Le festival de la soupe à Lille, un " prétexte" pour des rencontres
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Des personnes servent de la soupe, le 1er mai 2005 à Lille
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LILLE ( AFP) - lundi 2 mai 2005 - Soupe au cresson, miso, velouté de chicon... Une centaine de spécialités s´étalaient dimanche sur les tables installées dans le quartier populaire de Wazemmes à Lille, à l´occasion du festival international de la soupe, " un prétexte" inventé pour favoriser le lien social.
" Le principe, c´est une soupe = un sourire", explique Mickaël Berteloot, une louche à la main. Avec un ami, le jeune homme, qui reconnaît ne pas cuisiner de soupes habituellement, s´est décidé à concocter une recette à base de mimolette. " On s´est dit que c´était l´occasion de rencontrer des gens", explique-t-il.
Comme lui, des dizaines de cuisiniers amateurs, particuliers ou membres d´associations, sont venus à Wazemmes, quartier métissé de la ville, avec marmites, chaudrons et verres en plastique proposer leur spécialité, pour cette 5e " Louche d´Or".
Gaëlle Claeys, qui fréquentait habituellement en " touriste" le festival, s´est décidée cette année à participer, en proposant une " soupe aphrodisiaque", à base de gingembre, bois bandé et d´oranges. " Il y a des gens que l´on croise tout le temps dans le quartier, cela nous donne l´occasion de se parler", explique la jeune femme.
Sous un auvent, des Italiens font goûter leur Passatelli - gros spaghetti en bouillon - qu´ils ont fait mijoter une partie de la nuit. Membres d´associations citoyennes, ils entendent importer l´idée du festival dans leur ville de Bologne.
" L´ambiance est fantastique. La soupe, c´est un prétexte pour voir d´autres personnes, créer du lien entre les gens. C´est un symbole", affirme Manuela, 29 ans.
Emilie Delage, de l´association organisatrice Attacafa, confirme, en soulignant que le festival, qui se veut " participatif" et générateur de " mélanges", est " à l´image du quartier, qui bouge tout le temps".
Habillée d´un kimono, Kaeko propose du miso, soupe japonaise traditionnelle, tandis qu´à ses côtés d´autres ont rivalisé d´imagination: soupe au cresson et à la poire, velouté à la rhubarbe et à la fraise, ou " soupe à tout".
Malgré le soleil de plomb, les badauds ne boudent pas leur plaisir. " C´est formidable, ici. J´ai goûté de la soupe marocaine, algérienne, tunisienne, j´ai voyagé partout sans quitter la région et dépenser un sou", confie malicieusement Marthe Besrumaux, 70 ans.
Preuve du succès du concept, la Louche d´Or, qui fut le premier festival du genre, a essaimé depuis dans de nombreuses villes d´Europe, comme Francfort, Cracovie et Madrid, et même au Guatemala.
Mise à jour le 2 mai 2005 à 09h13
