regardez l´interview de hechter il a tout a fait raison
PRÈS de vingt-sept ans après avoir été écarté de la présidence du PSG, Daniel Hechter refait parler de lui. Le grand couturier, qui a vendu son entreprise, affirme ne plus reconnaître le club populaire qu´il a mené parmi l´élite, il y a trente ans, et qui n´en est plus sorti depuis. « PSG, où est ton âme ? PSG, où est ta mémoire ? PSG, où est ton maillot ? » s´interrogeait déjà le styliste dans « le Monde » du 2 mai 2003, quelques jours après avoir appris que Francis Graille serait le prochain président.
Un affront pour ce richissime homme d´affaires de 66 ans, qui avait lui-même fait une offre de reprise à Canal + et attendait alors une réponse. Aujourd´hui, Hechter annonce qu´il est de nouveau sur les rangs pour racheter le club.
Pourquoi décidez-vous de réapparaître aujourd´hui ?
Daniel Hechter. Je ne voulais pas perturber l´équipe qui disputait la Coupe d´Europe. Aujourd´hui, je veux dire aux supporters du PSG que je me propose
pour reprendre ce club. Je le connais bien, pour l´avoir fait. Je n´avais jamais appelé à la démission d´un président. Celui-là, oui, car il n´a rien à faire dans le foot. Monsieur Graille, il faut partir. Je pense que Paris ne veut plus de vous.
Francis Graille a le soutien de Canal +. Pensez-vous sérieusement pouvoir revenir en course ?
Bertrand Méheut ( NDLR : PDG de Canal +) ne connaissait pas le milieu du foot, on lui a recommandé Graille, il l´a pris. Tout le monde commet des erreurs. L´actionnaire se lasse de la danseuse. On sait qu´ils sont vendeurs.
Que Graille entre dans le capital, croyez-vous que c´est rassurant pour les joueurs ? Quel est votre projet ?
Je peux monter un tour de table, reprendre des parts dans les mêmes conditions que Graille. Je veux voir mon club retrouver une âme. Depuis huit ans, au Parc des Princes, je m´emmerde. Lorsqu´on joue à dix derrière à domicile, c´est inadmissible. Quand on perd un match, au moins, qu´on vibre !
Que voudriez-vous changer en priorité ?
Ce club a été créé avec une vocation populaire, Paris et ses banlieues s´y reconnaissaient. Aujourd´hui, c´est le repaire de la seule banlieue Ouest. Quand j´étais président, Pierre Alonzo, le père de Jérôme, était responsable du centre de formation. Nous avons sorti dix-neuf joueurs de D 1 en cinq ans. Trois ont été internationaux. Depuis, il n´y en a pas dix qui sont sortis. A Lyon, Aulas est arrivé comme Graille, mais il a travaillé.
Qu´avez-vous de plus que Francis Graille ?
J´ai enfanté ce club. Pour diriger le PSG, il faut de l´enthousiasme, j´en ai. Pas Graille... Je pense qu´en matière de football, j´ai une certaine compétence. Financièrement, je ne suis pas Pinault. Mais entre la surface financière de Graille et la mienne, il n´y a pas photo.
Pourtant, la saison dernière a été une réussite...
Vahid Halilhodzic, c´est l´entraîneur de la première saison qui impressionne tant qu´il reste sur son piédestal. A Lille il a réussi, il a sauvé Rennes mais, dans les deux cas, les gens n´étaient pas mécontents de le voir partir. Aujourd´hui, il n´y a plus de changements de rythme au PSG parce que, physiquement, ils ne sont pas capables de le faire. Il n´y a pas de jeu à une touche de balle. Il y a un Pauleta combattant mais esseulé, las. Ljuboja a été éliminé très vite, écoeuré, à mon sens.
De grands noms sont-ils prêts à vous suivre ?
Oui, un certain nombre d´anciens joueurs du PSG, comme Mustapha Dahleb, Carlos Bianchi. S´il y en a un qui a une chance de l´amener à Paris pour entraîner, c´est moi. Ces anciens du PSG ont la culture du club. Pourquoi ne leur fait-on pas confiance ?