Pour ma part, comme je ne veux pas faire de jaloux parmi mes professeurs, je commencerai solennellement par un poids d´envergure, ma prof de maths, une vieille bique à moitié illuminée qui s´habille avec des bottes noires et se maquille à outrance avec un parfum aussi attirant qu´une bouse de vache (imaginez déjà le calvaire physiquement parlant, dur de ne pas exploser de rire).
Parlons maintenant des cours. Un jour, après une longue explication de 40 minutes sur je ne sais plus trop quoi, cette prof était tellement barrée dans son sujet que seulement un mec suivait, toute la classe étant en profonde léthargie. Le me celui a alors sorti :
"Euh, Madame, il est pas logique votre raisonnement...
- Ecoute, si le monde était logique, il ne serait pas dans cet état-là !"
En même temps, comparer les maths au monde, faut quand même le faire. Mais bon, elle a également comparé la résolution d´inéquations à la tuyauterie d´un lave-linges, nous balance des cours de psychologie en classe (véridique), et se paume dans des raisonnements qui deviennent trop compliqués pour elle (véridique aussi ; depuis le mois d´octobre, où elle s´était perdue dans son explication de théorème, on a une page blanche).
Je ne me souviens pas non plus de toutes ses répliques, mais celles-ci vont donneront déjà une certaine idée du personnage.
Un autre prof de l´équipe de cette année dont je suis obligé de parler est ma prof d´espagnol, une espèce de dinosaure qui passe son temps à aboyer comme un bouledogue et qui ne corrige pas les devoirs. Son excuse est très simple, et elle nous l´a sorti de visu : "Ecoutez, j´ai pas pu vous corriger vos devoirs, car j´ai fait comme les mauvais élevés, et je voulais les corriger le dernier jour. Manque de pot, j´ai eu des invités surprises, et je n´ai pas pu les corriger." Essayez de sortir ça à votre prof de français le jour où il faut rendre une dissertation ; non seulement vous vous taperez un 0 bien pointé, mais en prime une droite bien placée.
J´ai en outre lu que quelqu´un avait connu une prof qui venait la bringuette ouverte. Moi, l´année dernière, j´avais une prof d´histoire qui se caressait tout le temps les seins durant les cours (véridique).
Enfin, j´accorde la mention spéciale au prof de français que j´avais eu l´année dernière, avec une moustache à la Hitler, une voix assoupissante et complètement écrasée dans une matière qui correspondait bien au personnage. Mes potes et moi surnommions cet homme "Orangina" (en référence au célèbre sketch de Coluche) : un prof totalement secoué, mais on a beau l´avoir remué dans tous les sens, on a jamais réussi à lui décoller la pulpe du fond.
En gros, tout le monde a déjà du connaître ça : c´est le genre de prof qui vous parle d´absolument tout sauf de sa matière, ici, le français. Il déblatérait ainsi sur le temps, la peinture, le cinéma, la télé-réalité, TF1, la science, se réservait le droit de nous faire des imitations de violons et des crescendos en cours... Episode "culte" si je puis dire, ce fut quand, un lundi après-midi, en plein séance de digestion, nous dormions tous paisiblement, bercé par la voix assoupie de ce marchand de sables. Un beau moment, un élève lui fit une longue réponse de 10 minutes, sur laquelle s´ensuivit un silence respectueux (ou assoupi). Essayez maintenant de vous imaginer la scène, car ce doit bien être la seule et unique fois de ma vie que je vis un prof baisser respectueusement les yeux vers le sol, tendre haut et fort son bras vers l´élève, pouce tendu en l´air, pendant plusieurs secondes. Aucun mot, rien ; tout était dans le geste. Je me suis amèrement reproché de ne pas avoir pris de photos de la scène, même si l´un de mes potes avait passé la fin du cours à dessiner sur son cahier de cours cette scène unique.