-là décidait, comme cela va de soi, de le contraindre au suicide. Le descendant des boyards s´exécutait ( dans tous les sens du terme) en s´exclamant : « Aux tempes pour moi ! » Bien entendu, le français en Russie tsariste était la langue usuelle de l´aristocratie, mais cela n´empêchait pas quelques erreurs de syntaxe fort compréhensibles. Voir à ce propos les anecdotes savoureuses et sanguinolentes de Custine aux pages 865, 978, 1354 et 1778 sqq. de son Voyage.
-- [Évoquant les Russes] Pas du tout ! En pleine lecture de la biographie du Général de Gaulle, je relis cette réplique bien connue : « L´OTAN, pour moi, il n´en est pas question ! »
-- OTAN pour moi est la version militaire ( OTAN pour moi son falzard), tandis que la version littéraire est " ôtant pour moi son léger vêtement..." [...]
-- OSTENDE -- Il faut dire « Ostende pour moi », l´expression remonte à 1697 lorsque Louis XIV dut restituer ses conquêtes aux Pays-Bas. Lors des négociations, on lui avait proposé de conserver la ville d´Ostende et il avait refusé car il n´en avait pas compris le sens. Le roi Soleil laissa échapper cette phrase de dépit. Il avait fait la guerre pour rien.
-- HO CHI MINH -- Il y a aussi la variante Ho tends pour moi, en référence au désir manifesté par l´oncle Ho Chi Minh envers une Annamite anonyme.
-- CLOVIS -- Que faites-vous de la plus ancienne attestation de l´expression que l´on retrouve chez Grégoire de Tours dans son Histoire des Francs ( un passage qu´Augustin Thierry, l´historien doublement aveugle, a considéré comme interpolé) : Clovis veut prendre lui-même le vase qui contenait l´eau du baptème, l´évêque Remi s´insurge, Clovis doit se soumettre au sacrement et à l´autorité de l´Église. Clovis, dépité, accepte et déclare en reconnaissant son erreur : Oh ! Trempe, ô Rémois !
Bien sûr, son français n´était pas le nôtre, ce qui explique les divergences d´interprétation par la suite ou de prononciation, mais c´est la première attestation d´une phrase française, bien avant les Serments de Strasbourg. L´histoire de France et du français commence avec cette phrase.
-- PRÉSOMPTUEUX ? -- Il y a aussi l´explication lubrique, la dame admirative : Oh ! Tant pour moi ?
-- TAMBOUR -- Rappelez-vous cette chanson enfantine : Trois jeunes tambours S´en revenaient de guerre.. Le plus jeunet, pouvant assurément se glorifier dans sa chair, mais beaucoup moins dans ses mérangeoises*, était en fait un peu sot et, se paonnant prou de sa fonction, répétait à l´envi : Ô, tambour, moi ! .
-- À la bataille d´Austerlitz, après la levée du brouillard matinal, la charge fut sonnée par tous les tambours de la Grande Armée.
Le deuxième régiment de grenadiers avait quelques centaines de mètres de retard sur les autres unités et devait conquérir une colline, surélevée par rapport au reste du théâtre des opérations. Toute l´unité dut donc courir 20 minutes de plus. Le Tambour du régiment sua abondamment, et moitit son tambour. Son roulement fut dès lors plus diffus.
L´empereur, levant les yeux vers la colline, s´exclama alors : « Haut tambour moite ! »
- M. Scherz, chercheur en langues romanes de l´Université de Baggianata ( Italie) a découvert que l´origine de cette expression vient d´un été particulièrement malheureux dans l´Ouest de la France, 1454 d´après certaines sources, où une infestation s´était produite de ces affreux insectes appelées les taons. Ceux qui en on fait l´expérience savent combien les morsures de ces sortes de mouches qui se posent sur la peau des hommes et de bêtes pour en extraire le sang sont douloureuses et désagréables.
Les gens d´alors avaient eu recours à un expédient: dans les rassemblements de la bonne société en plein air, on avait engagé es hommes du peuple dont la charge exclusive était de pourchasser les taons et les écraser afin de protéger les invités. Ils étaient payés à la pièce, c´est à dire au nombre de taons tués. Un comptable était donc appointé pour suivre le travail des hommes. Il utilisait une grande ardoise sur laquelle il notait le nom des hommes engagés et le nombre de taons tués. La méthode qui avait fini par s´imposer consistait à brandir bien haut la mouche tuée entre le pouce et l´index et crier : « Un taon pour moi ! », et le comptable notait.
Le souvenir de ces chasses au taon s´est un peu estompé, mais le sens de l´expression a légèrement dérivé pour signifier que il faudrait se mettre au travail, sous-entendu pour se débarasser des taons ( choses désagréables). Les graphies plus récentes, un temps pour moi ( obsolète), au temps pour moi et autant pour moi sont des « étymologies populaires », un phénomène connnu des linguistes.
REPONSE NIVEAU II ( EXPERTS AVEC DE BONNES CONNAISSANCES DANS LE DOMAINE).
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