( Rappel : une ogive nucléaire a été donnée à Waleed et ses hommes, en Arabie Saoudite
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¤ Turquie, côte méditerranéenne, ville de Mersin ¤
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Le Sümbül était un vieux cargo fatigué. Généralement, ce petit porte-conteneurs à une hélice transportait ses marchandises entre l´Asie Mineure et Israël. Et comme les marges bénéfi-
ciaires étaient minimes, ses propriétaires ne dépensaient que le strict minimum pour son entretien. Ses flancs étaient si rouillés que, de loin, ils semblaient peints en orange.
Son commandant, Pavlos Pangalos, était grec et son second, James << Van >> Malan, sud-africain. Son deuxième lieutenant, Lee, venait de Singapour ! Le reste de l´équipage était formé de matelots turcs. << Van >> était nouveau : il n´avait rejoint le bâtiment qu´un mois plus tôt, à Istanbul, quand le second de l´époque s´était retrouvé à l´hôpital à la suite d´une rixe de bar. Ce soir, alors que le Sümbül était amarré à un quai du port de Mersin, Van fumait sur la passerelle tout en regardant une grue qui achevait de charger leur cargaison. Lee se trouvait dans la salle des machines avec sa bande de turcs, et le commandant Pangalos était ivre, dans sa cabine. Van connaissait le vieil homme depuis trois semaines et il l´avait toujours vu bourré. Suivant l´heure et la lune, ou il titubait, ou il vomissait, ou il était ivre mort...
James Van consulta sa montre. Deux heures et demie du matin. Bon sang, où est donc Waleed ? se demanda-t-il. Van avait passé la majeure partie de sa vie au milieu d´hommes violents en proie à leurs passions et à leurs intoxications. Ceux-là, il savait ce qui les motivait ; la plupart du temps c´était soit la haine des blancs, ou celle envers les noirs. En revanche, il avait du mal à comprendre cet ...Islamiyen, qui était un maniaque, un pur fanatique, et peut-être l´individu le plus dangereux qu´il eût jamais rencontré.
Quelle paire ils faisaient, tous les deux, Waleed mené par une vision pervertie de Dieu, et lui par l´appât du gain ! Il était dingue, vraiment, d´avoir permis à ces saoudiens de connaître son nom et de voir son visage... Et d´accepter leur argent.
Mais bon, il avait ramassé ce pognon. Un million de dollars. Vivrait-il assez longtemps pour en profiter ? Malgré la chaleur et l´humidité, James Van Malan frissonna.