tiré de lekipe du jour
Les silences
de Pauleta
Décevant depuis deux mois, quand il joue,
le Portugais aura deux objectifs face
à Porto : relancer Paris et séduire son pays.
IL Y A QUATRE SEMAINES, avant un Paris-SG - Strasbourg ( 1-0) capital, on s’interrogeait déjà sur les silences de Pauleta cette saison. Comme prévu, et comme à chaque fois qu’on s’inquiète pour lui, le buteur portugais avait répondu en inscrivant le but de la victoire, son premier sur action de jeu. Ce qu’on imaginait mal, c’est qu’il s’agirait là de sa dernière titularisation en Championnat. Depuis, il est resté sur le banc à Bastia ( 2-1) et n’a joué que dix minutes à Nantes ( 0-1). En Corse, son entraîneur lui avait préféré, avec succès, Pancrate et Reinaldo, buteurs gagnants. À Nantes, sans doute l’avait-il trouvé éprouvé par ses deux matches en sélection, au Liechtenstein ( 2-2, un but) et contre la Russie ( 7-1, un but). « Pedro a beaucoup joué et beaucoup voyagé cette saison, répond le Bosniaque. Beaucoup d’autres entraîneurs reposent leurs joueurs à cette période. Et puis, c’est bien connu, quand on perd, les meilleurs joueurs sont toujours sur le banc. » On doute néanmoins que ses présences sur le banc répondent au seul besoin de le reposer. Car, après son but contre Strasbourg, venu étouffer une prestation personnelle consternante, Pauleta fut une nouvelle fois transparent quatre jours plus tard à Moscou contre le CSKA ( 0-2), justifiant largement les futures décisions du coach.
Hier après-midi, Pauleta n’avait pourtant pas l’air très perturbé par son passage à vide et son récent statut au PSG. C’est avec sourire et diplomatie qu’il s’est présenté devant la presse franco-portugaise, à laquelle il s’est adressé dans sa langue natale. Détendu face à nos confrères, il est resté fidèle à l’image qui est la sienne au pays : soigné, indispensable à sa sélection et sans histoire. Extraits d’un quart d’heure d’interview dans les sous-sols du Parc des Princes.
« – Pourquoi n’avez-vous pas joué les deux derniers matches de Ligue 1 ?
– Il faut demander à l’entraîneur. Je ne lui ai rien demandé, on n’en n’a pas parlé.
– Comment l’avez-vous vécu ?
– Le plus important, c’est que l’équipe gagne. À partir de là, je suis prêt à subir.
– Comment expliquez-vous votre différence de rendement entre la sélection et le PSG ?
– Je donne autant dans les deux. Ce ne sont pas les mêmes joueurs, pas le même niveau non plus.
– Vous avez inscrit trois de vos quatre buts sur penalty ( *) : cela vous préoccupe-t-il ?
– Je ne suis pas inquiet. On a déjà perdu autant de matches en deux mois que durant toute la saison dernière et j’ai déjà marqué quatre buts. Et puis les penalties, c’est important pour une équipe.
– Pensez-vous être titulaire contre Porto ?
– Je l’espère, et j’espère jouer les suivants aussi. »
Entre les lignes, sans doute faut-il comprendre qu’il ne peut pas tout faire tout seul au PSG. Que ses buts avec la sélection démontrent qu’il n’est pas fini. Que si l’équipe parisienne était meilleure, il marquerait deux fois plus. Et, enfin, qu’il serait préférable que sa situation personnelle ne s’éternise pas.
Le Sporting Portugal
le veut
Capitaine de la sélection, en alternance avec Da Costa depuis le retrait de Luis Figo, Pauleta est toujours le numéro 1 au poste d’avant-centre et le restera tout le temps que ses concurrents directs – Nuno Gomes ( Benfica) et Helder Postiga ( Porto) – continueront d’être aussi discrets. Si la chance lui sourit, et c’est d’ailleurs son objectif de fin de carrière, Pauleta pourrait même rejoindre Eusebio dans la légende, sept buts séparant désormais les deux hommes dans l’histoire de la sélection portugaise : 41 pour Eusebio, 34 pour son cadet. Le décalage entre ce qu’il est là-bas et ce qui lui arrive ici a forcément surpris ses compatriotes. « Ses performances à Paris sont une surprise pour nous, précise José Carlos Freitas, journaliste au quotidien Record. En sélection, où Scolari continue de lui faire confiance après son terrible Euro, il est toujours indiscutable. Mais c’est un joueur tenace et on ne s’inquiète pas pour lui. On s’inquiète plus pour le PSG. » Il n’y a pas que nos confrères qui s’intéressent à lui. Le Sporting Portugal, plus riche que le désœuvré Benfica et plus accessible que l’opulent FC Porto, se serait récemment renseigné sur son sort et ses envies. Un intérêt réciproque, dit-on. Car si son sort pourrait vite s’arranger et mettre rapidement un terme aux rumeurs, son envie de finir sa carrière au Portugal, où il n’a encore jamais évolué en Première Division, est toujours présente. « Après mon contrat au PSG ( en juin 2006), peut-être que je rejoindrai un grand club portugais ( …), confiait-il en début d’année. Ça me fait bizarre de ne jamais avoir joué dans la D 1 de mon pays. Je suis le premier international portugais dans ce cas. » On n’en est pas là, mais seulement à quelques heures d’un PSG-Porto qui comptera beaucoup pour Paris, et pas mal pour son buteur. Et quand ça compte vraiment, il est souvent là.