[ L’entrejeu du Sporting : Parole aux chiffres ]
Annoncé en grandes pompes il y aura bientôt deux ans, le retour de Zetterberg n’aura jamais cessé depuis de faire couler encre et salive chez tout ceux que le Sporting d’Anderlecht intéresse de près ou de loin. Deux fois Soulier d’Or, 4 fois footballeurs pros de l’année et 5 fois champions de Belgique, jamais le lutin suédois ne s’attendait à vivre, en acceptant la proposition de son ami Roger Vandenstock, une situation à ce point délicate au Parc Astrid.
Ses difficultés commençèrent d’ailleurs bien avant son come back proprement dit. Dès l’officialisation du retour du numéro 10 suédois, son futur mentor sortait déjà de sa réserve, qualifiant le transfert d’inutile au vu de la non complémentarité prétendue entre Zetterberg et Walter Baseggio... Des déclarations qui à l’époque firent sourire la majorité des spécialistes tant, dans le passé déjà, les deux anderlechtois avaient de concert régalé tellement de fois l’assistance. Personne ou presque n’avait oublié que c’est en retrait du suédois que Baseggio s’était réellement révélé au grand public. L’inverse n’était pas complètement faux non plus.
Persuadé que la vérité du terrain contraindrait forcément un jour Hugo Broos à revenir sur ses opinions initiales, « l’affaire » comme on la qualifiait à l’époque se dégonfla au fil du temps. Aujourd’hui, deux ans plus tard, Hugo Broos n’en démord pourtant toujours pas : Baseggio et Zetterberg ne peuvent jouer ensemble ; le clabecquois, plus que jamais, a besoin d’un ratisseur dans son dos. Les chiffres donnent-ils raisons à Hugo Broos ? FootBelge.com a étudié les statistiques pour vous donner quelques éléments de réponse. L’influence sur le résultat collectif des 4 principaux joueurs axiaux du Parc a été étudiée à la loupe pendant près d’un an et demi.... Parole aux chiffres. A vous de juger.
Depuis août 2003, Walter Baseggio s’est démené, tout compétition confondue, 5671 minutes durant en match officiel pour le compte du Sporting.124 buts ont été marqué et 69 encaissés par les anderlechtois durant ce laps de temps. Ramené à 90 minutes, le match type du clabecquois donne une victoire par 1.97 à 1.1.
Avec 4999 minutes disputées, Besnik Hasi est le second élément le plus actif de l’axe de l’entrejeu anderlechtois. Durant ces 83 heures de jeu, le Sporting a scoré 91 fois pour 47 buts encaissés ; ce qui donne en match type une victoire par 1.73 à 1.3
Souvent qualifié de pompier de services, Pär Zetterberg a néanmoins foulé les terrains pendant 3888 minutes depuis son retour au Parc. Pour un résultat de 91-47 avec en match type, un interéssant 2.11 à 1.09.
Le faible temps de jeu d’Yves Vanderhaege incite à prendre dans son cas ces statistiques avec encore plus de réserves. Pour l’anecdote, il n’a évolué que 1206 minutes en compétition officielle avec un match type de 2 à 1.2.
Une constatation s’impose. Si le Sporting marque logiquement plus avec Për Zetterberg qu’avec Besnik Hasi sur la pelouse, il a étonnement tendance également à encaisser moins, que ce soit en Belgique ou sur la scène européenne. Un résultat assez net qui ébranlera certaines idées toutes faites et maintes fois répétées apparemment sans fondement. Défensivement, le Sporting a souffert davantage depuis un an et demi en l’absence du lutin suédois. Avec des chiffres recensant près de 250 heures de jeu cumulées, le rôle joué ici par le hasard semble pourtant bien réduit.
Baseggio/Hasi ou Baseggio/Zetterberg, jamais des chiffres ne pourront donner une réponse claire et définitive à cet éternel dilemne... D’autres paramètres entrent évidemment en jeu et heureusement jamais le football ne pourra être uniquement analysé par une succession de nombres. La sévérité des chiffres ne laissera cependant personne indifférent. Et si ils ne permettent pas de trancher, ils permettent au moins de faire taire cette rengaine incensée clamée jour après jour par Hugo Broos depuis bientôt deux ans maintenant : « Non, l’association Zetterberg / Baseggio ne crée par un problème d’ordre défensif au Sporting d’Anderlecht »
Pour terminer, je citerai encore quelques chiffres évoquant cette fois l’association de joueurs et non plus leur impact individuel. En 18 mois, Hasi et Baseggio ont foulé en même temps les pelouses pendant 3866 minutes avec un match type pour leur duo de 1.68 à 1.12. Zetterberg, lui, ne s’est associé à son ami Walter que durant 2549 minutes. Et à deux, ils l’emportent par 2.12 à 1.08. Edifiant, non ? ( M.L.)