FOOTBALL, LIGUE 1/PSG - LENS 0-2. Pitoyables, les Parisiens touchent le fond
Paris a fait un pas de plus dans la médiocrité hier soir. Le public du Parc réclamait hier soir la démission de Vahid Halilhodzic. Francis Graille parle de « match couperet » dimanche en Coupe face à Bordeaux...
Lorsque M. Auriac, l´arbitre, siffle la fin de la rencontre, Vahid Halilhodzic quitte son banc et éconduit le journaliste de Canal + venu lui demander une réaction. Le manager parisien du PSG ne veut pas parler.
Que pourrait-il dire ? Son équipe vient de s´incliner 2-0 sur sa pelouse face à Lens. Depuis le début de l´année, Paris n´a toujours pas gagné un match en championnat . Paris a touché le fond, mais on se dit que, vu la faiblesse actuelle de l´équipe, la situation pourrait encore empirer... Pour la troisième fois de la saison, le PSG se retrouve en situation de crise. Vahid Halilhodzic est menacé et il est sans doute le seul à ne pas le croire.
En cas de nouvelle désillusion la semaine prochaine face à Bordeaux en Coupe de France ( dernier objectif du club), Graille reconnaît à demi-mot que l´aventure avec son ami pourrait se terminer prématurément.
Vendredi, le président du PSG deviendra officiellement actionnaire du club. Son argent est en jeu, et il ne laissera pas Halilhodzic le gaspiller en multipliant les matchs humiliants. Pour une question d´image mais aussi pour une question économique, le PSG ne peut plus se permettre de vivre des soirées de cauchemar comme hier.
Peine perdue
Ce devait être pourtant une belle soirée, placée sous le signe de la lutte contre le racisme. Mais, face à un adversaire vêtu de noir, ce match décalé de la 25 e journée a vite pris des allures d´enterrement pour le PSG. Dès les premières minutes, la partie s´est mal engagée. Bien emmené par un Jérôme Leroy surmotivé, Lens prend la direction du jeu. Paris se crée trois timides occasions après une demi-heure, mais logiquement les Lensois ouvrent le score peu avant la pause sur une tête puissante d´Alou Diarra, complètement oublié par la défense parisienne.
Le Parc, déjà très en colère, explose et demande avec plus d´ardeur que jamais les démissions de Graille et d´Halilhodzic. Dans la foulée, les virages Auteuil et Boulogne joignent l´acte à la parole et sortent leurs mouchoirs blancs. Pauleta et ses partenaires ne sont pas dans le coup. Le ressort est cassé. Une nouvelle fois. Après deux belles occasions manquées par Pauleta et Semak ( 49 e ) , Utaka ridiculise la défense parisienne et Leroy double la mise et crucifie son club formateur. En revenant dans son camp, le nouveau capitaine lensois défie Halilhodzic du regard. Ce dernier, qui l´avait viré du PSG il y a un an et demi, tourne les talons. L´affront est terrible. L´ambiance devient détestable pour les joueurs parisiens, qui essaient, tant bien que mal, de sauver « leur dignité », comme dirait Helder, en lançant leurs dernières forces dans la bataille. Peine perdue.
Dans cette confrontation entre Noirs et Blancs, les Parisiens ressemblent à des joueurs de dames qui s´exercent aux échecs. A un quart d´heure de la fin du match, une large majorité des supporters d´Auteuil, dépités, quitte le stade.
Ce matin, la situation du PSG est dramatique. Des décisions devront être prises tôt ou tard. Le crédit de Vahid Halilhodzic s´amenuise de jour en jour. Et Francis Graille n´est sans doute pas insensible à l´exemple lensois. Depuis le départ de Joël Muller, le club de Gervais Martel a perdu un match et en a gagné deux. Ayant dépassé le PSG au classement, les Lensois regardent vers le haut. Les Parisiens, eux, peuvent sérieusement parler de maintien. La situation est intolérable, pas seulement pour les supporters.