LIGUE DES CHAMPIONS ( 1re phase, 2e journée) – CSKA MOSCOU - PARIS-SG ( mercredi)
Paris ne la ramène pas
La manière employée pour battre Strasbourg n’incite pas les Parisiens à croire au « déclic » avant d’aller à Moscou.
LA PREMIÈRE victoire du Paris-Saint-Germain cette saison, obtenue samedi soir dans la douleur face à une très faible équipe strasbourgeoise ( 1-0, Pauleta, 80e), a apporté le premier effet escompté sur l’ensemble des troupes : la décrispation. Hier, pour la première fois depuis trop longtemps, les portes du Camp des Loges se sont ouvertes au public au matin d’un banal décrassage. Au programme, footing concentré, jeux de ballons pour les remplaçants, soins à la carte et sourires pour tout le monde.
Pour l’occasion, gentleman, Letizi passa même par la salle de presse résumer le sentiment général. « Le soulagement, je crois que c’est le mot. Ça fait vraiment du bien. Tout le monde est plus jovial », estima le gardien parisien. La veille au soir, dans les coursives du Parc des Princes, Modeste M’Bami était allé plus loin dans l’enthousiasme et l’optimisme. « J’espère qu’on va pouvoir s’exprimer désormais un peu plus libérés. La pression va monter moins vite avec ce résultat positif. Le groupe va gagner en confiance. On ira à Moscou détendu. On doit jouer là-bas sans pression, on doit s’éclater. »
Letizi :
« La situation
n’est pas rétablie »
Ce matin, les Parisiens s’envolent donc pour Moscou l’esprit plus tranquille, rassurés sur leur état d’esprit, toujours irréprochable. De là à dire qu’ils y feront un festival, mercredi, sur la pelouse du CSKA ( 18 h 30 heure française) pour leur deuxième match en Ligue des champions, il y a un fossé que personne n’ose franchir. Car la manière dont s’est dessinée la victoire contre Strasbourg, samedi soir, n’a rassuré personne.
Au-delà du discours mobilisateur de M’Bami, convaincu que cette victoire va « améliorer le quotidien et la vie du vestiaire », ses partenaires ne s’enflamment pas au lendemain d’un succès qui, à l’unanimité, s’est surtout dessiné sur la faiblesse de l’adversaire. Samedi, Danjiel Ljuboja sollicitait d’ailleurs « la vigilance » de tous et José Pierre-Fanfan assurait que « rien n’était réglé ». Hier, Lionel Letizi avait à peu près le même discours, alternant invariablement entre la réserve et l’espoir, preuve de l’incertitude qui colle au groupe et de l’instabilité psychologique qui l’habite. « On a pris des points, mais ce n’est que le début, avance-t-il prudemment. Au niveau du jeu, on doit progresser dans beaucoup de domaines. Tout n’est pas idéal, même si, défensivement, je pense qu’il y a du mieux. La complémentarité entre José ( Pierre-Fanfan), Mario ( Yepes) et les milieux défensifs s’améliore, Sylvain ( Armand) revient bien... ».
Pour chasser la crispation et l’improvisation permanentes qui accompagnent cette équipe, Letizi, comme les autres, se raccroche à ses souvenirs. De la saison passée, il a retenu qu’une petite victoire, aussi insignifiante soit-elle, suffit parfois à relancer la machine. Il y a un an, contre Toulouse ( 2-1, 6e journée), le succès avait progressivement rétabli l’équilibre et l’harmonie dans l’équipe, lancée dans une incroyable et inoubliable série : seulement trois défaites ( *) en 33 matches de Championnat.
Le deuxième effet de cette première victoire serait donc à puiser dans le retour de la confiance, dont on mésestimerait, d’après Letizi, les conséquences sur le rétablissement de l’équipe. « Ça peut paraître bizarre, mais la confiance peut être un aspect très important dans le retour d’un meilleur jeu. Aujourd’hui, on ne tente pas de geste. Sur les enchaînements comme dans la vitesse de jeu, on n’y est pas, pourtant la technique individuelle ne doit pas être remise en cause. » Faut-il dès lors compter sur une métamorphose soudaine de cette équipe, et envisager pour elle le début d’une incroyable série ?
Dans un cruel aveu d’impuissance et d’ignorance, Letizi ne sait même plus s’il doit y croire. « Le déclic ? Cette victoire peut faire du bien, mais tout dépendra de la suite, car la situation n’est pas rétablie. Une série ? Je ne sais pas si on est capables, vous savez, on part de loin, dans l’esprit on y est, mais on a quand même moins de points que l’an passé. Et puis, si on fait un mauvais match et qu’on perd à Moscou, on retombera dans la situation d’avant-hier, avant Strasbourg... »