Je ne sais pas trop quoi dire, tout me parait vain. A quel moment écrire ? G lu de nombreux témoignages et je me retrouve dans certains, comme le fait d´avoir du mal à aller faire des courses, ou d´avoir tendance à rester au lit, à chercher le sommeil pour fuir la réalité.... je vis tout cela comme vous, et je suis un traitement ( zyprexa, effexor, lithium).
Je retiens un mot particulièrement frappant à mon sens qui est la déréalisation : ce concept m´obsède en un sens, car il décrit très bien la difficulté inhérente à ma maladie, la schyzophrénie... je passe ma vie à me déréaliser, et je le sens et le vois chaque jour qui passe, comme une lente agonie qui s´insinue subrepticement dans mes veines, attaquant de ses tentacules tous mes centres vitaux, me vidant de mon énergie.
Bref, malgré le traitement et l´aide mon psy ainsi que de mes proches, g l´impression de vivre à côté de mes pompes. C moi qui marche dans la rue, mais je suis ailleurs, à côté de moi-même. Rares sont les moments où j´éprouve un petit plaisir, où la notion même de bonheur a un sens pour moi. Suis-je un proscrit du bonheur ? Comme un prisonnier de la caverne condamné à ne voir de la vie que ses ombres qui passent sur le mur, sans pouvoir y participer, y apporter ma pierre ? Dans ces conditions, à quoi bon vivre, ne vaut-il pas mieux en finir une bonne fois pour toutes ?
Depuis qu´on m´a diagnostiqué une schizophrénie, g l´impression qu´un schisme s´est produit en moi : je ne suis plus le même, l´autre Nicolas, celui d´avant la maladie, il n´existe plus, il est mort, alors pourquoi ne pas l´être réellement ?
Pensez-vous à cela ? L´idée du suicide vous parait-elle intrinsèquement liée à la maladie de la schizophrénie, ou bien y a t-il des schyzophrènes pour qui la vie est supportable et qui n´y pensent pas ?
Moi en tous cas, j´aimerais vous faire part de cette phrase tirée d´un film qui s´appelle "La haine" : c´est l´hisotire d´un homme qui dégringole d´un immeuble de 50 étages et qui au fur et à mesure de sa chute se répète, "jusqu´ici tout va bien, jusqu´ici tout va bien" mais ce qui compte, ce n´est pas la chute, c l´aterrissage....".
Acutuellement, j´en suis là, voilà