tenez 1 doc de lekipe de ce matin sur le match hier
Ils n’y arrivent pas
Rattrapés sur le fil, les Parisiens sont passés tout près de leur première victoire. Ce matin, ils sont relégables.
Match époustouflant, hier soir, à Bollaert. Après avoir mené 2-0 en étant ultra-réaliste, le PSG a cédé en fin de match face à l’incroyable force de caractère du RC Lens. Après la victoire d’Ajaccio à Istres ( 1-0), Paris se retrouve 18e et relégable. Samedi, contre Strasbourg, Vahid Halilhodzic jouera sa tête.
LENS –
de notre envoyé spécial
L’AN PASSÉ, le PSG avait attendu d’être dix-septième avant d’exister dans le Championnat. Redescendu à un tel rang depuis sa défaite contre Monaco, il a longtemps cru hier soir en une répétition de l’histoire sous la pluie venteuse de Bollaert. A 2-0 à la 77e minute, l’équipe de la capitale était dans le sillage de sa devancière : réaliste à mort ( deux buts pour guère plus d’occasions) et une défense qui, cahin-caha, parvenait enfin à ne pas céder pour la première fois de la saison.
Mais tout s’est brutalement effondré. Parce que Lens aura été magnifique dans son renoncement de la défaite autant que dans la qualité de son jeu. Sur les plans du rythme, de l’envie, de la variété des mouvements, les Lensois ont été sensiblement supérieurs. Et s’ils n’ont pris que trois points sur leurs quatre derniers matches, tout laisse à penser que c’est un ralentissement passager bien plus que les prémices d’une crise.
Sa crise à lui, le PSG s’enlise dedans. Ce matin, il ne peut que voir un signe dans ces matches dont les destins, sans cesse, finissent toujours par l’accabler. Hier soir, aucun Parisien ne s’est exprimé après le match. Mais, aujourd’hui, Francis Graille se retrouve à court d’arguments pour défendre l’idée d’un statu quo à la tête de l’équipe. Car si Paris a mené hier, il a encore été mauvais. Sa position de relégable, certes anecdotique, n’en est pas moins le reflet de son début de saison. Samedi, si le PSG ne bat pas Strasbourg, la position de Vahid Halilhodzic deviendra quasiment indéfendable. Et un électrochoc, indispensable.
Technique trop faible, impact physique insuffisant : Paris, d’entrée, sembla hier devoir évoluer au bord d’un gouffre. Très vite, grâce à un quadrillage rigoureux, Lens n’eut même pas besoin d’un pressing effréné pour affirmer son emprise, attendant du PSG une erreur de plus dans ses transmissions. Forts d’une circulation de balle beaucoup plus aboutie, Lens s’appuya sur des certitudes techniques que Paris n’avait pas et qui l’empêchait de jouer vite pour jouir des rares espaces libres.
Pauleta s’agace
Après un quart d’heure, Pauleta commença à se plaindre de relances trop lentes. Plus largement, la variation et la profondeur du jeu lensois sur les côtés obligèrent le PSG à jouer bas et à concéder une succession de corners. Il fut alors en difficulté sur certains marquages comme lorsque Carrière tira côté gauche un corner ponctué par une tête d’A. Diarra de peu à côté ( 20e).
Au cœur de sa poussée, Lens fit apprécier sa force de frappe avec J. Leroy ( 24e), après un beau travail de Carrière dans la surface, puis Utaka, sur un tir croisé que repoussa Letizi ( 27e). Le grand frisson provint de Cousin, dont le missile sur un coup franc axial à trente mètres fut dévié in extremis par Letizi ( 41e).
En cette première mi-temps, seule une grosse erreur individuelle de Lens semblait pouvoir donner un brin d’espérance au PSG. Ce fut le cas lorsque Cubilier perdit un ballon devant Coridon ( 23e) mais Paris, pendant de longues minutes, ne sut cadrer aucun de ses tirs, à l’image de Pauleta ( 44e).
Noyé dans ses insignifiances sur les côtés, le PSG ne finit par apercevoir une lueur qu’à la 33e minute : sur un coup franc bien tiré par Armand côté gauche, Itandje dut écarter d’un poing le danger posé par Pauleta près de ses six mètres. Manquant de clairvoyance, le Portugais fut juste bon à obtenir un autre coup franc sur le côté gauche. Armand le tira à nouveau. Cette fois, la tête de Cana au deuxième poteau fut fatale ( 0-1, 45e+ 3). Au passage, le temps additionnel était dépassé de plus de trente secondes…
Thomert,
entrée décisive
Expert en deuxièmes périodes atones depuis Chelsea ( 0-3), le PSG tenta hier de changer de disque. Un tir d’Armand des vingt mètres fut ainsi détourné par Itandje ( 51e). Mais ce ne fut qu’une illusion. Mené au score, Lens n’en était pas moins intensément dominateur, sous l’impulsion d’un Utaka qui se jeta d’abord en vain sur un centre de Cubilier ( 48e). Huit minutes plus tard, le Nigérian alla se battre sur un ballon proche de la ligne de but, côté gauche. Il trouva Keita en retrait, qui centra. Mais la tête énorme de Cousin effleura la lucarne gauche de Letizi.
Sur corner, Utaka trouva le même Cousin, qui manqua encore sa tête ( 60e). Un énorme raté de J. Leroy ( 65e) confirma alors à quel point les Lensois butaient surtout sur leurs propres maladresses. Utaka envoya un coup franc au-dessus ( 69e), puis une tête ( 72e).
Complètement étouffé par la furia nordiste, le PSG ne tenait plus que sur un fil. Halilhodzic fit alors entrer E. Cissé et laissa Pauleta – bientôt remplacé par Ljuboja – seul en pointe après le recul de Pancrate à droite et le décalage d’Ateba sur la gauche. Résister, c’était le programme. Marquer encore, un rêve un peu fou.
Et pourtant… Lancé par B. Mendy, Ljuboja s’avança sur la gauche et fixa Hilton avant de servir Pancrate dans l’axe. Face à Gillet et Cubilier, l’ancien Manceau se retourna, frappa du gauche et marqua ! ( 0-2, 77e). Paris touchait le ciel et Lens ne comprenait sans doute plus rien au foot…
Mais la force de caractère de Lens ne faiblit pas. Au bout d’un corner de Carrière dévié par Thomert, Bak sut réduire le score de la tête sous les regards apathiques de Yepes et Armand ( 1-2, 82e). Requinqué, Bollaert hurla sa foi en un retour incroyable. Sa prière fut exaucée lorsque Hilton s’éleva sur un corner de Thomert. Seul, plus que seul, le Brésilien égalisa de la tête, plongeant les Parisiens dans leur désarroi. Et dans leurs engueulades pour l’absence de tout marquage ( 2-2, 86e)… Une fois de plus, le PSG venait d’être happé par ses faiblesses maladives. Une fois de trop ?