Votez Abidal-Malouda !
27 mars 2005 - Olivier DE LOS BUEIS
Depuis le départ de la paire Lizarazu-Zidane et avec la mise à l’écart de Pires, le côté gauche français est en travaux. Le duo Evra-Rothen ayant disparu de la circulation, Domenech a préféré un tandem Gallas-Dhorasoo au duo lyonnais Abidal-Malouda. Au vu de France-Suisse, les deux Gones mériteraient mieux.
Vous êtes nombreux à vous être demandé pourquoi Raymond Domenech n’a pas fait confiance une seule seconde à Eric Abidal et Florent Malouda sur le côté gauche contre la Suisse. Raymond Domenech, qu’on ne peut taxer d’être un anti-Gone, avait préféré l’option William Gallas – Vikash Dhorasoo. Un choix compréhensible après la bonne partie réalisée par le tandem contre la Suède. Avec un bémol toutefois : lors de ce match, la présence de Thierry Henry, qui a une affection particulière pour ce flanc-là, avait été primordiale. Ce choix, aujourd’hui, prête à interrogations. Et pour plusieurs raisons. Primo, Henry n’était pas là face aux Suisses. Secondo, Vikash Dhorasoo n’était pas au top physiquement. Tercio, William Gallas était normalement arrivé en retard de deux jours au rassemblement des Bleus et n’était visiblement pas à 100% lui non plus.
Si le joueur de Chelsea réalise de grandes prestations défensives avec son club, il ne cache pas que son positionnement ne lui plaît pas. Quant à Dhorasoo, on sait qu’il apprécie l’axe, voire le côté droit. Enfin, les deux joueurs, malgré leur énorme talent, ne sont pas ce qu’on peut appeler des titulaires indiscutables. Etant donné l’absence répétée de Robert Pires dans les listes de Domenech, on aurait pu comprendre que pour un match si important, le sélectionneur lance Florent Malouda dans le grand bain. Plutôt à son aise contre la Pologne, le Guyanais avait ensuite connu un creux avec Lyon avant de se réveiller ces dernières semaines. Entre un Malouda à 100% et le Dhorasoo de samedi, il n’y avait sans doute pas photo.
Mieux, sur le banc, Domenech disposait aussi de l’option Abidal. Certes, lui aussi ne présente pas d’une énorme expérience internationale ( 112 minutes en sélection). Mais son talent est indéniable. A l’aise côté gauche avec Lyon, ses automatismes sont évidents avec Malouda. Or, pour évoluer sur un côté, la connaissance du jeu de l’autre est importante. Malouda, qui a aussi évolué latéral gauche avec Le Guen à Lyon, sait se sacrifier pour compenser les montées d’Abidal. Et Abidal sait dédoubler au bon moment son partenaire de la gauche. Reste que ces derniers temps, en l’absence de Caçapa et devant l’envie d’Essien de retrouver le milieu, Abidal avait évolué dans l’axe avec son club. On peut néanmoins penser que les automatismes seraient revenus rapidement. Willy Sagnol, avant le stage, demandait aux Lyonnais ( ils étaient cinq dans l’effectif avant la blessure de Govou) d’apporter leur savoir-faire. A Domenech de leur donner la possibilité de le faire. Dès mercredi ? Chiche.