Le patron, c´est lui
Vahid Halilhodzic peut dresser une statue sur le parking du camp des Loges à l´effigie de Pedro Miguel Pauleta. Auteur des deux buts parisiens dès la première période - son premier doublé en championnat cette saison -, le goleador des Açores est le grand artisan de la victoire de son équipe. « Pedro avait à coeur de prouver qu´il est toujours le même, c´est-à-dire le meilleur », lui rend hommage Bernard Mendy.
Sa reprise de volée pleine lucarne après un contrôle de la poitrine ( 24 e ) , puis sa tête à bout portant ( 42 e ) ont changé le cours de l´histoire. Halilhodzic a d´ailleurs tenu à la remercier depuis la tribune du stade Bonal. Et du banc de touche, après son remplacement par Ljuboja ( 83 e ) , le nouveau meilleur buteur de Ligue 1 ( huit réalisations) a dirigé les débats du geste et de la voix, replaçant ses équipiers, interpellant l´arbitre pour lui signaler un prochain changement.
« Je veux juste pouvoir dire ce que je pense »
Il s´était déjà montré décisif toute la semaine en gérant de main de maître la crise qui a secoué son club, outrepassant largement ses prérogatives de vice-capitaine. « Je suis content pour le coach et le président, qui ont passé une semaine difficile, raconte le Portugais. Il était important de sortir l´équipe de cette situation. Devenir meilleur buteur de L 1 passe après. » Sans lui, après la lourde défaite face au CSKA Moscou, ses équipiers n´auraient sans doute pas eu une réaction aussi spectaculaire à Sochaux. Lors des multiples réunions de crise qui ont rythmé la préparation des Parisiens, Pauleta n´a cessé de mener les débats, invitant ceux qui voulaient partir à s´asseoir, convoquant les journalistes pour demander des explications. A 31 ans, l´ancien Bordelais n´a peut-être plus les mêmes jambes qu´avec les Girondins, mais sa science du jeu, des relations humaines mais aussi des particularités du PSG font de lui le vrai patron du groupe professionnel parisien. « Etre capitaine ne m´intéresse pas, je veux juste pouvoir dire ce que je pense », réclamait-il en septembre dernier, au coeur de la crise qui avait secoué son équipe après la gifle reçue contre Chelsea ( 3-0) en ouverture de la Ligue des champions. Déjà à l´époque, il avait lancé la chasse à la « taupe », après des indiscrétions de joueurs rapportés par « le Parisien ». Déjà, cette affaire avait ressoudé les troupes et s´était prolongée par les deux premières victoires parisiennes de la saison, contre Strasbourg puis à Bastia. Baromètre de son équipe, il a retrouvé hier le chemin des filets à deux reprises, cinq semaines après son dernier but en championnat, le 7 novembre contre Marseille ( 2-1). Il sait être là au bon moment