¤ Les oubliés de la guerre ¤
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Le rigoureux système de détention systematique des ressortissants étrangers présent en Amazonas fut à la fois un instrument pour dissuader l´ennemi d´affectuer des bombardements, mais aussi un vaste réservoir de main-d´oeuvre, nécessaire au meilleur déroulement possible, de la guerre sainte voulue par le prophète Jonathan Bokassa, guide du Mouvement Raëlien, surnomé Loh´ème par les adeptes du Raëlisme.
L´Amazonas devait exploiter au mieux ce réservoir de main-d´oeuvre quasiment inépuisable. Les ressortissant étrangers, des européens pour la plus part, furent interdis de quitter le pays et forcés à travailler dès le début du conflit, mais le phénomène prit de jour en jour une ampleur sans précedente. Un officier sulbalterne Amazonasien décrit les méthodes employées plusieurs heures avant la déclaration de guerre officielle à la Colombie :
<< Le commando local se livrait d´abord à un recensement des touristes et étrangers présent dans une certaine zone. L´inscription était faite par les etrangers eux même. Ils étaient rassemblés sous prétexte qu´un bombardement allait avoir lieu et qu´ils devaient au plus vite être conduis en lieux sûrs ou rentrer dans leur pays. Beaucoup de civils nous aidèrent à les identifier rapidement. Après l´inscription, les étrangers étaient rassemblés en un certain endroit et ensuite dispersés vers les lieux de détention, quelques uns de nos Combatants se mirent à tuer certains étrangers un à un en leur tirant une balle dans la nuque, sans faire de différence entre hommes et femmes, entre adultes et enfants. Ceçi dans le but d´intimider les autres laissés vivant...>>
Dans les pièces de détentions, la promiscuité était totale. Elles comportaient en outre un sot destiné à recevoir les matières fécales des détenus. Ceux çi dormaient à même le sol, avec de la paille en gise de matelas. Les détenus dans leur captivité étaient affectés dans des secteurs différents, le plus souvent sans aucun rapport avec leur profession, ils passaient toute leurs journées à effectuer de pénibles taches, ou travail à la chaîne, sous les aboiements et les attaques des chiens dressés par les Combatants Raëliens.
Pour tenir à ce rythme épouvant, le ressortissant étranger ne bénéficiait que d´une alimentation tout à fait insuffisante, encore plus insuffisante que les rations fournisent à la population. En moyenne, le ressortissant étranger recevait le matin plusieurs cuillerée de café et une portion de pain noir d´environ 300 g pour la journée, auxquelles s´ajoutaient un doigt de beurre. Le midi, le détenu absorbait un litre de soupe à faible valeur nutritive et avec de la chance ou des relations, pouvait avoir un peut de semoule de maïs ou de farine de manioc.
A partir du bombardement chimique des Colombiens sur New Raelia, les rations diminuèrent dramatiquement du fait de la désorganisation du pays.
La très grande majorité des ressortissants étrangers ont donc véçus le conflit avec une obsédante faim, qui tortille sans relache les entrailles et laisse sans force en proie à de fréquents vertiges. Le detenu devait également survivre dans des conditions d´hygiène effroyables, car il ne disposait que de quelques minutes pour s´asperger d´eau et n´avait pas de savon pour se laver. Ses vêtements devenaient de rapide loques. Dans les pièces de détention surpeuplées, la situation sanitaire était dépolrable. Les Combatants Raëliens craignaient la propagation de maladies, mais les conditions de vie qu´ils entretenaient ne pouvaient que conduire leur prolifération.
La mort était omniprésente, les plus affaiblis des détenus malades étaient appelés les
" Millonarios " , en réference à un club de football colombien basé à Bogota, ils n´avaient plus que quelques jours ou heures à vivre. Mais la mort provennait le plus souvent des coups donnés par les Combatants Raelien, ou miliciens chargés de la surveillence des détenus.
Une attitude, un geste, un regard suffisait à les provoquer.
Aujourd´hui, après l´annonce de la fin de la guerre, le plus grand nombre de ressortissants étrangers ont été relachés, mais dans une minorité de regions isolées certains des plus fanatiques Combatants, refusent encore catégoriquement de les libérées.
Le nombre de victimes total parmis les ressortissants étrangers est estimé, pour la periode comprise entre le début et la fin de la guerre, à 30.000 personnes, enfants inclus. Les touristes et étrangers ayant pus fuir le pays sont estimés à 50.000. Les détenus qui ont tenter de fuir leur lieu de détention, souvent grâce à des complices, sont estimés à 10.000 personnes, le quart d´entre eux ont réussi leur évasion.
Le monde entier découvre impressionné, les images des ressortissants étrangers détenus en Amazonas , enfin libérés. Leurs démarches d´automates, la fixité de leurs regards, leur aspect squelettique indescriptible et inégalé en disent long des souffrances physiques et morales qu´ils ont endurés. La chaîne de télévision Télética-Saber devenue radicalement opposée à la fin du conflit après le discours du prophète Loh´ème, ordonnant le renversement du gouvernement Amazonasien, est l´une des seules à ne pas diffuser ces images.
Les survivants du système de détention Amazonasien, demandent les larmes aux yeux devant les caméras, à ce que justice soit faite pour les << exactions, crimes de guerre et crimes contre l´humanité >> comis par l´Amazonas.