Nullissime !
En dessous de tout, l´équipe de France sort par la petite porte de l´Euro 2004. Les Grecs s´imposent 1 à 0 grâce à Charisteas. Après un Mondial 2002 manqué sur toute la ligne, il est désormais temps de reconstruire... mais avec d´autres hommes.
Image France Télévisions
Vendredi 25 juin 2004
On cherche, mais on ne trouve pas d´excuse à cette équipe de France. L´Euro s´arrête, sans avoir vraiment commencé. Elle, qui nous a si souvent gâtés ces dernières années, n´a livré que des représentations indigestes. Impardonnable compte tenu de la somme de talents réunie sous le maillot bleu.
Santini s´est trompé
S´il n´avait pas déjà signé son contrat avec Tottenham, on demanderait immédiatement la démission du sélectionneur. On lui a donné une Formule 1, il l´a transformé en écurie de fond de grille. Evidemment, les joueurs sont les premiers responsables de cette élimination. Mais Jacques Santini ne peut échapper à sa part de responsabilité. Comme Roger Lemerre, il préfère mourir avec ses idées plutôt que d´écouter son entourage. Il n´a pas voulu, ou pas su, entendre les mises en garde. Un seul exemple. En repositionnant Lilian Thuram dans l´axe, l´ancien entraîneur de l´Olympique Lyonnais a commis une bourde monumentale. Sans Thuram, le couloir droit s´est transformé en désert. William Gallas n´a pas le volume de jeu du Turinois, ni son talent. Pourtant, Santini s´est entêté à le titulariser à ce poste. Pire encore. Avec Thuram dans l´axe, jamais l´équipe de France n´a encaissé autant de buts ! Un comble. Le joueur n´est pas forcément en cause. Le système si. Qu´a donc apporté ce 4-4-2 ? Rien. L´association Henry-Trezeguet n´a rien donné non plus. Pas plus que celle de Pires avec Zidane. L´abondance de biens peut parfois nuire. Aligner les meilleurs joueurs, théoriques, n´est pas un gage de réussite. Jacques Santini a emmené un groupe de 23 joueurs au Portugal. Combien en a-t-il utilisé ? Dix-huit, mais faut-il vraiment prendre en compte les miettes accordées à Saha, Rothen et Boumsong ? Santini s´est trompé dans son approche du Championnat d´Europe. Un Euro ne permet pas de tâtonner. Son bilan à la tête de l´équipe de France est en trompe-l´oeil. Les Bleus étaient invaincus depuis 21 matches, mais la faiblesse de l´opposition lors des éliminatoires relativise évidemment la performance.
Pas digne de l´équipe de France
Qui plus est, être éliminé par la Grèce nous semble du même acabit que l´incroyable sortie de route contre la Bulgarie en 1993. Certes, les Grecs ont mérité leur victoire, mais ils ne sont tout de même pas des foudres de guerre. Leur présence en quart de finale est une surprise. Leur qualification en demi-finale est inespérée. Une autre victoire des hommes d´Otto Rehhagel, voire un succès le 4 juillet prochain, serait un coup de tonnerre dans le monde du football. En attendant l´orage sur l´équipe de France, l´Euro se termine sur cette rencontre d´un piètre niveau. Un peu comme celui des Bleus...
