- des voix me tirerent de ma torpeur.*
"-Je t´aime."
C´etait la fille de toput a l´heure. Elle declarait cela au... fils d´Argilat, Laurent! Elle tendit vers lui ses levres, mais le baiser ne vint pas. Sous l´air etonné et contrit de Laurent, elle recula. Il sourit.
"- Rien ne me fait plus plaisir que ton amitié ma petite Léa..."
"- Laurent, cria t´elle, arrete de me taquiner. Je t´aime, et tu le sait, et tu m´aime aussi."
La main de Laurent se posa sur les levres de Léa.
"- Léa tais toi. Il ne faut pas dire des choses que tu regrettera tout a l´heure."
"- Jamais, gronda t´elle, en arrachant la main qui la baillonait, je t´aime, et je te veux. Je te desire autant que tu me desire. ose dire le contraire, ose dire que tu ne m´aime pas?"
Le visage de Laurent se bouleversa. La beauté de Léa etait a ce moment la, surprenante Ses cheveux decoiffés par la colere, son visage animé, ses yeux brillants, ses levres gonflées, tout en elle appelait les baisers.
"- Reponds moi, tu m´aime n´est ce pas?"
"- Oui je t´aime." Murmurra t´il.
La joie illumina Léa, la rendant plus belle encore. Les deux jeunes gens se retrouverent dans les bras l´un de l´autre, leurs levres se baiserent avec une affolante avidité. Brusquemment, Laurent la repoussa. Léa le regarda avec un tendre etonemment, sa bouche humide entrouverte.
"- Léa, nous sommes fous, oublions cela."
"- Non, je t´aime, et je veut t´epouser."
"- Je dois epouser Camille."
Les yeux violets le regardaient epperdument, et devinrent noirs.
"- Mais, c´est moi que tu aime. Si le mariage te fait peur, partons. Tout ce que je veux, c´est vivre avec toi?
"- Ce n´est pas possible. Mon pere a annoncé mes fiançailles, avec Camille. Cela les tuerait tous les deux si je rompais cet engagement."
Léa lui donna un coup de poing.
"- Et moi tu n´a pas peur que je meurt?"
Cette phrase amena un leger sourire sur le visage pale de Laurent. il prit Léa aux epaules, et dit en secouant la tete.
"- Non pas toi. Tu es forte, rien ne peut t´entamer. Tu as en toi un insctinct de vie que Camille et moi n´avons pas. NOus appartenons a une trop vieille famille au sang et aux nerfs usés. Nous avons besoin du calme de nos bibliotheques... Non laisse moi parler. Camille et moi nous sommes semblables, nous pensons les memes choses, nous aimons le meme genre de vie, studieuse, et sévère...
"- Moi aussi j´aime l´etude."
"- ... Bien sur, reprit t´il d´un ton las. Mais tres vite tu t´ennuierais auprés de moi : tu aime la danse, le flirt, le bruit, le monde, tout ce que je deteste...
"- N´as tu pas flirté avec moi?"
"- Non je ne crois pas. Le seul tort que j´ai eu, c´est de te voir trop souvent, d´etre trop souvent seul avec toi..."
"- ... Et de me faire croire que tu m´aimais.
"- Je n´ai pas voulu cela. J´avait tant de plaisir a te regarder vivre, si libre, si fiere... Si belle... J´etais tranquille, je ne pensais pas que tu puisse t´interesser a quelqu´un d´aussi ennuyeux que moi..."
"- Jamais tu ne m´a ennuyé..."
"- ... Je t´etait reconnaisant de m´ecouter... Tout en toi celebrait la vie dans ce qu´elle a de plus naturel...
"- Mais tu m´aime,tu me l´a dit."
"- J´ai eu tort... Comment ne pas t´aimer comme on aime un bonheur impossible...
- Rien n´est impossible. Il faut seulement un peu de courage."
Laurent regardait Léa songeur, comme sans la voir.
"- Un peu de courage, sans doute... Ce courage la, me fait defaut."
Léa durcissa ses traits.
"- Vous etes un lache Laurent d´Argilat. Vous m´aimez, vous me le dites et vous me laissez m´humiller devant vous... Vous me preferez a une sainte-nitouche moche, et mal fagotée, qui vous fera une nuée de gosses timorés et tordus.
"- Tais toi Léa, ne parle pas ainsi de Camille."
"- Je vais me gener! Qu´a t-elle fait cette gourde pour te plaire? A moins que tu n´aime les airs penchés, les regards sournois, les mines confites, les cheveux ternes...
"- Léa je t´en prie..."
"- Pourquoi m´a tu fait croire que tu m´aimais?"
"- Mais Léa..."
Léa se precipita sur lui, et le gifla a toute volée.
"- Je te hais..."
Une marque rouge apparut sur le visage bleme du jeune homme. L´a se laissa glisser sur le sol, et le front appuyé contre la grotte, cachée par ses mains croisés, et le desordre de ses cheveux, elle eclata en sanglots. Avec un air de prfonde tristesse, Laurent la regarda. Il s´approcha du corps fremissant de chagrin, tendit la main vers les doux cheveux qu´il effleura, puis se retourna et quitta lentement la piece. Doucement la porte se referma. Le leger bruit du pene glissant dans la gache, suspendit ses sanglots. Elle se releva peniblemment, le visage marbré, le corps meurtri comme apres une chute.
"- Le salaud, le salaud, le salaud..."
D´un coup de pied, elle envoya promener un pot contenant une fragile orchidée, qui se brisa sur la pierre. Je me levait...