Comment Fabrice Fiorèse a manipulé le PSG
Le transfert de Fiorèse du PSG à Marseille, conclu mardi soir pour quatre ans et environ 3,5 M€, met en lumière les drôles de pratiques du milieu du football. Manipulation et mensonge : tous les coups sont permis...
«L´OM a toujours été le club de mes rêves ! » Voilà la première déclaration de Fabrice Fiorèse à son arrivée hier à l´aéroport de Marseille. Trente-six heures plus tôt, la nouvelle recrue de l´OM jurait pourtant à ses propres partenaires d´entraînement vouloir rester à Paris malgré sa brouille avec Vahid Halilhodzic. Un tel revirement n´est toutefois pas si spectaculaire quand on découvre que le joueur avait tout planifié.
Célèbre pour ses plongeons dans la surface adverse, Fiorèse expliquait très récemment : « Je me sens super à l´aise au PSG, je demeure parisien à 300 %. » Jusqu´au bout, « le plongeur professionnel », comme l´a qualifié un jour l´ex-Bordelais Caneira, aura donc simulé.
La machination Déhu-Anigo. Depuis plusieurs jours, Fiorèse était en contact avec José Anigo, l´entraîneur de l´OM. C´est Frédéric Déhu qui a recommandé son ami parisien. Les deux joueurs, très liés, s´appellent quotidiennement ( NDLR : Luis Fernandez faisait aussi partie de ses interlocuteurs privilégiés). Sur la Canebière, le dossier a été mené très discrètement. Christophe Bouchet, le président, n´a d´ailleurs été mis au courant que lundi dernier, veille de la clôture du marché. Les discussions avec Paris n´ont finalement débuté que mardi matin.
Un clash prémédité. Persuadé que son avenir est à Marseille, Fiorèse décide d´aller au clash. Il demande, le 24 août, un entretien avec le manager bosniaque. Il lui signifie son envie soudaine de partir pour « raisons personnelles ». Halilhodzic s´étonne. Le ton monte et l´ex-Guingampais critique les méthodes de son manager. Absent de la séance du lendemain, le joueur est mis à pied cinq jours et placé sur la liste des transferts. Il reproduit un plan déjà testé à Guingamp, son ancien club. Il avait alors boycotté plusieurs entraînements pour obtenir son transfert au PSG en janvier 2001.
Au PSG, c´est la consternation. Au siège du club parisien, personne ne comprend l´attitude de Fiorèse. Halilhodzic le vit comme une trahison, lui qui venait de nommer le joueur vice-capitaine du groupe. Dans un premier temps, les dirigeants parisiens pensent qu´il dispose d´une autre offre. Mais, ne voyant rien venir, une autre explication est avancée. Fiorèse serait victime de pressions financières par une partie de sa famille. Lorsqu´en juin son contrat avait été prolongé d´un an et revalorisé, il avait demandé la confidentialité à ses dirigeants. Au point d´aller jusqu´à nier ensuite cette prolongation.
La manipulation continue. Lundi, à l´issue de sa mise à pied, Fiorèse rencontre Francis Graille, son président. Le joueur fait un mea culpa timide. En coulisses, son agent Ranko Stojic termine de ficeler son contrat de quatre ans à l´OM. Parallèlement, il affirme pourtant que Fiorèse va rester au PSG : « Le club s´est très bien comporté avec Fabrice, il est de l´intérêt des deux parties qu´elles continuent ensemble. » Pauleta et Pierre-Fanfan s´entretiennent avec leur coéquipier et demandent même à Halilhodzic de le réintégrer dans l´effectif !
Des méthodes de « bandits ». Marseille sollicite enfin le PSG mardi matin, dernier jour du marché des transferts. Paris veut 4 M€, l´OM en propose 2. Un accord sera finalement trouvé à 23 h 45 pour une somme d´environ 3,5 M€. Au PSG, c´est l´écoeurement et on évoque des méthodes de « bandits ». « Nous sommes trahis et déçus. Les masques sont tombés, c´est une page douloureuse qui se tourne », râle Francis Graille, qui a tenté de récupérer le plus d´argent possible de cette opération. Quant à Fiorèse, qui a craché l´an passé en direction du public du Vélodrome après une victoire du PSG, il a intérêt à vite faire ses preuves à l´OM