Cette fois, un match nul serait déjà un exploit
Englués en milieu de tableau après quatre nuls consécutifs, désabusés, les Parisiens se rendent ce soir chez l´un des cadors du championnat, une de leurs bêtes noires aussi. Peuvent-ils éviter la défaite ?
Il y a quatre jours, l´équipe dirigée par Vahid Halilhodzic n´est pas passée loin d´une défaite à domicile contre Istres, solide dernier du championnat ( 2-2). Peut-elle décemment espérer un meilleur résultat, ce soir à Monaco, chez l´une des meilleures équipes françaises du moment ? Au vu des dernières prestations parisiennes, contre des équipes supposées plus faibles, un cinquième match nul en cinq rencontres de L 1 disputées en 2005 aurait ( presque) valeur de victoire. Embourbé dans le ventre mou du classement à quinze journées de la fin de la saison, le PSG incarne à la perfection l´équipe moyenne : 11 e équipe sur 20, à mi-chemin ( neuf points) entre la première place européenne ( Monaco, 4 e ) et le premier relégable ( Strasbourg, 17 e ) , une différence de but quasi nulle ( 1).
A l´inverse, Monaco impressionne. Comment les joueurs entraînés par Didier Deschamps pourraient-ils être inquiétés ce soir ? Toujours qualifiée en Ligue des champions, l´équipe de la Principauté n´a plus perdu depuis sept journées de L 1 ( cinq victoires, deux nuls) et revient à grands pas sur le trio de tête. De plus, de mauvaises conditions climatiques ont permis aux Monégasques de ne pas disputer leur match à Strasbourg, mercredi dernier, ce qui leur donne l´avantage de la fraîcheur.Chez les Parisiens, plus grand monde ne se fait d´illusions. Rares sont ceux qui osent encore s´abriter derrière la série de neuf matchs de L 1 sans défaites ( sept nuls et deux victoires). On savait le PSG dépourvu de fond de jeu. Il se montre désormais incapable de gagner un match. Désabusés, groggys, les joueurs ne cherchent plus à masquer leur désarroi. Certains sourires trahissent même le renoncement. Désormais, seule une hypothétique victoire en Coupe de France pourrait atténuer la déception qui accompagne cette saison affligeante.
On réfléchit déjà à la reconstruction
En milieu de semaine, José Pierre-Fanfan et Pedro Pauleta, le capitaine et son suppléant, ont délaissé la langue de bois pour dénoncer les insuffisances de leur équipe et les limites d´un système. Seuls les membres du staff technique continuent de clamer leur dévouement à Halilhodzic. Pour eux, le travail ne peut que « finir par payer. » Optimisme démesuré, perte de lucidité ? Du siège du club parisien à celui de Canal + l´actionnaire majoritaire, on réfléchit déjà à la reconstruction. Halilhodzic se sait menacé en fin de saison. Le technicien franco-bosniaque s´active pour sauver ce qui peut encore l´être, dont sa place. Dans l´urgence, il envisage de faire jouer, dès ce soir, le Russe Semak, pourtant à cours de compétition. En interne, Halilhodzic réserve sa confiance à sa garde rapprochée, à qui il demande de débusquer les traîtres, ceux qui parlent dans son dos. L´ambiance ne respire pas la sérénité. Au point que le Monaco - PSG de ce soir, supposé affiche de gala, pourrait prendre des allures de psychodrame.
Quatre euros seront prélevés sur chaque billet vendu ce soir au stade Louis-II au profit des sinistrés de l´Asie du Sud-Est.