«Grâce à Allah, 6-0 est possible» ( 03/08/2005)
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Neftchi ( Azerbaïdjan) - Anderlecht. En visite dans l´hôtel d´Osama Bin Laden et des joueurs de Bakou
ENVOYÉ SPÉCIAL EN AZERBAÏDJAN YVES TAILDEMAN
BAKOU Alors que Franky Vercauteren fait tout pour garder la presse à distance de ses joueurs, les joueurs de Neftchi Bakou nous ont invité hier matin dans leur hôtel! «Toute publicité nous intéresse. Chaque joueur recherche un bon transfert vers l´Europe», avoue Darko Cordas, le médian croate de l´équipe azéri, ami de Rapaïc et de Spehar, avec qui il a joué à Osijek. Au Musado Hotel, exclusivement réservé par Neftchi Bakou, le quadruple champion d´Azerbaïdjan, Cordas sert de guide et présente la star de l´équipe: Rasad Sadigov, défenseur central de 23 ans. À Bruxelles, il avait une énorme barbe. «Je l´ai un peu rasée, mais jamais, je ne m´en séparerai totalement, explique le capitaine. Quand on a battu l´Arménie, avec qui le pays est en guerre, l´équipe a été reçue par le président Aliev. Tout le monde devait se raser, mais moi, j´ai refusé. Les gens me connaissaient ainsi. Un jour, à Belgrade, le public serbe s´est tourné contre moi. Le stade chantait: Osama Bin Laden» ( rires).
«Plus fort que l´Italie et l´Angleterre»
Sadigov est un des deux véritables musulmans de l´équipe: «Nadir Nabiev est l´autre. Nous prions cinq fois par jour: à 5h, à 14h, à 18h, à 21h et à minuit.» Cordas rigole: «Parfois, dans l´autocar du club, Rasad crie que le chauffeur doit s´arrêter. Il sort et prie pendant dix minutes. Il fera la même chose avant le match contre Anderlecht.»
Sadigov lève les mains au ciel: «Je vais essayer de passer à la mosquée avant le match. Allah peut nous aider à battre Anderlecht 6-0. Dans le football, tout est possible. Ces derniers jours, nous avons souvent parlé de Deportivo- AC Milan. 4-1 à Milan, mais 4-0 à La Corogne. On sait que ce ne sera pas facile. Les Anderlechtois nous ont impressionnés. Je les trouvais meilleurs que l´Italie ou l´Angleterre, contre qui j´ai joué deux fois avec l´Azerbaïdjan. L´Italie, ce sont onze individualités. Anderlecht, quel collectif! Et ce Kompany... Après le match, j´ai dit qu´un jour, il évoluerait à Barcelone ou au Real. Et ce Mbo Mepenza... Jouera-t-il?»
Les fesses de Vanderhaeghe
«En nous promenant sur le terrain d´Anderlecht avant le match, on se disait que l´entraîneur du Sporting devait être ce monsieur avec de grosses cuisses et de fameuses fesses, continue Cordas. Un peu plus tard, on ne croyait pas nos yeux quand il monta sur le terrain en short. C´était... Vanderhaeghe. Mais il m´en a fait voir de toutes les couleurs. Quel médian! Mais on va faire souffrir Anderlecht. Il y aura 35.000 spectateurs. En rentrant de Bruxelles, à 4h du matin, il y avait bien 200 supporters à l´aéroport pour nous acclamer. Malgré le 5-0!»
Sadigov n´a pas digéré le résultat de l´aller: «On a joué comme des bébés! On a revu les buts sur cassette vidéo, lundi. Une tête de Tihinen sur corner, alors que le Finlandais avait marqué le même but contre l´Azerbaïdjan en équipe nationale et que j´avais averti le coach. Une poussée de Jestrovic sur le 2-0, Mepenza laissé seul sur le 3-0, notre gardien qui ramasse une balle en retrait sur le 4-0.»
Sadigov n´eut pas le temps de terminer son analyse. Agasalim Miryavadov, son coach, interrompt l´interview. «À Bruxelles, nos journalistes n´ont pas pu interviewer les Anderlechtois, même en proposant de l´argent. Partez! Out! »
Avant de recevoir un savon, Cordas glissa, en souriant: «Si on perd, le coach sera quand même viré...»
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