Selim Benachour doit confirmer
BANNI AU TEMPS de Vahid Halilhodzic, Selim Benachour, 23 ans, est revenu en pleine lumière, dimanche contre Bordeaux, sous les ordres de Laurent Fournier. Rentré à la 56 e minute à la place de Semak, l´international tunisien, vainqueur de la Coupe d´Afrique des nations en 2004, a transformé le PSG. Ses qualités de passeur et d´organisateur ont, pendant soixante-quatre minutes, fluidifié et éclairé le jeu parisien.
C´est lui qui a servi Yepes, par exemple, pour l´égalisation. « Ça me fait plaisir, j´ai essayé d´apporter un plus, sourit-il. J´ai toujours cru en mes qualités, je savais ce que je pouvais apporter. » « Avec Vahid, c´était un peu dur pour moi. Il m´avait dit qu´il ne voulait pas jouer avec un milieu offensif axial, mais avec des joueurs de couloir, poursuit l´ami de Nicolas Anelka. J´ai essayé de lui démontrer aux entraînements que je pouvais jouer à ce poste. Il faisait ses choix. Aujourd´hui, je lui souhaite bon vent et j´espère qu´il trouvera quelque chose de bien. » Cette déclaration pourrait apparaître ironique, mais, dans la bouche de Benachour, elle ne l´est pas. Aux yeux des supporters et de certains joueurs du club comme Pauleta, Benachour est souvent apparu comme la solution pour pallier les carences du jeu parisien. Très peu utilisé cette saison et abonné aux matchs de CFA le week-end plutôt qu´aux stades de L 1, il a failli partir lors du dernier mercato d´hiver. En fin de contrat en juin prochain après treize années passées au club, il a été courtisé par l´AC Ajaccio et Rolland Courbis. « On me proposait deux ans et demi mais, étant libre dans quatre mois, c´est la durée de contrat qui a fait capoter l´affaire. »
« Je me sens capable d´avoir les clés du jeu. On verra si je peux désormais enchaîner »
Une prolongation de son contrat n´est aujourd´hui pas envisagée, sans être impossible. Mais si Benachour veut enfin s´imposer dans son club formateur, lui qui était comparé dans sa jeunesse à Zidane, il va devoir répéter régulièrement sa prestation de dimanche. Dans le passé, ça n´a jamais été le cas. Ni avec Luis Fernandez, qui en son temps l´utilisait aussi avec parcimonie, ni avec Vahid Halilhodzic. En 2003-2004, Benachour avait eu sa chance. Par deux fois. A Guingamp pour un succès ( 2-0), il avait été excellent avant de confirmer la semaine d´après contre Auxerre ( 1-0). Deux matchs plus tard, il enchaînait trois nouvelles rencontres en tant que titulaire avant de disparaître et de se blesser. « Je ne suis plus jeune et je me sens capable désormais d´avoir les clés du jeu, assure-t-il. On verra si je peux désormais enchaîner. » Selim Benachour a grandi. Il se sent prêt aujourd´hui à devenir le patron technique du PSG.